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Pays : États-Unis Label : Cuneiform Genres et styles : free jazz / jazz contemporain Année : 2020
Henry Kaiser, John Hanrahan, Vinny Golia, Wayne Peet, Mike Watt

A Love Supreme Electric: A Love Supreme and Meditations

· par Alain Brunet

A Love Supreme Electric : A Love Supreme and Meditations, la parution jazz par excellence de ce vendredi 13, sinon de tout le mois de novembre, a été réalisée en Californie du Nord et endisquée sous étiquette Cuneiform par Henry Kaiser à la guitare, Vinny Golia aux saxophones ténor, soprano et baryton, John Hanrahan à la batterie, Wayne Peet aux orgues Hammond B3 et Yamaha YC-45D et Mike Watt à la basse. Depuis quelques années déjà, John Hanrahan et Henry Kaiser réinterprètent les grands mantras de John Coltrane, particulièrement ceux de l’album culte A Love Supreme et de Meditations, parus respectivement en 1965 et en 1966 sous le label Impulse! Le premier est archi-connu et son impact sur la culture musicale moderne historique, même si l’opus My Favourite Things a été le plus grand succès commercial de John Coltrane. Le second, Meditations, l’est beaucoup moins. Cet enregistrement est plus free, plus atonal, moins ponctué de ces incantations mélodiques intégrées par les humains depuis des siècles. John Coltrane plongeait alors dans la musique contemporaine improvisée et se rapprochait des esthétiques free de Cecil Taylor, Steve Lacy et autres Albert Ayler. Cette même année, il lançait d’ailleurs le fameux album Ascension, coupure encore plus radicale dont on aurait aimé observer le développement brusquement stoppé par la mort prématurée du saxophoniste en 1967. On se souvient que Carlos Santana et John McLaughlin avaient enregistré le mouvement Acknowledgement en 1973. Plusieurs autres jazzmen, dont le saxophoniste québécois Yannick Rieu, ont aussi offert des relectures. Qu’en font Henry Kaiser et ses collègues ? L’instrumentation électrique ici mise de l’avant en transforme considérablement le son d’ensemble, pendant que le saxophone et le fameux mantra« a love supreme, a love supreme » nous ramènent à l’enregistrement originel. Côté vocabulaire, l’improvisation libre témoigne ici de six décennies de raffinement et de sophistication. Henry Kaiser est un grand maître en la matière, de surcroît un guide, formidable directeur musical en parfaite symbiose avec ses collègues virtuoses.

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