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Nadia Labrie : au diapason du bonheur et de Mozart

Interview réalisé par Frédéric Cardin

Pour la flûtiste Nadia Labrie, la musique est un baromètre des émotions et de la vie en général. La lumière qui rayonne des partitions de Mozart est parfaitement accordée avec le bonheur et la confiance qui animent l’artiste en ce moment dans sa vie, quitte même à réapprendre son instrument! Le public est convié à partager cette bulle de vitalité bienfaisante lors de deux concerts consacrés au grand Wolfgang pendant le festival Classica de Saint-Lambert. Entrevue.

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Le dimanche 30 mai pour la version concert de Flûte Passion : Mozart et le mardi 8 juin pour le Concerto pour flûte et harpe (toujours de Mozart), avec Valérie Milot à la harpe et Arion Orchestre baroque dirigé par Mathieu Lussier, Nadia Labrie montera sur scène devant un public assurément impatient de la retrouver. J’ai parlé avec elle de flûte ancienne, de beauté et de Mozart.

Écoutez l’album et lisez notre critique de l’album Flûte Passion : Mozart, de Nadia Labrie

Pan M 360 : Bonjour Nadia, comment t’es-tu préparée pour ces deux concerts dans l’un des premiers festivals à revenir après le gros de la pandémie?

Nadia Labrie : Je me sens très fébrile! Je dois dire que le concert du 8 juin (où je jouerai le Concerto pour flûte et harpe de Mozart) représente un défi particulier. Je le jouerai avec une flûte d’époque classique, en bois. Pour ce faire j’ai dû réapprendre à jouer, car non seulement l’instrument est différent de la flûte moderne, mais aussi les doigtés, la façon de souffler, de projeter le son, et plein d’autres détails. 

Pan M 360 : C’est difficile de faire cet exercice?

Nadia Labrie : C’est très exigeant. J’y travaille depuis environ un an et demi. L’autre difficulté, c’est qu’au début j’ai dû travailler sur une flûte baroque, qui a elle-même ses différences par rapport à la flûte classique. La raison est que j’ai commandé une flûte de type classique à un facteur, mais je ne l’ai reçue qu’en 2021. Je ne pouvais pas amorcer mon ‘’réapprentissage’’ à quelques mois seulement du concert sur une flûte ancienne. J’ai donc fait le travail sur la flûte baroque, quitte a réajuster avec la flûte classique. Alors voilà, ce fut une dernière année remplie de nouvelle formation! À ce sujet, je dois dire un immense merci à Claire Guimond qui m’a bien guidée au long de ce cheminement.

De gauche à droite : Antoine Bareil, Isaac Chalk, Nadia Labrie, Benoît Loiselle pour le concert Passion Mozart Crédit photo : Marc Dussault

Pan M 360 : C’est toi qui a eu l’idée, ou si on t’a lancé le défi?

Nadia Labrie : C’est un défi (rires)! Mais j’ai accepté avec enthousiasme car ça fait longtemps que j’ai envie de jouer ce concerto, de un, et ça fait un bout, également, que j’ai envie de plonger dans l’univers de la flûte ancienne. Je n’ai jamais eu le courage d’essayer avant. Je viens de Rimouski et au Conservatoire, là-bas, il n’y a pas d’instruments anciens. Mes contacts avec ce monde sont demeurés limités. Cette fois, c’était l’occasion de me faire sortir de ma zone de confort, et comme je suis une boulimique de nouveaux apprentissages, j’ai trouvé que l’occasion était parfaite pour me lancer dans cette aventure. Le résultat, c’est que j’ai découvert une deuxième passion dont je ne soupçonnais pas l’existence. 

Pan M 360 : Assez pour envisager la possibilité d’endisquer avec des instruments anciens?

Nadia Labrie : Oui! Pas maintenant, mais un jour, c’est très possible. En attendant, je prépare tout de même un nouveau concept de concert où j’aimerais présenter l’histoire de la flûte à travers du répertoire allant de la musique ancienne à la musique moderne. J’en profiterai pour utiliser les flûtes que je possède (j’en ai plusieurs!).

Pan M 360 : Que représente le Concerto pour flûte et harpe de Mozart pour toi?

Nadia Labrie : Oh là là, c’est un rêve pour moi! Depuis que je suis adolescente je le connais et je l’adore. C’est tellement beau, en particulier le mouvement lent. Cette mélodie, extraordinaire, vient nous chercher juste là (le cœur, les tripes). Encore une fois, venant de Rimouski, oublies-ça, il y avait zéro harpe là-bas. Ce n’était pas possible de faire ce concerto. Maintenant que je suis en mesure de pouvoir le faire, je n’hésite pas. J’ai très hâte!

Nadia Labrie, crédit photo : Laurence Labat

Pan M 360 : Tu m’as raconté, à l’époque où tu présentais ton album Flûte Passion Schubert, que cette musique correspondait parfaitement à ton état d’esprit. Tu en avais besoin pour avancer. Même chose pour le Bach qui a suivi, et maintenant, tu es clairement dans une phase Mozart, n’est-ce pas?

Nadia Labrie : En effet! La lumière de Mozart est en parfaite adéquation avec la sérénité, la joie et le bonheur que je ressens en ce moment dans ma vie. J’ai même un chien que j’ai appelé Mozart! Schubert, c’était dans une période un peu sombre de ma vie, mais ça m’a fait du bien. Ensuite, Bach ‘’fittait’’ avec mon besoin de solidité, de régularité, de me sentir ‘’groundé’’. Mozart, maintenant, c’est le soleil!

Pan M 360 : D’autres compositeurs t’apparaissent aussi lumineux, pour bien poursuivre sur cette belle voie?

Nadia Labrie : Vivaldi! Ses concertos me plaisent énormément.

Pan M 360 : Le concert de ce dimanche 30 mai, c’est tout l’album Flûte Passion Mozart, c’est bien ça?

Nadia Labrie : Oui, tout à fait. Juste avec des musiciens que j’adorent, ce sera du bonbon, autant pour moi que pour le public!

Pan M 360 : Il faut remercier Marc Boucher du festival Classica qui nous permet de renouer avec ce genre d’événement collectif…

Nadia Labrie : Tellement! Marc et toute l’équipe ont été formidables. Plusieurs festivals ont tiré la plogue et plus rien, mais Classica a été en mesure de reporter la plupart des concerts de l’édition 2020 en décembre, et en 2021, voilà, c’est l’un des premiers festivals à s’engager de cette façon. Wow. C’est fantastique.

Pan M 360 : Nous sommes d’accord! Salutations à toute l’équipe de Classica! Merci Nadia pour cette chouette entrevue.

Nadia Labrie : Merci beaucoup!

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