No Love Is Ever Wasted : le message de Zach Zoya

Entrevue réalisée par Jacob Langlois-Pelletier
Genres et styles : soul/R&B

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L’étoile montante de la scène anglo-montréalaise, Zach Zoya, dévoile son EP No Love Is Ever Wasted le vendredi 10 juin.

Composé de huit titres, No Love Is Ever Wasted démontre que Zach Zoya possède tous les outils pour fleurir sur la scène R&B internationale. Le projet débute en douceur avec Strangers in the House, une collaboration avec l’auteur-compositeur-interprète Soran. Quelques minutes plus tard, le duo récidive à nouveau avec Upper Hand, une composition débordante d’énergie. Pour Zach, ce microalbum lui permet de se « rappeler que les échecs et les projets incomplets font partie de la vie et nous permettent de grandir ».

Peu de temps avant la pandémie, l’homme de 24 ans a signé un contrat avec Universal Music Canada.  En octobre dernier, il a lancé son titre Start Over, une collaboration avec Benny Adam mariant avec aise le R&B à la pop. Le mois dernier, ce succès s’est taillé une place au Top 10 des palmarès de radios canadiennes. Depuis, la carrière du Rouynorandien a pris son envol.Durant sa carrière, l’artiste a collaboré avec d’importants producteurs comme Boi-1da et Don Mills. En plus de la sortie de son album, Zach Zoya sera sur scène au festival Osheaga à Montréal, en août. Pan M 360 a discuté avec lui pour en savoir plus sur son nouvel EP et son processus créatif.

PAN M 360 : Quel est le concept de No Love Is Ever Wasted?

ZACH ZOYA : À un certain moment, j’observais les chansons que je voulais inclure à mon EP et je me suis rendu compte que toutes les chansons abordaient, de près ou de loin, le thème de l’amour. Au départ, ce n’était pas le but que je m’étais fixé. Pendant la pandémie, je trouvais que je perdais du temps à faire certaines choses. J’ai l’impression que le rapport au temps de l’humain a changé dans les deux dernières années. Lors des premiers mois du confinement, on a tous commencé de nouveaux passe-temps, car on avait davantage de temps libre. J’avais commencé à jouer de la guitare. J’ai eu une passe où j’en jouais chaque jour pendant deux mois. Par la suite, j’ai complètement abandonné l’instrument.

C’est à ce moment que j’ai remarqué un cycle récurrent dans ma vie, celui d’avoir de l’intérêt pour quelque chose, d’apprendre à le faire et d’abandonner. Souvent, je n’arrive pas à une finalité et j’ai l’impression d’avoir perdu mon temps. Ce concept s’applique aux relations amoureuses. Quand on termine une relation, on a l’impression d’avoir simplement perdu du temps. J’ai compris par la suite que même si on n’arrive pas au but que l’on s’était fixé initialement, ça ne veut pas dire que l’on n’a rien appris. Je crois fermement que si on investit de son temps, qu’on œuvre avec amour, ambition et passion dans quelque chose, on ne perd pas notre temps. Pour revenir à mon exemple de la guitare, je ne suis peut-être pas devenu un virtuose de l’instrument, mais j’ai appris des leçons musicales et de discipline. Ces acquis ne me sont peut-être pas utiles aujourd’hui, mais ils le seront à un moment ultérieur. No Love Is Ever Wasted, c’est une manière de me rappeler que les échecs et les projets incomplets font partie de la vie et nous permettent de grandir. C’est aussi un moyen de me réconforter à travers tout ça. 

PAN M 360 : Comment ce thème se manifeste-t-il dans votre projet?

ZACH ZOYA : Même si les chansons de l’EP abordent le thème de l’amour, elles n’expliquent pas littéralement le concept de No Love Is Ever Wasted. Chaque titre raconte plusieurs anecdotes de ma vie qui démontrent que j’ai appris au travers de chacun de mes problèmes. Elles démontrent que même si on a l’impression d’avoir perdu notre temps à la suite d’une relation amoureuse déchue, on a appris énormément pour nos futures aventures.

PAN M 360 : Comment recevez-vous le succès de Start Over?

ZACH ZOYA: C’est vraiment bien. Je suis content qu’une chanson fonctionne. Je pense qu’il faut capitaliser là-dessus. Lorsque j’ai signé chez Universal, la pandémie a commencé et je n’ai pas eu l’occasion de faire des entrevues en personne, de me déplacer et de faire des spectacles. Le succès de Start Over tombe au bon moment, je vis ce que je pensais avoir manqué lors de ma signature. En ce moment, j’ai l’impression de réellement commencer ma carrière. J’ai hâte à la suite des choses et je veux utiliser ce succès comme un tremplin. Je veux aller encore plus loin, il n’y a pas de limites à ce que je fais.

PAN M 360 : Comment avez-vous rencontré Soran?

ZACH ZOYA : En raison de La Voix, je connaissais Soran comme le public. Par la suite, on s’est rencontrés dans des festivals. Il aimait ma musique et nous avons communiqué à quelques reprises sur les réseaux sociaux. Cependant, nous n’étions pas encore devenus des amis proches. Lorsque la pandémie a débuté, c’est là qu’on est devenus proches. On était un groupe de quatre artistes issus de la scène anglophone de Montréal. Il n’y avait plus de spectacles et un couvre-feu était en place. On ne pouvait pas aller à nos studios respectifs, donc on s’est mis les quatre dans le même studio. À cause du couvre-feu en vigueur, on devait rester dans le studio d’enregistrement pendant toute la nuit. Toutes les nuits, on créait de la musique. Ça nous a énormément rapprochés. D’ailleurs, c’est lors de cette période que Strangers in the House a été enregistrée.

PAN M 360 : Comment est née la chanson Upper Hand?

ZACH ZOYA : C’est une chanson que j’ai faite avec Soran, Ruffsound et Banx & Ranx. On l’a enregistrée peu de temps avant la pandémie. C’était au tout début de mes collaborations et mon approche créative ressemblait à celle de Start Over. Je viens de la scène rap et j’étais habitué à ce qu’on m’envoie une compilation d’instrumentales, puis que j’écrive dans ma chambre pendant deux jours et qu’on arrive à un produit. Cette fois-ci, c’était un processus totalement différent. Du début à la fin, on a travaillé en collaboration. On avait pour but de créer une chanson qui est réalisée pour être entendue par tout le monde. Pour accomplir ça, il est nécessaire d’avoir plusieurs cerveaux. Ainsi, ça permet de toucher davantage de personnes. Encore une fois, j’ai écrit un morceau lié à l’amour. Dans ce titre, je parle de la relation entre deux personnes et le fait que l’un des deux prend les devants et les décisions.

PAN M 360 : Avec votre vidéoclip, que vouliez-vous apporter à la chanson Upper Hand?

ZACH ZOYA : À ce jour, je laisse le réalisateur choisir les idées des vidéos. Encore là, je trouve qu’un travail collaboratif mène à un plus beau résultat que si c’était seulement moi qui décidais. Je voulais qu’on évite de faire une vidéo trop scénarisée et que l’on ait un résultat abstrait. Aussi, je voulais un visuel attrayant pour l’œil et qui reflète l’énergie de la chanson. Souvent en tant qu’artiste, on veut imposer une signification à notre chanson et je trouve que c’est une erreur. Il ne faut jamais oublier qu’il y aura toujours plus de gens qui écoutent que de personnes impliquées lors de la rédaction. Souvent, l’interprétation diffère pour chaque auditeur. Tout dépend, de l’heure de l’écoute, les gens qui l’entourent, le contexte et bien d’autres paramètres. J’essaye de ne pas imposer ma vision et de seulement imposer mon énergie. Après, les gens peuvent l’interpréter comme ils le souhaitent.

PAN M 360 : Dans ce projet, vous semblez explorer davantage la pop et le R&B. Souhaitez-vous continuer dans cette branche?

ZACH ZOYA : Je veux me concentrer là-dedans. À la base, le style musical que j’aime c’est le R&B. J’ai toujours été un grand fan de Usher, Chris Brown et des chansons du début des années 2000. Le rap a été ma porte d’entrée au monde de la musique, car ça m’a permis d’avoir un personnage beaucoup plus en confiance que la réalité. Au tout début, je n’avais pas de formation musicale. Je ne pense pas que j’aurais été en mesure de commencer avec du R&B et de chanter des chansons dans lesquelles je me montre plus vulnérable. Je crois que mon ego en aurait pris un coup. Il est certain que le rap va toujours être présent dans mon écriture. Je ne serais pas en mesure d’écrire sans bars. Le chant est là pour de bon et je crois que je peux réaliser de belles choses avec ça.

PAN M 360 : Récemment, vous êtes allé faire des spectacles aux États-Unis, comment cela s’est-il passé?

ZACH ZOYA : Pour l’instant, les spectacles que j’ai faits en dehors du Canada étaient de style showcase. La majorité des gens présents dans ces concerts ne me connaissent pas et apprennent qui je suis. Je me fais souvent dire des phrases comme « Je ne savais pas qui tu es, mais tu étais vraiment bon! ». Ces spectacles permettent de me faire connaître davantage, de tâter le terrain et de parler avec des gens du milieu. Ces temps-ci, j’en apprends énormément sur les rouages de l’industrie musicale. J’essaye d’absorber le plus d’information possible. Plus tard, je sens que je vais repenser à cette période de ma vie et me dire que c’était les plus beaux moments de ma carrière. Une ignorance m’habite en ce moment et c’est vraiment bien.

PAN M 360 : En quoi le Zach Zoya d’aujourd’hui est différent de celui de Superficial en 2017?

ZACH ZOYA : Je suis assurément plus mature dans ma musique. Superficial est l’une des premières chansons dans lesquelles je chantais. À ce moment-là, je ne savais pas vraiment ce que je faisais. Depuis 2017, j’ai acquis beaucoup de connaissances en écriture. J’ai aussi compris ce que je voulais présenter de ma personnalité à mon public. En tant qu’humain, j’ai énormément grandi. Dorénavant, je pense que je fais de la meilleure musique. Je suis mieux outillé qu’avant, je suis plus efficace et je suis entouré de gens qui me mènent vers le haut musicalement. Le Zach de No Love Is Ever Wasted a davantage de plaisir en studio. Il est plus décontracté et a trouvé l’équilibre entre le sérieux et le plaisir.

Photo : Guillaume Landry

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