« More Is More » : le côté sombre des Shirley

Entrevue réalisée par Jacob Langlois-Pelletier

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Formé en 2018, le trio féminin montréalais Les Shirley dévoile ce vendredi son deuxième album, More is More. Raphaëlle Chouinard (voix et guitare), Sarah Dion (basse) et Lisandre Bourdages (batterie) reviennent à la charge avec un opus teinté de vulnérabilité et de féminisme. D’ailleurs, la formation n’hésite pas à dénoncer les privilèges masculins. « Au cours des dernières années, le mouvement féministe a pris de l’ampleur et je crois qu’on va dans la bonne direction. Cependant, quand on regarde nos voisins aux États-Unis, on comprend rapidement que ce n’est pas gagné. On aime envoyer ce message », soutient la chanteuse du trio.

Tout en demeurant influencées dans le punk rock et le grunge, Les Shirley explorent dans More is More des sujets plus introspectifs qu’auparavant, tels que l’amour et l’anxiété. « On montre un côté plus sombre des Shirley. Je pense que les gens vont se reconnaître dans les paroles », mentionne Raphaëlle. La guitariste ne passe pas par quatre chemins : « Ça manquait grandement de girl power dans le temps! » Avec cet album, Les Shirley se sont fait plaisir et ont créé de la musique qu’elles auraient aimé entendre à leur adolescence. « Quand une femme écrit, ça amène une perspective complètement différente des évènements. On aurait vraiment aimé entendre notre musique quand on était jeune », ajoute Raphaëlle Chouinard.  

Tout au long de la création de More is More, Marie-Pier Arthur a agi en tant que coréalisatrice. Son expertise a insufflé davantage de confiance aux trois femmes et a grandement contribué à l’élaboration des onze titres du projet. « On a toujours été de grandes admiratrices de Marie-Pierre. C’était incroyable d’avoir une personne comme elle avec nous pendant la création de notre projet! », indique l’auteure des Shirley, sourire aux lèvres. Pan M 360 a discuté avec la chanteuse-guitariste du trio, Raphaëlle Chouinard, de leur processus créatif et de leur nouvel album More is More.


PAN M 360 : Comment se sont formées Les Shirley?

RAPHAËLLE : Avant Les Shirley, Lisandre et moi avions fait un projet électro-pop ensemble. Quand le tout a pris fin en 2018, on souhaitait encore jouer ensemble. On connaissait déjà Sarah, mais elle était à la base une drummeuse tout comme Lisandre. Ainsi, Sarah a décidé de jouer de la basse. Au début de notre formation, on ne se prenait pas vraiment au sérieux. Lors de nos premiers spectacles, on a remarqué que les foules aimaient réellement notre projet. C’est à ce moment qu’on a compris que Les Shirley, ce n’était pas une blague!

PAN M 360 : Que racontez-vous avec More is More?

RAPHAËLLE : Contrairement à notre premier projet, on aborde des sujets plus profonds. On montre le côté plus sombre des Shirley. On mélange ces thèmes à nos mélodies pop et notre style musical. More is More a été écrit en temps de pandémie et c’est une réflexion de ce qu’il y a eu dans ma tête pendant cette période. Ça parle de sujets comme l’anxiété et le manque de motivation. Je pense que les gens vont se reconnaître dans les paroles.

PAN M 360 : Vous dites que vous créez des chansons que vous auriez aimé entendre quand vous étiez plus jeunes. Auriez-vous aimé entendre les messages que vous véhiculez dans ce projet?

RAPHAËLLE : C’est certain que ça manquait de girl power dans le temps. Il n’y avait presque pas de female bands à l’époque. Peu de femmes partageaient leur expérience par l’entremise de la musique. Je pense qu’il manque ce côté-là de l’histoire musicale. Quand une femme écrit, ça amène une perspective complètement différente des évènements. C’est quelque chose qui a manqué quand on était jeune.

PAN M 360 : Tout au long de l’album, vous avez un ton dénonciateur et féministe.  C’est un désir pour vous de vous engager pour cette génération?

RAPHAËLLE : Pendant la pandémie, je me suis rapprochée de mes racines emo et mon écriture et devenue de plus en plus engagée. Au cours des dernières années, le mouvement féministe a pris de l’ampleur et je crois qu’on va dans la bonne direction. Cependant, quand on regarde nos voisins aux États-Unis, on comprend rapidement que ce n’est pas gagné. C’est important de continuer en ce sens pour faire changer les choses. C’est un message qu’on aime envoyer. Par exemple, dans la chanson It’s Time, on dit « It’s time for your wake-up call ». C’est un message aux hommes, pour leur dire qu’il est temps de laisser la place aux femmes. Le but ce n’est pas de diviser, mais de trouver un juste milieu qui plaît à tout le monde.

PAN M 360 : Parlez-moi de l’apport de Marie-Pierre Arthur en tant que coréalisatrice. Comment a-t-elle contribué à votre projet?

RAPHAËLLE : Marie-Pierre amène une belle énergie en studio. Elle était toujours là pour nous guider et répondre à nos questions. Elle a apporté sa touche pop à notre album. On a toujours été de grandes admiratrices de Marie-Pierre. C’était incroyable d’avoir une personne comme elle avec nous. Aussi, c’est très utile d’avoir une personne qui ne fait pas entièrement partie du processus créatif. Cette personne t’amène à te questionner sur les structures des chansons et sur de nombreux détails afin de t’améliorer. De plus, je dirais que son expertise nous a donné davantage de confiance en nos moyens.

PAN M 360 : Comment voyez-vous la récente renaissance du punk-rock?

RAPHAËLLE : Plusieurs artistes comme Olivia Rodrigo et Machine Gun Kelly contribuent à la renaissance de ce style musical. Je trouve ça vraiment bien. De nombreuses personnes soutiennent que c’est très pop voir même trop pop. Selon moi, c’est aussi pop que ce que faisait Avril Lavigne et Blink-182 dans le temps. Si ces artistes peuvent faire découvrir davantage ce genre musical aux jeunes, c’est très bien. Ça va en inspirer plusieurs à pousser plus loin dans le rock.

PAN M 360 : Comment est né le titre Do It Again?

RAPHAËLLE : On fait souvent des retraites d’écritures dans un chalet. Je crois que j’avais déjà en tête le riff de guitare. J’ai écrit la chanson pendant la pandémie. Cette période obscure de nos vies a fait renaître de nombreuses mauvaises habitudes chez chacun de nous, comme la consommation. Cette chanson-là se déploie comme étant un dialogue interne. Ça parle de ces comportements que tu veux arrêter, que ton cœur te dit d’arrêter, que tes amis te disent d’arrêter, mais que tu n’arrêtes jamais.

Photo : Stéphanie Dinsdale.

LA SOIRÉE DE LANCEMENT DE « MORE IS MORE » AURA LIEU LE 24 NOVEMBRE PROCHAIN AU THÉÂTRE FAIRMOUNT, À MONTRÉAL!

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