Entre spa nordique et conception sonore de vaisseau spatial des années 1970, la Casa, avec ses échos, est devenue un navire pris dans une distorsion spatio-temporelle à la vitesse des jours qui raccourcissent. Des mouvements lents, presque imperceptibles, ont transformé deux heures en un clin d’œil, nous entraînant dans les ambiances profondes de Ben Grossman et Micheal Mucci, connus ensemble sous le nom de Snake Church.
Façonné par une vielle à roue et un instrument à cordes frottées traité par des synthétiseurs modulaires, leur son évoquait une atmosphère nostalgique et cathartique qui rappelait A Feast Before the Drought de Puce Marie : des gémissements aigus comme la sirène d’un navire traversant l’Atlantique et de longues textures boueuses et inharmoniques dans les médiums.
Bien que le contenu mélodique soit resté globalement statique, la résonance modulée des cordes à travers des textures lisses et granulées faisait écho à l’esprit de l’Opus 17 d’Éliane Radigue, qui a inspiré cette série de concerts. À l’instar des dernières œuvres de Radigue, leur musique est en perpétuelle transformation, liant le passé et l’avenir dans un état intermédiaire palpitant de vie.
À mi-chemin de ce voyage, ils sont passés à une nouvelle tonalité par incréments d’un quart de ton. Les sirènes se sont dissoutes en nuages éthérés, dispersés comme des taches de soleil. Le navire a accosté dans un autre monde verdoyant, et les moteurs graves se sont tus, laissant tout en suspension. Alors que la longue fin permettait à la poussière de retomber, le silence est revenu, non plus timide ou inquiétant, mais accueillant. Des applaudissements mêlés à des sifflements de serpents et des rires ont retenti lorsque les lumières se sont rallumées et que les habitués du Mardi Spaghetti se sont rassemblés pour discuter. Pour le premier concert de cette nouvelle série Opus 17, la fréquentation a été forte et l’anticipation est grande quant à ce que les organisateurs présenteront ensuite.























