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Kaitlyn Aurelia Smith

The Mosaic of Transformation

· par Alain Brunet

Jardin luxuriant, ce nouvel opus de la très douée Kaitlyn Aurelia Smith est une ode à l’électricité, sans laquelle rien de ce qu’elle a ici conçu ne serait possible… bien évidemment. Détrompez-vous, il y a moyen d’éviter la candeur et l’ingénuité ou, a contrario, l’académisme austère lorsqu’on s’attaque à un tel sujet, en voici l’étonnante démonstration. En toute grâce, la compositrice et interprète américaine déploie son hommage à l’énergie électrique sur huit pièces courtes conçues dans son laboratoire, le tout coiffé par une neuvième de dix minutes et 36 secondes qui pourrait fort bien être jouée par un orchestre de chambre ou même un orchestre symphonique. Encore rares sont les compositeurs capables de lier musiques modernes ou contemporaines de tradition classique, approche électroacoustique conceptuelle, indie pop et musiques traditionnelles asiatiques. La cohabitation des éléments consonants et dissonants, tonaux et atonaux est fort bien dosée dans chacune de ces œuvres, particulièrement la dernière au programme. Cette bonne entente des instruments et des genres est d’autant plus remarquable du côté de l’orchestration : les multiples échantillons de cordes, de bois, de cuivres, de percussions ou de sons singulièrement traités, les synthétiseurs analogiques et le chant choral se fondent dans un foisonnement textural absolument unique.

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