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Reconnue par bon nombre des meilleurs orchestres, salles de concert et festivals du monde pour l’aplomb et la maturité de son art, la violoniste allemande Veronika Eberle se produira au Festival de Lanaudière le 26 juillet lors d’un concert avec l’Orchestre Métropolitain, sous la direction de Yannick Nézet-Séguin. Au cours de ce concert, deux visions différentes de cette époque musicale s’affronteront, notamment avec la Symphonie no 5 de Tchaïkovski et le Concerto pour violon en ré majeur de Beethoven, œuvre que Veronika Eberle interprétera sur la scène de l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay. Alexandre Villemaire, collaborateur de PAN M 360, a eu l’occasion de s’entretenir avec Veronika Eberle au sujet de cette œuvre emblématique avant sa prestation.
PAN M 360 : Bon retour parmi nous, Veronika! C’est votre deuxième passage au Québec pour le Festival de Lanaudière, n’est-ce pas?
Veronika Eberle : Tout à fait, oui. J’y étais l’année dernière, et je suis très heureuse d’y être de nouveau cette année.
PAN M 360 : Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur l’histoire de ce concerto de Beethoven? Comment est-il structuré musicalement, et pourquoi est-il considéré comme une œuvre emblématique et incontournable pour les violonistes?
Veronika Eberle : Comme vous le dites, c’est une œuvre emblématique. Pour nous, violonistes, c’est sans doute le mont Olympe des concertos pour violon. Il y a dans cette œuvre une beauté brute et une simplicité pure qui me surprennent à chaque fois. Ce qu’il a écrit est tout simplement étonnant. C’est vraiment fascinant de voir qu’il s’abstient ici de ce côté tumultueux et rebelle qu’il insuffle à ses symphonies, mais qu’il crée un monde avec très, peu de moyens et construit, à partir de ces quelques éléments, le plus vaste univers sonore qui soit.
Cela s’apparente aussi beaucoup à de la musique de chambre. Les lignes de l’orchestre et du violon sont étroitement entrelacées. Le violon accompagne même souvent l’orchestre, tout en conservant une structure rigoureuse, à laquelle l’orchestre lui confère beaucoup de puissance. Le violon prend également une certaine liberté et s’envole. Le registre qu’il utilise est très aigu, comme s’il s’élevait vers d’autres univers et d’autres sommets.
Il y a aussi, par exemple, un passage dans le deuxième mouvement où il écrit perdendosi, une expression qu’il n’utilise nulle part ailleurs. Tout dans ce passage s’estompe en quelque sorte, se dissout dans le silence. Je trouve cela si beau. C’est ici que l’on peut commencer à écouter et à découvrir tout ce que le silence nous dit, en réalité. Je suis particulièrement heureuse de présenter cette œuvre à Lanaudière, car cet endroit est situé au cœur d’une nature magnifique. C’est tellement idyllique, à l’image des scènes pastorales que Beethoven décrit souvent dans ses œuvres. Finalement, dans le dernier mouvement, après la cadence, on est véritablement transporté dans cet univers de calme, de paix, de tranquillité et de danse. Je pense donc que ce sera un moment tout à fait exceptionnel.
PAN M 360 : Quelle est votre relation avec ce concerto?
Veronika Eberle : J’ai commencé à l’étudier un peu avant mes 16 ans, car c’est à cet âge que je l’ai joué pour la première fois. Il m’a fallu un an pour vraiment m’y plonger, l’apprendre et découvrir cet univers d’une beauté brute.
Je l’ai ensuite interprété assez souvent pendant mon adolescence avec des orchestres et des chefs d’orchestre de renom. Cela a vraiment marqué un tournant dans ma carrière de musicienne. J’ai ensuite fait une pause assez longue avant de la rejouer, et m’y suis remise juste avant la pandémie de Covid.
Je crois que plus je vieillis, plus je comprends cet univers que Beethoven crée, avec toute sa simplicité.
PAN M 360 : On associe souvent Beethoven à l’époque romantique alors qu’en réalité, la majeure partie de son œuvre trouve ses racines dans la période classique. Existe-t-il une façon « correcte » d’interpréter cette œuvre, ou une approche plus historiquement informée pour la jouer? Où trouvez-vous l’équilibre dans votre interprétation?
Veronika Eberle : Je pense qu’à notre époque, nous sommes tous, d’une certaine manière, au courant de tout. Nous connaissons l’approche historique de l’interprétation, et nous connaissons l’approche romantique. Nous avons traversé tant d’univers différents avec ce répertoire, en particulier. Je pense qu’au final, ce qui compte, c’est votre propre vision de l’œuvre, votre propre lien avec la musique et la façon dont vous racontez cette histoire au public. Et c’est ce que j’essaie de faire.
C’est comme si je m’immergeais véritablement dans cet univers musical avec tout ce que je sais, tout ce que j’ai étudié, tout ce que j’ai retenu en écoutant et en expérimentant sur des cordes en boyau et sur tout le reste, et que je rassemblais tout cela pour découvrir l’histoire que je perçois derrière chaque note.
PAN M 360 : En quoi le langage musical de Beethoven diffère-t-il de celui présent dans la musique de Tchaïkovski?
Veronika Eberle : Si l’on considère le concerto de Tchaïkovski par exemple, il est très virtuose; il utilise des doigtés rapides et des explosions de jeu au violon. Chez Beethoven, en revanche, on revient à la pureté absolue. Il ne s’agit pas que du jeu violonistique; il ne s’agit pas de se mettre en valeur ou de montrer à quel point on peut jouer avec virtuosité. Cela nous ramène à l’essence même de la musique.
PAN M 360 : Ce ne sera pas la première fois que vous vous produirez avec Yannick, n’est-ce pas?
Veronika Eberle : Non, ce n’est pas la première fois, et j’ai vraiment, vraiment hâte de jouer de nouveau avec lui. Je l’admire et j’adore travailler avec lui, surtout sur ces œuvres qui, encore une fois, s’apparentent tant à de la musique de chambre.
C’est tout simplement le partenaire idéal, et j’ai hâte de monter sur scène avec lui pour donner vie à cette musique, en particulier avec son Orchestre Métropolitain. J’ai vraiment, vraiment hâte d’y être!























