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L’année 2025 et 2026 resteront dans les annales de Vision Diversité. 2025 aura célébré les 15 ans de MUZ alors que 2026 soulignera les 20 ans de Vision Diversité. Pour l’occasion, la nouvelle série de soirées métissées MOZAÏK a débuté le 29 janvier et se poursuit jusqu’au 28 mai 2026 avec 5 spectacles intimistes, chaque dernier jeudi du mois au Ministère, avec des artistes venant d’horizons divers.
« Nous voulions créer quelque chose de différent, entrer dans les univers des artistes. Qu’est-ce qui les a amenés à créer ce qu’ils ont créé ? Qu’est-ce qui a donné cette impulsion à cette créativité ? » nous partage Paméla Kamar, cofondatrice et directrice artistique de Vision Diversité.
Après Hendry Massamba, qui fait partie de la cohorte de MUZ 2025 et qui a ouvert le bal, la série se poursuit le 26 février avec LiKouri et son trio avec Charles Cantin et Isabelle Gaudreau. Suivra le projet ESENCIA d’Akawui le 26 mars, également en formule trio avec Matthew Goulet et Gabriel Evangelista. Mikha.elles, en collaboration avec Lara Klaus, se produira le 30 avril, suivie par Abdel Grooz, qui viendra clôturer le tout le 28 mai.

Mais avant d’en arriver là, nous avons voulu en savoir plus sur Vision Diversité et retracer les moments clés des deux dernières décennies.
Partant d’un constat qu’il y avait une richesse en termes de diversité artistique à Montréal, et utilisant la musique comme vecteur pour briser les barrières et créer des liens, c’est ainsi que Vision Diversité est née.
Aida Kamar et Paméla Kamar sont toutes les deux passionnées de communications, mais c’est plutôt dans leur complémentarité que réside le succès de leur organisme. Paméla, passionnée par les parcours des artistes, a centré tout son travail sur leur rayonnement, durant la première phase de Vision Diversité.
« Nous avons fait le pari il y a 20 ans que ces musiques métissées sont un courant, et vont devenir obligatoirement incontournables. Et toute l’évolution musicale vient en plus de le prouver », affirme Aida Kamar. « Les musiques métissées sont un peu ce que le jazz était, c’est-à-dire elles ont commencé par être catégorisées, présentes dans certains lieux seulement, et elles ont grandi et sont devenues incontournables », fait-elle comme analogie.
Plutôt que de la folkloriser, ce duo mère-fille a plutôt opté de faire de cette diversité une richesse et ainsi, de lui donner une autre vision, d’où le nom de l’organisme.
« On a mis à la base l’artiste au cœur de notre plan d’action. Tous les besoins qui se présentaient au fur et à mesure entourant l’artiste, son parcours, son développement, son rayonnement, ont fait l’objet de nos initiatives », ajoute-t-elle.
D’ailleurs, elles préfèrent utiliser le terme « musiques métissées » faisant allusion au métissage des expressions musicales, plutôt que les termes « musiques globales » ou « musiques du monde », qui restent des termes controversés.
Mais c’est à la suite d’un jam improvisé lors de la Fête nationale du Québec au Vieux Port que la deuxième phase est née de manière organique pour Vision Diversité : le volet création permettant aux artistes de prendre le temps de créer des œuvres musicales ensemble. Cela a donné l’opportunité aux artistes de sortir de leur zone de confort, d’aller plus loin, dans des rencontres et dans des échanges.
Les Créations plurielles et Arometis en sont de parfaits exemples et c’est d’ailleurs Arometis qui a été le précurseur de MUZ, anciennement appelé « la vitrine locale des musiques métissées ». Même après les 15 ans de MUZ, ce courant ne s’essouffle pas.
« On n’avait peur de ne plus recevoir de dossiers mais on continue à recevoir entre 80 et 100 dossiers chaque année et ces dossiers sont de plus en plus solides », remarque Paméla.
Cela les a poussées à développer un volet MUZ pro, en présentiel, durant lequel les artistes se retrouvent autour de professionnels durant deux jours d’ateliers, couvrant plusieurs thématiques qui sont d’intérêt pour les artistes. Toute l’année, l’équipe de Vision Diversité recueille les suggestions d’ateliers pour ensuite les concentrer sur deux jours.

Finalement, la troisième phase et non la moindre, est l’accompagnement des artistes afin qu’ils élargissent leur public. Et c’est là que l’enjeu de la francophonie prend tout son sens pour Vision Diversité, puisque les artistes peuvent connecter avec leurs publics, majoritairement francophones, tout en conservant leurs identités propres. Pour certains, ils ont même bénéficié de l’accompagnement de paroliers dans le processus d’écriture. C’est ainsi que des projets tels que « Tout le monde chez nous » est né, une veillée de chansons québécoises avec 10 artistes sur scène.

Enfin, nous ne pouvons passer sous silence les plus récents développements en termes de rayonnement plus large, non seulement à Montréal, mais également dans le reste du Québec, et à l’international. Alors que le Canada anglais compte de nombreux réseaux, Vision Diversité se concentre sur les réseaux francophones à travers le monde pour promouvoir les musiques métissées, un terreau encore fertile.

D’ailleurs, alors qu’elle revient à peine d’une semaine à Québec dans le cadre de RIDEAU, Aida s’apprête déjà à s’envoler vers Marseille, pour participer à l’un des plus grands marchés de musique francophone au monde.
Les 20 dernières années ont permis à Vision Diversité de devenir un partenaire clé dans l’écosystème des musiques métissées mais l’avenir semble prometteur pour cet organisme qui continue à faire rayonner ce courant musical ici et ailleurs.























