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Pays : États-Unis Label : Hollywood Records Genres et styles : comédie musicale / trame sonore Année : 2021

Artistes variés, Gustavo Dudamel et NY Philharmonic – West Side Story

· par Alexandre Villemaire

En marge de la sortie en salle de la mouture 2021 – signée par Steven Spielberg – de la comédie musicale de Leonard Bernstein, il est difficile de ne pas être tenté de la comparer à sa devancière de 1961, qui s’était fortement imprégnée dans l’imaginaire collectif. Difficile également de ne pas avoir en tête l’enregistrement de Deutsche Grammophon de 1985, avec Bernstein à la baguette, entouré d’artistes lyriques comme Kiri Te Kanawa, José Carreras, Tatiana Troyanos et Kurt Ollmann. Revisiter une œuvre considérée comme un succès intouchable, tant en matière cinématographique que d’image musicale, est un exercice périlleux. À l’écoute de cet album, on peut qualifier cet exercice musical de réussi, avec une distribution diversifiée qui donne vie au New York de l’année 1957.

La jeune chanteuse d’origine américano-colombienne Rachel Zegler, qui incarne le personnage de Maria, offre dans sa première apparition au grand écran une performance solide et assurée, notamment dans l’air I Feel Pretty. Rachel Zegler est dotée d’une voix claire à la véritable teinte « portoricaine », elle démontre une aisance sibylline et des aigus étonnants. Son partenaire de jeu Ansel Elgort, interprète de Tony, s’en tire à bon compte avec une voix juste dans laquelle se glisse un certain grain mordant dans les moments dramatiques, mais qui manque par moment de soutien dans le grave. Le duo d’amour One Hand, One Heart, tout en douceur, est un beau moment de symbiose vocale entre les deux interprètes. Moment fort émouvant également : l’interprétation tout en simplicité par Rita Moreno, comédienne issue de la distribution originale de 1961, de l’air Somewhere. Accompagnés par le New York Philharmonic, dirigé pour l’occasion par le maestro vénézuélien Gustavo Dudamel qui brille dans les séquences purement instrumentales, les interprètes livrent une performance à la fois mordante et polie. Est-ce que cette version supplantera celle d’il y a soixante ans? Peut-être pas. Mais elle est rafraîchie et honnête, puis saura plaire à une nouvelle génération d’auditeurs.

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