MUTEK 2023: Atamone, descendance inuk, identités montréalaise et mondiale

Entrevue réalisée par Alain Brunet

Atamone est un producteur de musique inuk expérimenté, né à Montréal, multi-instrumentiste et artiste multimédia impliqué dans l’animation 3D, la conception sonore et les médias interactifs. Il crée des rythmes enjoués et entraînants, incorporant des éléments de jazz, de soul, de hip hop, de house et de techno. Son matériel comprend des instruments analogiques et des technologies numériques, mais aussi de la musique instrumentale. Il a sorti de la musique sur les labels Tour De Manege et Inner Ocean Records.

PAN M 360 : Après avoir écouté votre musique, nous constatons que vous vous intéressez au boom-bap, au hip-hop instrumental, au jazz hip-hop et à d’autres influences électroniques.

Atamone : Oui, on peut dire ça… Et je touche aussi un peu à la house. Plus précisément, ce que je fais est une exploration de la culture underground, du hip hop et de la dance music. Une grande partie de mon influence vient de l’exploration des différents aspects de la culture underground ainsi que des arts visuels. Quand j’étais plus jeune, je m’intéressais beaucoup aux graffitis, mais je ne m’y intéresse plus. Je veux dire que cela fait toujours partie de mon parcours, bien sûr.

PAN M 360 : Vous avez donc plongé dans la culture hip hop totale !

Atamone : Oui. J’en collectionne aussi les disques, je suis également un fan de jazz, ça fait partie de mon identité.

PAN M 360 : Créez-vous vos propres images pour vos concerts ou vos sets de DJ ?

Atamone : Cela pourrait arriver, mais je n’ai pas prévu de set visuel cette année.

PAN M 360 : Votre set live est-il réalisé avec un VJ ?

Atamone : Non, ce n’est pas le cas. Je ne travaille pas avec un VJ cette année. Je ne suis pas sûr que la scène où je joue soit préparée pour cela.

PAN M 360 : D’accord, c’est donc exclusivement de la musique.

Atamone : Oui, ce sera une performance musicale en direct avec mon gear.

PAN M 360 : Et quel est votre gear ?

Atamone : J’utilise un hybride entre logiciel et matériel, principalement Ableton et une boîte à rythmes SP404.

PAN M 360 : Votre musique s’accorderait également très bien avec un groupe de musiciens. Nous pouvons imaginer des instruments jouant votre musique.

Atamone : Effectivement, j’ai déjà travaillé avec des groupes. Et cette fois-ci, d’ailleurs, je serai accompagné d’un bassiste – il s’appelle Jesse Manzini. Grâce à mes enregistrements, je peux ajouter des instruments, une guitare, une basse, des percussions. C’est une démarche humaniste et j’aime aussi l’inclure en live.

Atamone : Vous allez donc utiliser un pad numérique à Mutek ?

Atamone : Oui, exactement. Je tapote les pads sur des batteries et des rythmes préenregistrés. Cela donne toujours un résultat différent. Il s’agit d’interagir avec la machine

PAN M 360 : Votre profil bio indique que vous êtes né et avez grandi à Montréal et que vous avez également des origines inuites. Pouvez-vous expliquer votre parcours familial ?

Atamone : J’ai vécu la majeure partie de ma vie à Montréal. Mais j’ai aussi vécu en partie au Nunavut, dans la région de Yellowknife. Mais ma communauté est en fait originaire du Nunavik, dans le nord du Québec, plus précisément à Kuujjuaq.

PAN M 360 : Peut-être que ce n’est pas pertinent de poser cette question, mais faites-vous parfois référence à vos racines autochtones dans votre travail musical ? Est-ce important pour vous ?

Atamone : Je ne me suis pas vraiment penché sur cette question.

PAN M 360 : Ce n’est absolument pas une obligation. Tout être humain peut faire ce qu’il veut sur le plan artistique. Un artiste international n’est pas obligé de citer sa musique traditionnelle dans ses compositions originales.

Atamone : Oui, exactement. Je ne suis pas lié à un style ou à une tradition culturelle d’une communauté.

PAN M 360 : Bien sûr, nous ne nous attendons pas à ce que vous introduisiez obligatoirement des chansons traditionnelles dans votre hip-hop électronique. Les origines de l’artiste ne signifient pas ce qu’il fait aujourd’hui.

Atamone : Oui, exactement. Ce que je fais vient principalement de mon propre isolement et du mal que j’avais à trouver d’autres musiciens avec qui jouer. C’est ainsi que j’ai commencé à composer avec des boîtes à rythmes, des échantillonneurs et des logiciels.

PAN M 360 : Vous faites partie de ces producteurs qui nous amènent à penser que le jazz hip hop est définitivement de retour. Vous devez apprécier le hip-hop des années 90, de feu J Dilla à A Tribe Called Quest, Diggable Planets, Pharcyde et Jurassic Five.

Atamone : Oui, absolument. J Dilla est l’une de mes plus grandes influences, c’est certain. Et j’ai eu la chance de collaborer avec mon bon ami Illa J, qui est le frère de J Dilla.

PAN M 360: Wow !

Atamone : Oui, j’ai eu la chance d’entrer en contact avec lui lorsqu’il vivait brièvement à Montréal. Avant qu’il ne retourne à Détroit, et maintenant il est à Las Vegas. Mais oui, nous travaillons toujours ensemble. Je viens d’enregistrer quelques instruments sur son dernier album.

PAN M 360 : Vous êtes donc un producteur et un multi-instrumentiste, n’est-ce pas ?

Atamone : Oui. Ce que je fais est assez large, cela va de la création de rythmes en direct au DJing en passant par le multi-instrumentalisme et même les performances acoustiques. J’ai fait quelques performances acoustiques, en accompagnant des chanteurs. Et même en ce qui concerne la musique ambiante, donc musicalement, mes intérêts musicaux sont assez vastes. Je m’adapte assez facilement à la situation.

PAN M : Quand avez-vous commencé à vous produire professionnellement ?

Atamone : J’ai commencé mon projet Atamone en 2011, en fait, donc ça fera 12 ans en septembre. Et ce sera ma deuxième participation à MUTEK, la première ayant eu lieu il y a 10 ans.

PAN M 360 : Après toutes ces années, gagnez-vous votre vie avec votre musique ?

Atamone : C’est très difficile depuis la pandémie. Mais comme avant la pandémie, je jouais des événements assez régulièrement. Chaque semaine. Je faisais partie de l’équipe du Tour de Manège à Montréal et je jouais chaque semaine dans un pub, donc c’était gérable. Et puis, depuis la pandémie, ce n’était plus le cas, alors j’ai décidé de retourner à l’école pour étudier les arts visuels et l’animation 3D. J’ai hâte de ralentir un peu pendant l’automne et l’hiver pour me concentrer sur l’application de cette pratique dans mes performances. C’est mon prochain projet.

PAN M 360 : Et musicalement, quelle est la prochaine étape ?

Atamone :Il y aura un album 7 titres, qui est prêt à sortir et je viens de sortir un single, début août de cet album, et je vais sortir un autre single. Ensuite, l’album sortira très bientôt.En ce moment, j’essaie d’élargir mon catalogue musical, d’un point de vue sonore, en explorant différents genres et bpm, plus dans la techno et la house.

PAN M 360: Merci!

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