L’honneur de voir Elisapie se produire à Châteauguay

par Gigi Brown

Elisapie a foulé la scène du Pavillon de l’Île de Châteauguay la semaine dernière, et la salle intime était remplie de fans excités à l’idée de la voir dans le cadre de sa tournée Inuktitut, en lien avec son album du même nom, sorti en septembre 2023. La collection de reprises d’artistes tels que Queen, Blondie et Metallica en inuktitut, la langue maternelle d’Elisapie, a été l’un des meilleurs albums parus l’année dernière et lui a valu le prix GAMIQ 2023 de l’artiste de l’année. En la voyant se produire sur scène, on comprend pourquoi elle méritait un tel honneur. Elisapie a commencé le spectacle sur une note forte, apparaissant sur scène derrière un mur de lumière rose et chantant « Uummati Attanarsimat (Heart of Glass) », le premier single de l’album. C’était parfait : sa voix, mêlée à la magie des lumières roses, a émerveillé la salle. Il était clair dès le départ que ce spectacle allait être spécial et il l’a été sans aucun doute.

Le spectacle a semblé passer très vite, mais tout au long du spectacle, le public a vraiment appris à connaître Elisapie. La chanteuse a été brutalement honnête et ouverte avec le public, expliquant les histoires qui se cachent derrière ses albums. De « Una », la chanson qu’elle a écrite pour sa mère biologique, à la reprise de « Dreams » de Fleetwood Mac en l’honneur de son frère décédé, en passant par « I Want to Break Free » de Queen, dédiée à sa cousine qui aimait danser. C’était spécial et beau et cela a fait pleurer quelques-uns d’entre nous. Entendre les histoires derrière l’inuktitut a transformé ce disque plein de merveilleuses reprises en une collection de chansons qui avaient une signification bien plus profonde pour Elisapie.

Le spectacle n’était pas seulement spécial d’un point de vue musical. D’un point de vue technique, le spectacle était assez simple. Il n’y avait pas de pyrotechnie folle, et à part une radio lumineuse, il n’y avait pas d’accessoires, mais l’éclairage a magistralement guidé le public à travers les chansons et a permis de garder l’attention sur Elisapie. Les lumières s’accordaient parfaitement avec la chanson qu’elle chantait et montraient visuellement la gamme de sa musique. Parfois, les lumières étaient clignotantes et amusantes, donnant à la salle une ambiance de club de danse, d’autres fois, la scène était baignée de lumière, la couleur dépendant de l’ambiance générale des chansons.

Personnellement, mon choix d’éclairage préféré a été le projecteur unique, qui projette sur la chanteuse une lueur presque éthérée. Les séquences d’éclairage à la fois dramatiques et chaleureuses ont été remarquées plusieurs fois au cours du spectacle, souvent pendant qu’elle racontait ses histoires. Cependant, le moment le plus mémorable de « simple éclairage » s’est produit pendant l’interprétation par Elisapie de « Moi, Elsie », une chanson écrite par Richard Desjardins et composée par Pierre Lapointe pour le premier album d’Elisapie, There Will Be Stars, sorti en 2009. Les paroles racontent l’histoire d’une femme inuite amoureuse d’un entrepreneur blanc qui doit bientôt rentrer chez lui.

Elisapie est le type d’artiste qui exige votre attention. Quoi qu’elle fasse, qu’elle danse ou qu’elle nous raconte ses histoires, tous les regards sont braqués sur elle. Mais l’ombre qu’elle projette sur le mur derrière elle donne l’impression que la chanteuse est plus grande que nature. Les mots qu’elle prononçait étaient importants et on le savait, mais ce n’était pas intimidant. Que ce soit la chaleur de l’éclairage ou la douceur de sa voix, on se sentait en sécurité, comme si nous étions tous assis autour d’un feu de camp et que nous l’écoutions raconter des histoires.

Elisapie et l’autrice, Gigi Brown

Elisapie a une voix et une présence sur scène dont nous, Canadiens, devrions être fiers, et ce fut un honneur de la voir se produire.

La tournée Inuktitut se poursuit jusqu’au 30 novembre 2024, avec des spectacles dans tout le Québec et quelques représentations en Europe.

Elisapie se produira également dans le cadre du Festival International de Jazz de Montréal au Théâtre Maisonneuve le 30 juin 2024.

Photo d’introduction fournie par Bonsound

Crédit: Leeor Wild

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