Rafael Payare à l’orée de cette Virée classique

Entrevue réalisée par Alain Brunet
Genres et styles : classique

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Nous en sommes là avec la Virée classique de l’Orchestre symphonique de Montréal: au fil du temps, l’événement tenu en août est devenu un incontournable du calendrier des mélomanes, voire un élément-clé de l’entière programmation suggérée par la direction artistique de l’OSM. Qui plus est, la direction prise par Rafael Payare et Marianne Perron depuis l’an dernier se distingue nettement de tout ce qui a été proposé précédemment.

Cette 10e édition offre 26 concerts en salle et une centaine d’activités gratuites . On y ratissera large, soit des grandes œuvres classiques  jusqu’au gamelan balinais, en passant par le jazz, les musiques des Balkans et Moyen-Orient et aussi les musiques de films dont l’interprétation en temps réel ne cesse de prendre de l’ampleur dans le répertoire symphonique.

Avant de diriger intensément jusqu’au terme du week-end et ce dans différents contextes, le chef principal et directeur musical de l’OSM donne ce mercredi, au pied du Stade olympique, le coup d’envoi de ce happening de 5 jours, assisté de nombreux solistes et artistes de renommée internationale.  De l’opéra au musée, ce programme a pour pièce maîtresse Tableaux d’une exposition de Moussorgski. 

On verra le maestro en action à maintes reprises au cours des jours qui viennent , notamment vendredi pour l’exécution de Variations sur un thème rococo, op. 33 Tchaïkovski et de  Symphonie no 4 en la majeur, op. 90, « Italienne » de Mendelssohn, ou encore samedi matin avec ces  « créatures fantastiques » ayant inspiré  Debussy dans son  Prélude à l’après-midi d’un faune, Roberto Sierra avec son Carnaval ou Stravinsky et son Oiseau de feu (suite 1919) (extraits : Berceuse et Finale). Un des concerts-clés au programme que dirigera Rafael Payare combinera deux œuvres contemporaines, soit Accelerando de feu José Evangelista et le Concerto pour trompette en six mouvements du brillantissime Wynton Marsalis.

Issues de différentes cultures désormais incluses dans la constellation de Rafael Payare et de la direction artistique de l’OSM, ces musiques ont pour objet de nous plonger dans l’univers des contes. 

Voilà ce que nous explique Rafael Payare dans ce court entretien réalisé peu avant le marathon qui s’amorce. 

PAN M 360 : La Virée classique est un festival signature de la direction artistique de l’Orchestre symphonique de Montréal.Tout àfait rafraîchissant  thème des Amériques l’an dernier était la première manifestation de cette nouvelle direction artistique. Que peut-on dire de ce qui marquera le deuxième chapitre de la Virée classique sous la direction artistique de Rafael Payare? 

Rafael Payare : L’inclusion d’autres répertoires, celui des Amérique, celui du jazz contemporain, fait partie de notre façon de voir cette direction. Nous voulons faire en sorte que le répertoire puisse prendre de l’ampleur et s’inscrive également dans le contexte montréalais. C’est la route que l’OSM a décidé de prendre.

PAN M 360 : Quelles sont les différences principales avec la programmation de l’an dernier?

Rafael Payare : Nous avions alors construit notre programmation autour des Amériques, et donc inscrit des musiques issues de tout le continent. Cette fois, nous souhaitons une nouvelle expansion de notre récolte avec une semence différente. Ainsi, nous avons voulu mettre en relief des histoires racontées par la musique. L’opéra est un bon exemple de cette voie entreprise. Les Tableaux d’une exposition, c’est-à-dire la mise en musique par  un Moussorgski inspiré par la peinture, est un autre bon exemple. Tous nos choix artistiques reposent donc sur un désir de raconter des histoires.

PAN M 360 : D’autres exemples?

Rafael Payare : Les oeuvres de Felix Mendelssohn et de Wynton Marsalis sont d’autres bons exemples. Marsalis exploite les formes classiques et le jazz mais aussi les héritages culturels africains et latino-américains, ce qui est en soi une riche histoire à raconter à notre auditoire. Son Concerto  pour trompette a déjà été joué à Cleveland avec Michael Sachs, et au festival de Verbier (Suisse) avec Håkan Hardenberger.  Et ce sera la première canadienne avec Paul Merkelo et l’OSM. Il y aura aussi la musique du compositeur montréalais José Evangelista qui nous a quittés l’an dernier.  Nous allons donc présenter toutes ces musiques dans différents lieux, différentes configurations, et nous conclurons par Carmina Burana. 

PAN M 360 : Pouvez-vous identifier fos choix préférés? 

Rafael Payare : Il serait injuste d’identifier mes programmes préférés mais je dois quand même souligner que les programmes incluant les œuvres de Wynton Marsalis, dont une en première canadienne avec Paul Merkelo. Ce sera une sacrée promenade ! Depuis les débuts de sa carrière, Wynton était un grand trompettiste classique… Et vous savez quoi? Il est aussi un très bon joueur de basketball ! J’ai déjà joué avec lui au Venezuela lorsque son orchestre du Lincoln Center était venu jouer en plus de jouer avec nous dans un ensemble de cuivres. Il était vraiment étonnant sur le court de basket !

PAN M 360 : Que penser d’une œuvre classique composée par un jazzman de cette trempe?

Rafael Payare : Cette œuvre en six mouvements est incroyable ! Wynton Marsalis y dresse un portrait écrit de ce qu’il peut faire avec son groupe qui pratique une musique incluant l’improvisation. Il reprend cette connaissance et l’intègre dans une partition écrite. Par exemple,un  mouvement de l’œuvre pourrait être joué et improvisé par son groupe sans qu’il n’ait un mot à dire.  Or cette fois, tout est écrit pour n’importe quel orchestre, accelerando, ritardando, adoption d’un nouveau tempo, changement au mouvement suivant et ainsi de suite.

PAN M 360 : Hormis les programmes ici décrits, on doit s’attendre à une grande diversité de propositions, fondées sur la narration humaine transposée en musique.

Rafael Payare: Nous voulons stimuler l’appétit du public et essayer des choses différentes. C’est fantastique de pouvoir faire les choses ainsi. Ce qui unit cette programmation donc est le storytelling des œuvres, leur trame narrative. Nous souhaitons ainsi créer plusieurs liens entre les œuvres  présentées dans différents contextes à travers le parcours des mélomanes.

PAN M 360 : Il faut donc carburer aux énergies marathoniennes pour accomplir un tel mandat!

Rafael Payare : Oui cela donne beaucoup d’énergie que de diriger plusieurs œuvres en si peu de temps. Nous devons répéter plusieurs programmes, les choses se passent très vite et c’est super excitant. J’adore !

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