Pays : Québec Canada Label : Effendi Genres et styles : jazz contemporain Année : 2023

François Bourassa Quartet – Swirl : Live at Piccolo

· par Frédéric Cardin

On dirait Webern qui swingue

La première réflexion que me soit venue en écoutant la première plage (Pooloop) de Swirl, le plus récent album du pianiste François Bourassa, c’est ‘’on dirait Webern qui swingue’’. Enregistré live en format quartette au studio Piccolo de Montréal, Swirl lance son premier tour de piste, effectivement, en dessinant un panorama où picorements atonaux exécutent une danse déhanchée sur un fond rythmique à mi-chemin entre la pulsation et le chaos organisé. C’est sublime de légèreté et d’intelligence. Bourassa réalise ici un accomplissement peu commun : rendre l’héritage de la Seconde école de Vienne souriant. Si bien d’autres se sont attelés à marier les deux univers (pensons à Carla Bley, Cecil Taylor, etc.), rares sont ceux et celles qui en on fait une réussite aussi attrayante et sympathique.

Bien sûr, Bourassa ne le fait pas tout seul : ses compagnons sont solides et aussi inspirés. André Leroux au saxo et à la flûte n’est plus à présenter, surtout dans ce genre de répertoire. Guy Boisvert à la contrebasse (parfois à l’archet) est un autre habitué du raffinement musical exigé par Bourassa. À la batterie, un nouveau venu dans l’entourage du pianiste (du moins en studio) : Guillaume Pilote, qui semble s’être inséré naturellement dans ce moule musical exigeant. 

La deuxième plage du programme, Prologue, confirme qu’il ne s’agissait pas d’un égarement, mais focalise tout de même la pulsation dans un faisceau plus robuste et soutenu. Room 58 est une balade nocturne, empreinte de mystère, ou un secret semble vouloir être dévoilé à chaque tournant, mais sans jamais vraiment se révéler. Insaisissable mais envoûtante. Costard est plus costaud : on est dans le free pétillant. Je serais curieux de connaître l’idée maîtresse derrière le titre et son lien avec le résultat final. 

Remous et 15, Notre-Dame-de-Lorette nous ramènent toutes deux dans une palette harmonique plus conventionnelle, quoique moderne. Leur tonalité élargie donne une impression de prudence, voire un certain conservatisme qui me laisse un peu sur ma faim en tant que mélomane, même si la sapience du propos bourassien est indéniable ici comme dans les pièces précédentes. Malgré tout, la perfection des premières pièces de ce tournoiement de couleurs et de richesse musicale est trop belle pour rechigner péteusement sur des considérations somme toutes assez cérébrales. Voici un album magistral qui transcende les étiquettes musique contemporaine, jazz, jazz moderne, etc. On est dans la musique pure, celle qui transforme l’écoute, qui ouvre les portes, qui enrichit l’aujourd’hui pour construire le demain. Cet album sera sur ma liste des top 3 albums de l’année, c’est certain. 

Tout le contenu 360

Fête de la musique | Le saxophone en voyage avec le Duo Aster

Fête de la musique | Le saxophone en voyage avec le Duo Aster

Fête de la musique 2026 | Timothy Chooi et son violon envoûtent Tremblant

Fête de la musique 2026 | Timothy Chooi et son violon envoûtent Tremblant

FME 2026 I Mek’Dr’Dr apporte des pelles et du post-punk décalé à Rouyn-Noranda

FME 2026 I Mek’Dr’Dr apporte des pelles et du post-punk décalé à Rouyn-Noranda

FME 2026 I Hologramme transforme le Petit Théâtre en discothèque suintante

FME 2026 I Hologramme transforme le Petit Théâtre en discothèque suintante

FME 2026 I Lou-Adriane Cassidy transforme la scène principale en son propre couronnement disco-funk

FME 2026 I Lou-Adriane Cassidy transforme la scène principale en son propre couronnement disco-funk

FME 2026 I Thee Soreheads, neurochirurgiens de sous-sol

FME 2026 I Thee Soreheads, neurochirurgiens de sous-sol

Fête de la musique 2026 | CordaVox et les voyages musicaux

Fête de la musique 2026 | CordaVox et les voyages musicaux

L’Ensemble Caprice ouvre la Fête de la musique de Tremblant sur une note éclatante

L’Ensemble Caprice ouvre la Fête de la musique de Tremblant sur une note éclatante

FME 2026 I Muhoza apporte la joie, purement et simplement

FME 2026 I Muhoza apporte la joie, purement et simplement

FME 2026 I BALACLAVA: direct sur la cible

FME 2026 I BALACLAVA: direct sur la cible

FME 2026 I Corridor, un Ouroboros psychédélique de rock indépendant

FME 2026 I Corridor, un Ouroboros psychédélique de rock indépendant

FME 2026 I Iguana Death Cult convertit les non-croyants

FME 2026 I Iguana Death Cult convertit les non-croyants

Souk du Sud 2026 | Du erhu à la cumbia, un Souk Pro sous le signe des rencontres

Souk du Sud 2026 | Du erhu à la cumbia, un Souk Pro sous le signe des rencontres

FME 2026 I Max Baby est un elfe indie… quelque peu louche

FME 2026 I Max Baby est un elfe indie… quelque peu louche

FME 2026 | RIZOMAGIC de Bogotá, futurisme tropical et accordage cosmique

FME 2026 | RIZOMAGIC de Bogotá, futurisme tropical et accordage cosmique

FME 2026 I Birds of Prrrey’s , chant des sirènes d’un autre type

FME 2026 I Birds of Prrrey’s , chant des sirènes d’un autre type

FME 2026 I Choses Sauvages, où se trouve l’indomptable

FME 2026 I Choses Sauvages, où se trouve l’indomptable

FME 2026 I Camilla Sparksss nous apporte le bruit sur un plateau d’argent

FME 2026 I Camilla Sparksss nous apporte le bruit sur un plateau d’argent

Jackie Leung – Inside Out : Piano Music by Alvin Singleton

Jackie Leung – Inside Out : Piano Music by Alvin Singleton

UdeM | Rentrée jazz réussie et intrigante

UdeM | Rentrée jazz réussie et intrigante

Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir

Piknic Électronik | Bilan de mi-saison, coups de cœur et dates importantes à retenir

FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival

FME 2026: les choix de Philippe Larocque, programmateur au festival

Tönky Hönk – The ËP

Tönky Hönk – The ËP

The Holland Court Jazz Trio – Inverted Tango

The Holland Court Jazz Trio – Inverted Tango

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné