À n’en point douter, Amirtha Kidambi est une chanteuse aguerrie et une authentique leader. Sa prestation de jeudi au FIMAV nous l’a confirmé, quoique… Sa voix de contralto fesse dans l’dash, se fond simultanément dans un maëlstrom contrôlé d’harmonium (vu la culture carnatique d’Amirtha, dont les parents sont tamouls, originaires de l’Inde méridionale), synthétiseurs et effets (le groupe au complet), saxophones (Alfredo Colon, soprano, Matt Nelson, ténor), contrebasse (Lester St.Louis) et batterie (Jazon Nazary).
Les ingrédients de cette musique sous la bannière Elder Ones, principal véhicule de Kidambi, constituent un mélange typique du jazz d’avant-garde, singularisé par l’usage du bourdon de l’harmonium comme on l’observe souvent dans la musique classique indienne, bourdon imbriqué dans le groove collectif.
Les ingrédients de la lasagne sont tous savoureux, chaque artiste ici concourt à une œuvre improvisée : la voix n’est pas que chantée, elle est aussi fournie d’onomatopées et de vraies trouvailles texturales, telle est aussi la démarche des collègues de la chanteuse. Ainsi on construit pour chaque pièce un groove sur un patron rythmique relativement linéaire, assortie de thèmes mélodiques et d’explorations typiques du free-jazz pour chacun des instrumentistes.
L’énergie est contagieuse, mais la proposition devient un tantinet linéaire une fois qu’on en a identifié les tenants et aboutissants.
Cette énergie aurait été plus contagieuse si la chanteuse américaine, authentique militante de gauche dont l’art est intimement lié à son engagement politique, ne nous avait pas servi d’aussi longs discours politiques sur des enjeux qui faisaient déjà consensus dans la salle. Non pas qu’il faille réprouver cette posture anti-colonialiste, anti-suprémaciste, ainsi-ICE, anti-ultrariches, anti-Trump et plus encore, mais un tel concert n’a pas besoin d’aussi longues diatribes pour que passe le message. Malheureusement, c’était visiblement too much pour plusieurs festivaliers parce que ça freinait l’élan musical de cette rencontre avec le public. Mais bon, on ne peut conclure à un mauvais concert pour autant, vu la qualité des protagonistes et la justesse du propos.
Crédit photo: Martin Morissette























