Raphaël Bussières, alias Lucill, jeune trentenaire d’origine chibougamoise, tenait la guitare basse dans le groupe rock Heat. Ressentant l’appel du large, comme Melville et son héros Ismaël jadis, Raphaël-Lucill s’est lancé à son compte. Heureusement pour nous, car il s’est bricolé un son diablement accrocheur. En novembre 2018, il nous en exposait la teneur sur un micro-album homonyme de quatre titres. La recette ? Guitare tintinnabulante à la New Order, voix feutrée semi-enfouie dans le mix à la Jesus and Mary Chain et rythme métronomique à la Stereolab. À ce procédé en apparence aussi simple qu’éprouvé, Bussières avait intégré un élément vital : des rimes fluides, en français s’il vous plaît, s’appuyant sur un équilibre prosodique remarquable. Presque deux ans plus tard sur Bunny, Lucill ne déroge aucunement à ce gabarit gagnant. Huit compos bien campées, un coup de main du prometteur Gabriel Bouchard, de Matthew Florentino – qui était également de l’aventure en 2018 – et de Francis Mineau, naguère batteur de Malajube, qui a accueilli Lucill dans son studio et a réalisé Bunny. On croit détecter de nouvelles influences comme Luna et The Postal Service, judicieusement incorporées aux pièces. Rayon paroles, Lucill y va de manière universelle, sobre et sereine. Dans Et je cours, Lucill dit avoir troué l’oreiller, comme Alain Bashung dans Vertige de l’amour. Sauf que Bashung disait avoir sans doute rêvé trop fort, alors que Lucill dit ne plus savoir à quoi rêver; le musicophile espère sincèrement que ça lui passera.
Tout le contenu 360
Critique de concert électronique/électro-minimal
MUTEK 2026 | Ah! Kosmos & Hainbach, quand les machines deviennent musique
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert dark wave/électronique/musique de film/musique de jeux vidéo
MUTEK 2026 | Violent Magic Orchestra, la baffe annoncée
Par Alain Brunet
Critique de concert classique/classique occidental
MUTEK 2026 | Infinity Gradient ? Exceptionnel
Par Ariel Rutherford
Critique de concert électronique/expérimental/expérimental / contemporain
MUTEK 2026 | La douce entropie de Endless Summer
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | A Guy Called Gerald, grand sorcier de la jungle
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | Jeff Mills, maître à l’œuvre dans le cosmos
Par Julius Cesaratto
Critique de concert électronique/hip-hop
MUTEK 2026 | Korea Town Acid & Ajeebsir, la fascination dreamcore
Par Marc-Antoine Bernier
Critique de concert électronique/expérimental/expérimental / contemporain
MUTEK 2026 | Electronicos Fantasticos, divertissement garanti!
Par Alain Brunet
Interview Antilles / Caraïbes
Alain Mercier, l’agent 360 derrière le Mois du Créole 2026
Par Sandra Gasana
Critique de concert électronique
MUTEK 2026 | Art Saves, ou la survie urbaine entre tradition et décharge industrielle
Par Léa Dieghi
Critique de concert expérimental / contemporain
MUTEK 2026 | Vivian Li, nostalgie des souvenirs et du temps suspendu
Par Léa Dieghi
Critique de concert électronique/expérimental / contemporain/classique occidental/classique
MUTEK 2026 | Kali Malone, minimalisme extrême… élévation
Par Alain Brunet
Interview électronique/soul/R&B/jazz
MUTEK 2026 | Patche débarque au MTELUS, plus aguerri, plus immersif
Par Alain Brunet
Interview rock/dark wave/électronique
MUTEK 2026 | Violent Magic Orchestra, la grande déflagration d’Osaka
Par Alain Brunet
Critique de concert
MUTEK 2026 | Kara-Lis Coverdale pour piano, pour cordes… et pas pour orgue
Par Ariel Rutherford
Critique de concert électronique/Moyen-Orient / Levant / Maghreb
MUTEK 2026 | Un duo masqué sur l’Esplanade Tranquille, tiens, tiens …
Par Julius Cesaratto
Interview électronique/rock/microtonal/Moyen-Orient / Levant / Maghreb
MUTEK 2026 | Istanbul Ghetto Club, un air de déjà vu… et de jamais entendu
Par Julius Cesaratto
Interview Antilles / Caraïbes
Tony Chasseur : la voix d’une culture créole en mouvement
Par Sandra Gasana
Interview latino/électronique/jazz
MUTEK 2026 | L’univers foisonnant de Chiquita Magic, du Louis Cole Big Band à Hardware Techno
Par Alain Brunet
Critique d'album Europe de l'Ouest 2025
Le fado portugais réinventé de Carminho
Par Michel Labrecque
Critique d'album Europe de l'Ouest 2025
Le fado portugais réinventé de Júlio Resende
Par Michel Labrecque
Critique d'album Europe de l'Ouest 2025























