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Christian Scott aTunde Adjuah

Axiom

· par Steve Naud

Depuis une quinzaine d’années, Christian Scott aTunde Adjuah brouille les frontières qui séparent le jazz des musiques d’Afrique occidentale, du hip-hop et de l’électro. Cette approche a culminé sur Ancestral Recall, album que le trompettiste publiait l’an dernier. Entouré de musiciens qui l’ont secondé sur ce disque fort célébré, l’artiste originaire de La Nouvelle-Orléans se produisait sur la scène du Blue Note Jazz Club de New York au début du mois de mars dernier sans se douter qu’il s’agissait du dernier concert qu’il donnait avant que la pandémie ne vienne tout bouleverser. C’est cette ultime prestation pré-confinement que nous avons la chance d’apprécier sur Axiom.

Un des plaisirs que l’on prend à entendre ces pièces de Scott en concert est celui de découvrir la façon dont elles ont été réimaginées pour les planches. Par exemple, sur X. Adjuah (I Own the Night) qui ouvre l’album, le compositeur a comblé l’absence de la voix du poète Saul Williams par de nouvelles influences flamenco qui nous ramènent à ce que Miles Davis nous proposait sur Sketches of Spain. Un peu plus loin, un autre clin d’œil est adressé au grand Miles puisque le groupe nous offre une réinterprétation de Guinnevere, chanson folk composée par David Crosby mais magistralement reprise par Davis au début des années soixante-dix. 

Une autre joie que nous procure cet enregistrement devant public est celle d’apprécier la contribution de chacun de ses participants puisque le canevas des pièces au programme a été élargi de façon à donner à chacun des accompagnateurs du leadeur l’occasion de briller. Cela nous permet de savourer les succulentes interventions de la flûtiste Elena Pinderhughes qui met le feu aux poudres sur Sunrise in Beijing ainsi que du pianiste Lawrence Fields et du saxophoniste Alex Han qui épatent sur West of the West.

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