Pays : Canada Label : Indépendant Genres et styles : indie folk / lo-fi Année : 2025

Mac DeMarco – Guitar

· par Sami Rixhon

L’enfant terrible de l’indie Mac DeMarco nous est revenu cet été avec son premier album en bonne et due forme depuis 2019, après un projet instrumental datant de 2023 et la titanesque (en nombre de pistes) compilation One Wayne G, totalisant neuf heures de maquettes, parue quelques mois plus tard.

Guitar, sa nouvelle offrande, se veut particulièrement simple et directe (comme son nom le suggère, lui aussi particulièrement simple et direct) : 31 minutes totalisent le projet en 12 pistes ultra-homogènes, le tout porté par une orchestration plus épurée que jamais et des textes mélancoliques et honnêtes, peut-être les meilleurs de sa carrière.

La première chose qui nous vient en tête en s’attaquant au premier morceau de Guitar : ça vient du cœur. C’est un peu mou, certes, les chansons se fondent entre elles plus l’album avance, mais l’intention derrière est terriblement authentique. Dans un monde où cet immondice et désespérant concept des Velvet Sundown attire des centaines de milliers des auditeurs les plus écervelés du globe, on se dit, en écoutant Guitar, qu’il reste encore de l’espoir par rapport à ces artistes qui ne surproduisent pas vainement leur musique, ces artistes qui préfèrent à la place se mettre à nu et présenter la version la plus vraie d’eux-mêmes.

Certains vous diront que le projet est paresseux, moi, je vous dirais plutôt qu’il est doux et sincère.

DeMarco s’essaie à de nombreuses reprises à la voix de fausset (contre-ténor) dans l’album, on l’entend dès la première note du premier morceau, Shining. Si on se permet de noter une nouvelle expérimentation de l’artiste, c’est bien cette technique de chant maintenant bien assumée.

Le Britanno-Colombien semble également avoir beaucoup écouté les chansons plus pop des Beatles ces dernières années, alors qu’on perçoit beaucoup l’influence du très influent Paul McCartney dans plusieurs suites d’accords et des mélodies de Guitar. Après, à vrai dire, les artistes qui ne se sont pas inspirés des Fab Four depuis les 60 dernières années sont plus rares que les musiciens s’en étant inspirés.

Coups de cœur personnels pour Phantom et Sweeter, qui m’intriguent quant à leurs versions sur scène, avec le reste du band de DeMarco, qu’il présentera peut-être pendant sa tournée mondiale débutée il y a quelques semaines à peine.

On sait pourtant pertinemment que Mac DeMarco peut faire mieux, Salad Days, mais surtout This Old Dog, son opus incontournable d’après moi, nous le rappellent quand on s’y attèle à nouveau.

Mais Guitar reste tout de même un bon retour sur piste pour le Canadien, un très agréable projet qui s’écoute on ne peut mieux sur son enceinte en sirotant sa bière de micro un samedi soir au parc Lafontaine, alors que la température de cette fin d’été nous le permet encore.

Tous les albums de DeMarco sont faits pour être écoutés dans ce cadre particulier, en fait, l’indie révèle une certaine magie dans les parcs montréalais.

Insatisfait de Hear The Music, un album sur lequel il travaillait juste après One Way G, Mac DeMarco a complètement recommencé le travail à zéro avec cette nouvelle parution, Guitar, écrite et enregistrée en 12 jours seulement.
Tiens, ça nous rappelle le comportement d’un certain Neil Young, qui ressort seulement maintenant des tablettes poussiéreuses ses « albums perdus » des années 70, ces albums qu’il avait aussi jeté, à l’époque, pour un rien, comme Oceanside Countryside ou son sublime et touchant Homegrown.

Pour les fans de DeMarco, on espère que l’artiste indie ne suivra pas ces pratiques douteuses de l’immense Young, son compatriote.

De la musique gaspillée, c’est toujours dommage, qu’importe l’artiste.

En fait non, à quelques exceptions près. Benson Boone, tu aurais pu garder ton American Heart pour toi, on ne t’en aurait pas voulu.

Vraiment.

Tout le contenu 360

Jazz@vue à l’Outremont, nouvelle série consacrée au jazz local et/ou émergent

Jazz@vue à l’Outremont, nouvelle série consacrée au jazz local et/ou émergent

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Sous le charme magique de La Flûte enchantée

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Opér’actuel devient un festival biennal : on en parle avec la directrice artistique Marie-Annick Béliveau

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

Paul Marleyn; Stéphane Lemelin – Tendresse et tragédie

TransQueb – Maelstrom

TransQueb – Maelstrom

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Elinor Frey ; Accademia de’ dissonanti – CPE Bach : Cello Concertos

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

Les quatre saisons du Québec : Entretien avec François Dompierre

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

GA, la Série de shows | Tempête solaire… ça chauffe !

Towo – Vision

Towo – Vision

Francisca Valenzuela – Maldita

Francisca Valenzuela – Maldita

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Nüshu à la Sala Rossa, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Calamine au Ministère, vers le GAMIQ

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Rentrée des ensembles Caprice et ArtChoral: La Flûte enchantée à la Maison symphonique

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Colin Stetson : réinventer les paysages trad avec Brìghde Chaimbeul

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Brìghde Chaimbeul et Colin Stetson – All the light in the world

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Souk du Sud 2026 | Une mosaïque musicale haute en couleur

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

GA, la Série de shows | Dogo Suicide à L’Esco… vers le GAMIQ

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I Party à l’éther avec Worry

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

FME 2026 I The Sadies et le cheval qu’ils nous ont fait monter

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné