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Adrian Quesada, guitariste et producteur basé à Austin, la ville la plus musicale du Texas, n’est pas très connu sur nos territoires. Chez lui, il est reconnu comme un musicien qui à réinventé la musique latine du Texas, également appelé Tejas, quand ce territoire appartenait au Mexique.
« Je suis binational, j’ai des parents mexicains mais j’ai grandi du coté américain de la frontière. Je suis biculturel et même multiculturel, ça définit en grande partie mon son », me raconte Adrian Quesada en entrevue.
Ce 27 juin, Quesada offrait un concert instrumental avec son Trio Asesino, une nouvelle formation créée par le guitariste, qui vient de faire paraître un album. Le quatuor, virtuellement inconnu, s’est retrouvé devant une foule impressionnante…qui se présentait pour entendre Angine de Poitrine deux heures et demie plus tard!
C’est la deuxième visite au FIJM pour Adrian Quesada. La première fois, c’était avec le groupe mythique de Austin, Grupo Fantasma, qui est né au début des années 2000. Qui a joué à l’occasion avec Prince.
« C’est un groupe qui a mis à jour la musique latine aux Etats-Unis », raconte Quesada. « Nous étions dix, influencés par la cumbia, la salsa, l’Afrique et le rock. Il y avait beaucoup d’improvisations, un peu comme dans le jazz » Pour moi, ce furent des années très formatrices » .
Grupo Fantasma existe toujours, mais Adrian Quesada s’en est séparé depuis plus d’une décennie. Il a remporté la Grammy de 2011 pour le meilleur album de rock latin.
De retour sur la scène TD, Quesada et son trio « d’assassins » berce la foule dans de longues plages instrumentales, lors desquelles l’organiste noir au chapeau de cowboy s’éclate abondamment dans des solos. Se dégage un son cinématographique, qui fait planer, avec des inflexions à la fois latines, jazz et rock. Ce n’est pas le rock microtonal de Angine de Poitrine, mais le public tape du pied.
Une autre incarnation musicale de Adrian Quesada s’appelle Black Pumas. Un duo plutôt soul, qui chante en anglais, avec le chanteur Eric Burton (ne pas confondre avec le Britannique Eric Burdon).
« J’ai toujours eu envie de faire de la musique soul; j’avais fait quelques pièces instrumentales et quelqu’un m’a présenté Eric Burton et il a apporté ses chansons et c’est parti pour deux albums », dit Quesada en entrevue. Le succès du groupe a étonné Quesada. Après deux albums, réalisés en 2021 et 2023, le groupe est mis sur pause.
Car Adrian Quesada multiplie les projets différents. Ainsi, Boléros Psicodélicos, est né et a donné deux disques, en 2022 et 2025.
« Au départ, je voulais faire un hommage aux groupes mexicains des années 60 et 70, qui ont commencé à mélanger les influences latines avec le rock et la surf music de Californie. Puis j’ai ajouté des compositions et j’ai fait appel à des chanteurs des États-Unis autant que d’Amérique latine », nous énonce le guitariste en entrevue. Il ajoute que ce projet a été conçu à l’époque de la Covid-19. J’adore ces deux albums.
Psychédélique ou Psicodélico en espagnol, est un terme qui revient souvent pour décrire la musique du Texan. C’est une sorte de fil conducteur, mais ce psychédélisme est toujours remis à jour avec des influences plus contemporaines.
Pour parler de son récent projet, qu’il nous a présenté sur scène, samedi,
Il nous dit: « j’avais envie d’un projet plus intime de musique instrumentale, cinématique. J’écoutais des trios de jazz et je voulais un peu reproduire cette atmosphère ».
La Scène TD, qui attendait Angine De Poitrine, n’était peut-être pas le lieu idéal pour créer une écoute attentive. Ne reste pas moins que, dans l’espace réservé aux médias, ce groupe a provoqué une curiosité. À voir pour la suite.
Adrian Quesada n’a pas fini de nous étonner: son prochain album sera issu d’une résidence au studio londonien Abbey Road. « il sera largement consacré au hip-hop, une de mes passions depuis l’adolescence », avoue-t-il. Pourquoi pas?
Je ne vous ai pas tout dit. Explorez l’univers d’Adrian Quesada et vous allez trouver d’autres pépites.
J’avais une autre question avant de le quitter: qu’arrive-t-il avec la scène musicale de Austin? Cette ville historiquement connue pour sa diversité musicale est en croissance fulgurante en raison des nombreuses entreprises de haute technologie, qui transforme la région en profondeur.
« La scène musicale est encore très vivante; la problème est bien sûr la hausse astronomique des loyers. Mais les gens, y compris les nouveaux arrivants, continuent de soutenir la musique. Et la communauté musicale s’entraide ».
Tant mieux. Bon courage pour la suite avec la présidence de ce monsieur qui ne mérite même pas qu’on le nomme.
Photo Benoît Rousseau




















