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Jesuslesfilles à l’heure idéale

Interview réalisé par Myriam Bercier
Genres et styles : punk rock / rock alternatif

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Après trois albums, soit Une belle table en 2010, Le grain d’or en 2014 et Daniel en 2018, Jesuslesfilles revient à la charge… à L’heure idéale ! Ce quatrième album se veut dans la même veine que le troisième, Daniel, et son rock assagi avec l’arrivée de la claviériste et chanteuse Yuki Berthiaume au sein de la formation.  Daniel, personnage fictif s’il en est, reprend néanmoins du service dans L’heure idéale... nous en saurons davantage au cours de l’entretien qui suit.

Ainsi, Jesuslesfilles ne traîne roule sa bosse depuis 13 ans.  Enclin au rock, qu’il soit punk, garage ou alternatif, le groupe a bien changé en cours de route; sa forme présente comprend le membre fondateur Martin Blackburn (guitare, voix), Yuki Berthiaume (voix, clavier), Guillaume Chiasson (guitare), Thomas Augustin (basse) et Benoit Poirier cité ci-haut à la batterie. On y suit Daniel, le personnage-thème de l’album de 2018, dans sa quête du succès et de l’ouest. L’album sera sur toutes les plateformes dès le 18 juin.

Et pourquoi donc Jesuslesfilles ? L’appellation provient d’une erreur de lecture rapide de Benoit Poirier qui, au lieu de lire le titre Je suis les filles, avait lu Jésus les filles. Ce qui mène PAN M 360 à poser d’autres questions à Benoit et Martin, au cœur de la formation québécoise. Tour d’horizon de leur carrière jusqu’à maintenant et de l’album à venir. 

PAN M 360 : Vous avez une cadence d’un album aux quatre ans. Là, pour L’heure idéale, on est trois ans après Daniel. La pandémie y est-elle pour quelque chose?

Benoit : Oui et non. La pandémie ne nous a pas affectés, comme on prévoyait entrer en période de composition et de production au printemps passé. On n’a perdu que deux spectacles à cause du confinement. À la suite de ces spectacles, on prévoyait de toute façon commencer à composer.


Martin : Ce que ça a donné, la pandémie, c’est une pause. Il y a une effervescence, il y a tellement de groupes qui sortent à Montréal, il y a une certaine pression qui vient avec tout ça, qu’elle soit utile ou pas. On aurait dit que tout le monde s’est arrêté, ça m’a donné l’impression que j’avais moins de pression. J’ai pu m’asseoir, faire l’album sans m’inquiéter d’arriver à temps avec du nouveau matériel. Ça m’a enlevé cette pression d’être prêt à temps, comme je ne savais pas quand la pandémie cesserait. On l’a fait rapidement, en été, et on a enregistré en automne.

Benoit : Les délais ont été très serrés, cela dit. Martin prévoyait commencer à composer au printemps-été 2020. Le studio a été booké à l’automne pour qu’on ait le temps de monter les chansons en groupe par la suite avant d’entrer en studio. Notre idée, c’était de lancer ça en automne 2021, mais notre nouveau label, Duprince, pouvait seulement le sortir au deuxième trimestre. Donc on a dû précipiter la postproduction, le mixage, le mastering. Le vinyle, c’est toujours un coup de dé à savoir si on va les avoir à temps. Il y a encore une fenêtre d’espoir pour les vinyles. On a eu le temps de tout faire, mais on ne s’est  jamais arrêtés, on est fatigué.


Martin : On était dans un marathon. Je parlais de pression tout à l’heure, mais ça a été dans le tapis depuis l’été passé car on avait des délais. Il fallait se dépêcher, avec la pandémie, des fois il y avait des couvre-feux, allait-on pouvoir utiliser les studios? Il y avait tout ça. Mais on a réussi.


Benoit : La promo est plus importante sur cet album-là que pour nos précédents. Ça aussi, ça nous a tenus encore plus occupés. On a eu des tournages de vidéoclips, alors qu’avant ça se faisait en vitesse en une journée. Présentement, on est dans le stretch de promo et d’entrevues, on en a plus que d’habitude. On ne s’est pas arrêtés.  Dans une semaine et demie, ça va être plus tranquille.

PAN M 360 : Pourquoi avez-vous décidé de faire plus de promo pour cet album-ci? 


Benoit : L’idée du triptyque, ça vient de toi Martin, non?


Martin : Oui, ça vient de moi. On voulait travailler avec Philippe Beauséjour pour un vidéoclip, on voulait demander des subventions pour ça. On s’est rencontrés, Philippe et moi, pour parler de l’album, et on s’est dit que ça serait le fun de faire quelque chose qui se continue, comme l’album est un peu une histoire sans en être une, on voulait profiter de ça pour faire de la promo, s’en servir pour poker les gens chaque mois pour se donner de l’attention et pour se rendre jusqu’au lancement. La promo est plus importante car le label s’en occupe, très impliqué. On n’avait pas vécu ça de cette manière auparavant, et on saute sur l’occasion. C’est le fun d’être vraiment épaulés par le label. On est embarqués dans l’aventure,  les médias également. Ça se fait tout seul.


Benoit : Duprince est une plus petite équipe et un plus petit label; avec moins d’artistes et de parutions par année,  plus de temps à mettre sur chaque projet. C’est pour ça qu’il y a plus de promo.


Martin : On a des  jeudis pétanque avec le label, c’est vraiment le fun. On a eu du fun tout au long, soit de la composition à l’introduction avec le label et les vidéoclips. Ça a été beaucoup de stress et de pression, mais fait dans le plaisir tout au long.

PAN M 360 : Tu sous-entendais, Martin, que l’album à venir a une histoire sans avoir une, pouvez-vous en parler un peu du nouvel album à venir?


Martin : It started like a joke, on parlait de L.A., la perception de la ville, les gens qui veulent y aller pour y réussir. Dans Jesuslesfilles, on est des niaiseux, on part souvent les chansons et les albums sur des blagues. Daniel, par exemple, ça a toujours été une blague. Il y a quatre Daniel maintenant. On a décidé que Daniel allait essayer de percer à L.A. C’est un peu pour souligner qu’on se moque de cela, tout en en faisant partie. Tous les groupes et les artistes ont de l’ambition et ont besoin de l’approbation. On a pris cette idée de L.A. sans que ça soit la ville en tant que telle, on a pensé à la ruée vers l’or aussi, qui est assez similaire en ce sens où les gens ont pris des risques pour aller vers un monde meilleur à l’ouest. C’est cette allégorie qui m’a nourrie. On se sert de Daniel comme véhicule pour les chansons vers l’ouest. Le chapeau par exemple, est pour représenter métaphoriquement son ambition de partir pour avoir du succès. On ne se lance pas dans le country! On rit de ça tout en en faisant partie. C’est ce qu’on voulait représenter avec l’album, sans que ça soit collé. Oui, Daniel va à L.A., il rencontre des gens sur la route, mais ce n’est pas un album-concept. Il y a des tableaux, qui, tous rassemblés ensemble, font l’album. L.A., c’est la première chanson que j’ai composée, c’est de là qu’est partie la blague, c’est là que j’ai voulu composer avec Laurence-Anne…


Benoit : Dont les initiales sont L.A., d’ailleurs.


Martin : On essaie toujours de garder un côté rigolo et un côté profond. J’aime ça quand les chansons font mal, quand ça va te chercher en dedans, mais avec une petite légèreté, sans se prendre trop au sérieux. 


Benoit : Il n’y a pas de trame narrative ni de chronologie, mais toutes les pièces se rattachent à ça, car le thème est très large. 


Martin : Il y a un petit clin d’œil. J’ai tendance à avoir des obsessions sur certaines chansons et certains concepts. Daniel, dans ma tête, allait vers l’ouest, peu importe de quoi il parle, même si ça parle à moitié de ça. On a essayé de construire autour de ça, et je crois qu’on a réussi.

PAN M 360 : Vous allez faire un lancement d’album un peu spécial, pouvez-vous nous en parler un peu?


Benoit : Je crois que c’est le label qui l’a proposé, et ça fait longtemps que ça a été proposé, les restrictions n’étaient pas les mêmes que maintenant, mais ça ne change pas grand-chose au nombre de personnes qu’on peut rentrer dans une salle. Quand les concerts en salle ont recommencé, Martin et moi n’étions pas stimulés par l’idée de faire ça dans une grande salle devant 100-150 personnes distanciées. Le label a proposé de faire des spectacles “mitraillettes”. L’idée, c’est de faire un marathon et de traîner les chansons et de présenter ça au plus de gens possible, tout en offrant l’occasion de venir chercher l’album le lendemain de la sortie. Tu as l’album et un petit spectacle de 30 minutes en même temps. 


Martin : On a vraiment hâte. Plus ça va, moins il y a de restriction : c’est possible qu’il y ait de l’alcool, que les gens soient debout… Au début, on voulait faire ça dans un stade de baseball, au parc Lafontaine. J’avais proposé ça en janvier en me disant qu’en juin il y aurait moins de restrictions et que ce serait prudent de faire ça en extérieur. On avait notre idée de base, tout était prêt et réservé, et finalement on a décidé de ne pas le faire à cause des restrictions. Le label est venu avec cette idée-là, et nous sommes de petits cascadeurs, on aime les stunts, ça va nous rappeler les spectacles à l’Esco, ceux qu’on vivait avant. Des spectacles de grandes salles, on aura d’autres occasions d’en faire, mais de petits spectacles comme ça, c’est une belle occasion d’être proche du public, de jouer pour douze personnes en même temps. J’ai écrit à Thierry Larose hier pour lui dire qu’on avait un set juste pour lui, on a un set pour le groupe Corridor qui vient nous voir. On sait que les gars de Corridor ont des chansons préférées. Il y a quelque chose de personnel, de proximité, qu’on a hâte de présenter. Il faut se coucher de bonne heure le jour d’avant, on a huit lancements à faire.


Benoit : Ça revient à 2 heures de spectacle. 

PAN M 360 : Où peut-on vous voir jouer, si on n’a pas pu mettre la main sur des billets pour vos lancements? 


Benoit : Oui, on a des spectacles annoncés, d’autres se confirmeront sous peu. On ne pensait pas se promener cette année, comme l’été 2020 a été reprogrammé pour 2021 et que tout a été repoussé, on ne pensait pas avoir de place pour jouer cette année, mais on a pas mal d’offres, d’autres viendront je crois. On prévoit reprendre l’idée du lancement extérieur en sorte de rentrée montréalaise à l’automne, possiblement.
Martin : On a le Festif! De Baie-Saint-Paul avec Corridor. Il y a aussi Rouyn-Noranda. On aimerait faire un gros spectacle à l’automne. On prévoyait tourner plus l’année prochaine, comme on ne croyait pas que ça rouvrirait cette année. 

PAN M 360 : Ça fait officiellement 13 ans que vous roulez votre bosse, comment s’est constitué le groupe à l’origine ? 


Martin : J’avais l’idée de créer un groupe et j’ai approché Benoit, qui est mon partenaire le plus loyal depuis 13 ans comme c’est le seul qui est encore dans le groupe, mais nous sommes encore amis avec les autres, pour différentes raisons, on a changé de membres. Je l’ai approché en lui disant que j’avais envie de faire un groupe un peu rock, grunge, folk un peu sur les bords. Je ne savais pas vers où m’en aller. Il a accepté, il s’est cassé une jambe ou la rate…


Benoit : C’était la rate.


Martin : Entre autres accidents à travers les années. C’est comme ça que ça a commencé. J’ai approché aussi un ami qui jouait de la basse, Pascal Savard. J’ai approché un autre gars de Chicoutimi que je connaissais un peu – car je viens de Chicoutimi –  qui venait d’arriver à Montréal exc. Cet excellent guitariste faisait des solos, moi je n’en fais jamais, donc je suis allé chercher quelqu’un de meilleur que moi (rires). Pour les autres instruments, j’essaie d’aller chercher des gens qui sont meilleurs que moi dans leurs instruments. Pour Azure, je cherchais une voix féminine, car je n’ai jamais trouvé que ma voix toute seule faisait l’affaire. J’ai toujours aimé l’effet Jean Leloup, qui utilise beaucoup deux tons de voix. J’ai toujours voulu avoir un double de voix, donc Azure a  embarqué. C’est comme ça qu’on a commencé, on a joué, répété et tout de suite on a composé des chansons.


Benoit : De plus, on avait tous des groupes avant ça. J’avais un groupe punk-rock, Martin avait eu des groupes de rock plus garage, il avait joué dans Les Vautours entre autres. Je pense que l’idée de base était d’aller ailleurs. La souche restait rock, mais on voulait s’éloigner des genres qu’on avait visités par nos autres expériences.

PAN M 360 : Parlant de style, comment décririez-vous votre genre musical, car j’ai l’impression que c’est un peu indescriptible…

Benoit : Moi aussi… C’est mon emploi dans la vie, je suis directeur musical à CISM, et j’ai de la difficulté à mettre des mots sur notre style. C’est pour ça qu’on dit rock.

Martin : Les influences sont tellement diverses, c’est difficile de donner une étiquette à Jesuslesfilles. Il y a toujours une trame de base, mais ça change à chaque album et ça va continuer de changer. Mes influences sont différentes sur chaque album.

Benoit : Ça change même à chaque pièce. On dit rock, je pense que le terme sur lequel on s’entend, car il est amusant parce qu’il est désuet, c’est rock alternatif.

Martin : Rock alternatif, on aime ça… ça ne veut rien dire.

PAN M 360 : Vous avez, depuis vos débuts, vécu des changements de personnel. Diriez-vous que ça a un impact sur votre son? 


Martin : Oui, à chaque fois! La batterie a toujours été assurée par Benoit. J’ai toujours été celui qui compose les chansons, du début à la fin, paroles et musique, sans entrer dans les détails, sans la deuxième guitare, les notes de basse et les passes de batterie. Au début, ce qui a fait la différence, c’est quand notre guitariste Mathieu est parti après le premier album Une belle table. Il voulait vivre autre chose comme il est plus jeune que nous. On a tout de suite fait entrer Philippe Hamelin, qui jouait dans un groupe shoegaze. On a toujours aimé ce qui était shoegaze, il est arrivé avec sa personnalité et ça a paru pour le 2e album, Le grain d’or. Ensuite, le bassiste est parti avant le 3e album, Guillaume, notre guitariste actuel, y jouait de la basse.


Benoit : Guillaume est arrivé pour le 2e album en fait. 


Martin : Il y a toujours un impact. Pour L’heure idéale, Guillaume est à la guitare, mais il était à la basse sur Daniel. Il a amené son style aussi. Ça accompagne toujours mes chansons et je trouve ça intéressant car je ne sais jamais exactement où ils vont amener les chansons. C’est à chaque fois une belle surprise, et je ne m’inquiète pas pour  la qualité des musiciens qui m’accompagnent. 

PAN M 360 : Chacun des membres semble avoir joué ou joue encore dans d’autres groupes, est-ce que ça rend le tout plus compliqué parfois, pour créer? 


Benoit : Dans un cas oui.


Martin : Pour créer, pas tant que ça à la base, car je crée pas mal tout seul au début. C’est surtout pour les pratiques. Les pratiques, c’est compliqué, comme Guillaume a trois groupes en tout, il ne vient pas tout le temps aux pratiques, mais il vient aux importantes. Ce n’est pas si pire que ça. Yuki est toujours disponible, Thomas a son groupe aussi, Penny Diving, mais ce n’est pas si prenant que ça. Ça a déjà été plus complexe, mais en ce moment, ça va assez bien à ce niveau-là.


Benoit : Yuki a aussi un autre groupe mais ce groupe n’est pas tant actif actuellement,  I.D.A.L.G., est en hiatus. Une partie des membres a un nouveau projet et travaille sur un album. Ils font du studio à temps perdu. Quand Yuki est arrivée dans notre groupe en 2016, il y avait de petits conflits d’horaire à l’occasion, mais ce n’était pas très fréquent. J’avais d’autres projets par le passé, mais c’est fini maintenant. 


Martin : Ça va quand même bien de ce côté-là. Quand Guillaume jouait de la basse sur Daniel, on avait un sub dans certains spectacles, qui était Thomas Augustin, qui est devenu le bassiste officiel quand Guillaume a pris la guitare. 

PAN M 360 : Est-ce que ça influence le style ou le son de votre musique? Les musiciens vont-ils chercher des éléments dans leurs autres expériences pour les ramener dans Jesuslesfilles?


Benoit : Au contraire, je dirais. Guillaume, par exemple, veut aller ailleurs à la guitare.


Martin : Il pousse d’autres de ses qualités dans Jesuslesfilles, il est capable de se séparer en plusieurs personnes dans chacun des groupes dans lesquels il joue. Tant mieux pour nous. 


Benoit : Bon Enfant, c’est son projet, c’est lui qui pilote ça avec Daphné Brissette. Avec Jesuslesfilles, il fait la guitare lead mais c’est plus de l’ornementation. Les structures de chanson sont faites quand il arrive, donc il freestyle pas mal, il freestyle un peu trop, on restructure ça. On peut lui dire de doubler tel bout plutôt que de faire un solo pendant trois minutes. Des choses comme ça…

PAN M 360 : Parlant de créer, comment composez-vous? Avez-vous un processus de création?


Martin : Le processus de création, normalement, c’est moi qui conceptualise quel genre de feeling, de mood je veux donner aux prochaines chansons. Je donne un coup. Ça dépend, chaque album est différent, mais pour L’heure idéale, à cause du confinement, j’ai vraiment tout fait seul les parties au local. J’ai donné un coup pendant l’été. Chaque semaine, j’allais souvent passer des journées là-bas. Le processus est comme ça : je commence quelque chose, je fais une bonne base, une chanson qui a un début et une fin approximative, puis quand j’en ai plusieurs, au moins trois ou quatre, je les présente au groupe. Les membres me donnent leur avis, ils travaillent chacun de leur côté pour amener quelque chose. Normalement ça fonctionne instantanément. 

Thomas est assez expérimenté, je n’ai besoin de rien lui montrer. C’est la même chose pour Guillaume. Il prend ma chanson et met sa vision dessus. C’est rare que je dise que ça ne fonctionne pas. J’essaie de m’entourer de personnes qui sont meilleures que moi dans ce qu’ils font, donc je leur fais confiance. Honnêtement, jusqu’à maintenant, dans Jesuslesfilles, même si on change beaucoup de musiciens, ça n’a jamais donné de coup assez gros pour que je me demande si j’arrête ou pas. Je me suis habitué, on dirait… je me fais dumper une fois par album ! (rires)

Là, je crois que c’est bon, on devrait faire un autre album toute cette belle gang ensemble. On se rejoint, on travaille au studio ensemble, on voit ce qui fonctionne moins, on améliore. Dans les pratiques aussi, on va regarder ce qui fonctionne ou pas. En pratique et en spectacle, c’est différent qu’en studio où on double les guitares. On doit donc voir comment faire ça en direct.

Il y a un ajout au groupe, cette année. Je suis un peu tanné de composer à la guitare, après Daniel, j’avais envie de jouer du clavier. Je me suis mis à composer au clavier, même si je ne suis pas bon au clavier. Je compose des mélodies, je n’ai pas besoin d’être un génie musical, tant que je suis capable de taper quatre ou cinq notes, c’est correct. J’ai commencé avec L.A., la première chanson de l’album. Mélissa Di Menna, qui jouait dans le groupe Méta Gruau et Jacquemort, est avec nous pour les spectacles maintenant. On a donc Yuki et Mélissa qui font du clavier maintenant, le groupe a grossi d’une personne pour donner un meilleur spectacle et  pour fournir  les éléments qui pourraient manquer en spectacle.


Benoit : On a commencé à intégrer plus de collaborations sur cet album. On avait initié ça avec Daniel, il y avait une pièce de saxophone faite par Christophe Lamarche-Ledoux qui joue dans Chocolat. Il y avait Thomas Augustin qui nous aidait aussi, on a fait une partie des enregistrements chez lui. Il avait commencé à faire des pièces de synthés sur Daniel, mais il n’était pas encore dans le groupe. Pour L.A. dans L’heure idéale, c’est une collaboration avec Laurence-Anne que Martin a initiée. Ils ont fait la pièce ensemble à 100%. Notre réalisateur, Emmanuel Éthier, a fait une pièce et  la violoncelliste Catherine Desaulniers, avec qui Thomas Augustin a collaboré à l’époque de Malajube, l’a jouée.


Martin : J’ai toujours trouvé ça important, la collaboration. S’ouvrir aux autres groupes et les écouter, ne pas que s’écouter. On s’est toujours promis, Laurence-Anne et moi, quand on se voyait dans les bars et qu’on était un peu chauds, qu’on allait faire une collaboration. Je n’aime pas être chaud et ne pas faire ce que j’ai dit quand j’étais chaud, donc c’est arrivé. J’ai sorti quelques riffs, je l’ai amenée au local pendant une journée. Il y avait une bonne base de composition, on l’a terminée ensemble et j’ai beaucoup aimé le résultat. Laurence-Anne est dans le vidéoclip de L.A. qui va sortir à l’automne.

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