De Zigaz à Charlie Juste

Entrevue réalisée par Arielle Desgroseillers-Taillon
Genres et styles : indie pop

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Autrefois connue sous le pseudo ZIGAZ, Charlie Gagnon adopte aujourd’hui une nouvelle identité artistique avec son projet Charlie Juste. Notre collaboratrice Arielle Taillon-Desgroseillers a pris le temps de discuter avec elle afin d’en apprendre davantage sur Aquamarine, sa toute nouvelle chanson qui paraît le 15 avril.

PAN M 360 : Tu as commencé ta carrière sous le nom de ZIGAZ. Qu’est-ce qui t’a motivée à adopter le nom de Charlie Juste ? Qu’est-ce que ce changement représente pour toi ?

Charlie Juste : Ce qui m’a motivé à changer de nom, c’est vraiment mes études en musique des deux dernières qui m’ont permis de prendre un step back entre mon dernier EP avec ZIGAZ, Némésis, puis mes prochains projets. J’ai pris une pause parce que déjà, c’était beaucoup, c’était une charge de travail énorme, mais aussi parce que j’en avais besoin. Je me posais plusieurs questions sur mon identité artistique. ZIGAZ,  c’est un choix que j’ai fait jeune, impulsivement, puis j’ai pas pris le temps de m’asseoir et de me demander qu’est-ce que j’ai envie de projeter. Je voulais un nom qui était proche de moi, je voulais quelque chose qui me représentait parce que justement, c’est ce que j’ai décortiqué: je ne veux pas jouer de la musique ou faire de la musique sous le nom d’un personnage. Ma musique est tellement proche de ma vie, de ce que je pense, de ce que je ressens et j’ai pas envie de rentrer dans un rôle, ce que je pense que ZIGAZ m’obligeait à faire dans un certain sens. C’était juste une nécessité d’être complètement moi, authentique et vulnérable à qui  je suis vraiment. 

PAN M 360 : Qu’est-ce qui t’a inspirée pour écrire Aquamarine ?

Charlie Juste : C’est premièrement un défi que je me suis lancé d’aller chercher des sujets qui n’étaient pas sous le thème de l’amour, mais plutôt à propos de moi, de mes blessures, de mon passé. Deuxièmement, c’est mon petit frère. J’ai beaucoup pensé à lui en écrivant cette chanson-là. Je me suis rappelée certaines blessures que moi j’ai vécues et à quel point  je ferais tout pour que ça ne se répète pas chez lui. C’est également une conversation avec tous les gens qui sont très près de moi, mais aussi avec moi-même. J’ai voulu guérir l’enfant qui vit en moi. Aussi, dans la nécessité d’être pleinement moi-même, je pense que c’était important que cette chanson parte de la base et je pense que Aquamarine, c’est ça. 

PAN M 360 : Peux-tu nous raconter comment s’est passée la création d’Aquamarine ?

Charlie Juste : La création d’Aquamarine s’est faite dans la petite chambre de mon meilleur ami d’enfance, Shawn De Leemans. C’est lui qui a fait toute l’orchestration de cette chanson. Ça s’est créé ensemble, j’avais des idées, je voulais incorporer un peu plus le parler, la poésie dans mes chansons et le développement est tellement venu à nous organiquement. Honnêtement, on avait la maquette en une soirée, mais après ça le développement a pris presque deux ans parce qu’on avait une idée assez précise en tête et on voulait vraiment s’y rendre. Aussi, considérant qu’on est indépendant, on n’a pas nécessairement les mêmes ressources que d’autres artistes, ça nous a donc pris plus de temps, mais on a réussi et on est vraiment content d’avoir réalisé Aquamarine comme on l’avait entendu dans nos têtes. 

PAN M 360 : As-tu une routine ou des rituels quand tu écris ? 

Charlie Juste : La seule routine/rituel que j’ai quand j’écris, c’est que j’ai besoin d’être dans un safe space avec des gens que j’aime, c’est tout. C’est dans ces moments-là que je ressens la liberté de pouvoir essayer et tester ce que je veux. 

PAN M 360 : Est-ce que la sortie d’Aquamarine annonce un projet plus large, comme un album ou un EP ?

Charlie Juste : Oui ça annonce un projet plus large, un EP qui s’appelle Velours et acide. Toutes les maquettes sont là, il s’agit juste de travailler là-dessus cet été, de le peaufiner. C’est ma principale mission de l’été !

PAN M 360 : Quelles sont tes influences en ce moment ? Y a-t-il des chansons ou des artistes qui t’ont particulièrement marqué pendant la création d’Aquamarine ?

Charlie Juste : Il y a une partie de moi qui aime dire que ma musique est influencée par la musique que ma mère écoutait. Quand j’étais petite, ma mère faisait le ménage le dimanche en écoutant des CD de musique québécoise et je pense qu’il y a beaucoup de ma musique qui fait référence à ça. La musique québécoise a tellement grandi à l’intérieur de moi et c’est quelque chose avec lequel j’ai full reconnecté dans les dernières années. En général, Charlie Juste et Aquamarine sont beaucoup influencés par Les Colocs, Offenbach, Vulgaire Machins, Fred Fortin, Jean Leloup, Luce Dufault et même Nanette Workman. 

PAN M 360 : Plusieurs artistes québécois.es francophones font le choix de chanter en anglais pour rejoindre un plus grand public. Pourquoi as-tu décidé de faire de la musique en français ?

Charlie Juste : Je pense que je ne pouvais pas faire autrement, parce que la langue française c’est ma langue maternelle, elle est tellement chargée pour moi. Chargée d’inspiration, de souvenir, de références et c’est ce que je veux qui transparaisse dans ma musique, même au détriment de perdre un public anglophone. 

PAN M 360 : Comment navigues-tu la scène musicale québécoise ? As-tu l’impression d’y trouver ta place, ou de devoir encore la construire ?

Charlie Juste : J’ai définitivement l’impression de devoir encore construire ma place dans la scène québécoise, mais Charlie Juste c’est un commencement, c’est une nouvelle proposition qui est vraiment ancrée et réfléchie. Je pense que ma musique va avoir une place dans la scène musicale québécoise. On dirait que je suis à un endroit dans ma vie où tout est plus aligné, tout est plus clair dans ma tête, s’agit juste de prendre le temps et de me la faire cette place-là. 

PAN M 360 : Quels sont tes projets pour 2025 ? Charlie Juste : Terminer mon EP, créer encore plus de musique et continuer à écouter ma petite voix. Me faire confiance. C’est souvent mon intuition qui m’amène à créer des choses qui me ressemblent vraiment.

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