Le Vivier + Orchestre de l’Agora | Se mettre en mode découverte avec Élisabeth St-Gelais

Entrevue réalisée par Elena Mandolini

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Élisabeth St-Gelais est une jeune soprano qui connaît un début de carrière brillant. Tout récemment diplômée de l’Université McGill, elle est déjà lauréate de plusieurs prix (Révélation classique Radio-Canada 2023-2024, Prix d’Europe 2023, Wirth Vocal Prize…). Elle fait partie de ces interprètes qu’il faut absolument découvrir et connaître, si ce n’est pas déjà fait! En plus de sa carrière en opéra et chant lyrique, il lui tient à cœur de faire connaître et rayonner les compositeur.rice.s autochtones. Elle-même innue, elle met cette mission à l’avant-plan de sa carrière.

Le 25 novembre, elle présentera un concert avec l’Orchestre de l’Agora, en co-diffusion avec Le Vivier. Elle y interprétera Le Récital des Anges d’Ian Cusson, un cycle basé sur la poésie d’Émile Nelligan et arrangé pour orchestre par le compositeur tout spécialement pour l’occasion. Pour ce concert, Élisabeth St-Gelais nous invite à écouter la musique dans toute sa beauté et à nous laisser surprendre.

PAN M 360 s’est entretenu avec Élisabeth St-Gelais pour discuter de cette œuvre et de sa vision musicale à l’approche de ce concert.

PAN M 360 : Bonjour Élisabeth! Pour commencer, pouvez-vous nous parler de votre parcours musical?

ÉLISABETH ST-GELAIS : J’ai toujours été très attirée par la musique. J’ai commencé très tôt, vers l’âge de 7, 8 ans. J’ai appris le piano classique, la guitare, le saxophone, la batterie… J’ai fait mes études au Collège d’Alma en chant classique, puis j’ai fait un baccalauréat en musique à McGill. J’y ai aussi fait ma maîtrise, que je viens de terminer ce printemps.

PAN M 360 : Tout récemment, vous avez gagné plusieurs prix prestigieux. Comment vous sentez-vous? Que représentent ces prix pour vous en début de carrière?

ÉLISABETH ST-GELAIS : En hiver 2022, j’ai gagné le Wirth Vocal Prize. Ça a été le début de plusieurs concerts et d’autres compétitions. Et puis, cette année, il y a eu le Prix d’Europe et le Canadian Opera Company Center Stage. Ça a été deux prix très importants, qui font que je travaille beaucoup, ce qui fait en sorte que je peux avoir une carrière comme mes rêves et mon ambition l’imaginent. Je suis très chanceuse, très contente et super reconnaissante de ça, ça va super!

PAN M 360 : Comme vos distinctions le démontrent, vous êtes surtout active dans le domaine du chant classique et de l’opéra. Mais, vous allez bientôt présenter en concert une œuvre très récente, Le Récital des anges de Ian Cusson,composée en 2019. Parlez-nous de votre relation à cette pièce.

ÉLISABETH ST-GELAIS : Ça fait un petit bout que je connais cette œuvre, parce que j’en ai fait quelques extraits déjà en récital avec ma pianiste, Louise Pelletier. À l’origine, cette pièce a été composée pour piano et voix. J’avais seulement fait quelques extraits. Par contre, en ce moment, je l’approche plus dans son entièreté, puisque je vais chanter le cycle en entier avec un orchestre. En ce moment, je vois plus cette œuvre comme un tout, comme une œuvre orchestrale. L’arrangement pour orchestre a justement été réalisé par Ian Cusson lui-même, spécialement pour ce concert.

PAN M 360 : Comment décririez-vous Le Récital des anges d’un point de vue musical?

ÉLISABETH ST-GELAIS : C’est une pièce très spéciale, en fait. C’est assez chargé d’émotions. Les pièces du cycle sont basées sur des poèmes d’Émile Nelligan. Ce sont des poèmes assez profonds, lourds, et peut-être parfois un peu noirs. Par contre, la musique, ce n’est pas tout à fait ça… Je pense qu’elle s’est bien adaptée pour que ce ne soit pas totalement sombre et lourd, mais c’est certain qu’il y a une partie de ça dans la musique.

PAN M 360 : En tant qu’interprète, comment aborde-t-on ce genre de musique?

ÉLISABETH ST-GELAIS : En tant qu’interprète, il faut aller chercher en nous ce qu’on a à dire sur ce genre d’émotions là. Il faut plonger pour essayer de trouver quelle noirceur ou quel type d’interprétation je peux faire dans de telles émotions. En plus, la musique est assez complexe à apprendre et à mémoriser. C’est vraiment… ça ne va pas dans la simplicité!

Par contre, pour l’auditoire, le tout est super mélodique et accessible. Je pense qu’on peut avoir peur de prime abord que ce soit trop intellectuel ou inaccessible, mais avec l’orchestre, et un pas de recul, c’est très beau à l’oreille. C’est très intellectuel dans l’apprentissage et dans la mise en place, mais à l’écoute, il ne faut pas avoir peur, et ça peut être vraiment très beau.

PAN M 360 : Pourquoi est-ce significatif pour vous d’interpréter et de présenter cette œuvre au public?

ÉLISABETH ST-GELAIS : Non seulement il s’agit de musique nouvelle, de musique contemporaine, mais c’est surtout de la musique contemporaine autochtone. C’est très, très intéressant pour nous, qui montons ce concert, mais surtout pour moi qui suis des Premières Nations. Je veux partager le travail des autres autochtones en musique classique. Ça veut dire beaucoup pour moi. Je trouve que c’est un privilège d’avoir accès à la musique d’Ian Cusson, qui est Métis. Ça m’a remplie de joie de pouvoir interpréter cette œuvre. En fait, ça prend tout son sens dans ma mission artistique, qui est de travailler pour l’émancipation des Premières Nations et de participer à l’ère de la réconciliation et de la vérité.

PAN M 360 : Vous interpréterez cette œuvre accompagnée de l’Orchestre de l’Agora. Est-ce la première fois que vous travaillez avec eux?

ÉLISABETH ST-GELAIS : Oui! Je suis tellement contente parce que j’ai beaucoup d’admiration pour Nicolas (Ellis) et pour son orchestre. Ils sont très engagés dans plusieurs causes et ils ont vraiment beaucoup de talent. C’est très positif, et c’est une très belle expérience pour moi.

PAN M 360 : Comment en êtes-vous venue à collaborer avec eux?

ÉLISABETH ST-GELAIS : En fait, ils m’ont appelée, tout simplement. Nicolas vient de Chicoutimi, comme moi. Sans se connaître personnellement, on a toujours su qui on était, mutuellement. C’est un très beau cadeau, pour une chanteuse lyrique, de se faire inviter par un orchestre, surtout par l’Orchestre de l’Agora, qui a eu un tellement beau développement depuis sa fondation, et qui est devenu une institution à Montréal. Oui, c’est vraiment un beau privilège.

Et j’apprécie beaucoup Nicolas, je l’admire comme entrepreneur, comme chef, comme directeur d’orchestre. Donc oui, sérieusement, j’étais tellement contente quand ils m’ont appelée! Et on va se revoir bientôt, on va faire le Gala de la Terre ensemble cette année. C’est très excitant.

PAN M 360 : Le concert avec l’Orchestre de l’Agora a un programme assez varié. Comment voyez-vous ces agencements de timbres et de styles?

ÉLISABETH ST-GELAIS : Je le vois comme une opportunité pour les gens qui ont le goût d’aller au concert avec une oreille en mode découverte, et une oreille ouverte, du même coup. Je trouve que la musique classique est vraiment sous-estimée, sous-connue, et que tellement de gens pourraient y trouver leur compte dans n’importe quel concert de musique classique ou de musique nouvelle. Je pense qu’ils ne soupçonnent même pas à quel point ça pourrait leur créer du bonheur, des émotions fortes, ou quelque chose de spécial dans leur vie.

PAN M 360 : Donc, il faudrait se libérer de tout a priori?

ÉLISABETH ST-GELAIS : Oui. Je pense qu’il faut enlever le voile et l’idée qu’il faille connaître la musique classique ou être un expert en musique nouvelle pour l’apprécier. C’est totalement faux. Il faut essayer de descendre à la plus simple expression de l’appréciation, juste « j’aime ça » ou « j’aime pas ça », sans se dire « mon Dieu, c’est tellement intellectuel, je ne suis pas capable de comprendre! » Donc je pense que de se ramener là, ça mettrait tout ça en perspective, en fait. Puis ça fait que si les gens pensaient plus comme ça, ils iraient plus aux concerts.

Élisabeth St-Gelais interprétera Le Récital des Anges d’Ian Cusson aux côtés de l’Orchestre d l’Agora le 25 novembre à 19h30 dans le cadre du concert Big Bang #2, en co-diffusion avec Le Vivier. INFOS ET BILLETS ICI.

Crédit photo : Andy Jon

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