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Rodolphe Mathieu (1890-1962), Lionel Daunais (1901-1982), André Prévost (1934-2001), Claude Vivier (1948-1983), Rachel Laurin (1961-2023) et aussi les (très) vivants Denis Gougeon, Ana Sokolović, Louis Desjarlais, Francis Battah et autres Pascal Germain-Berardi, sans toustes les nommer, ont ceci en commun : la composition pour le chant choral.
Et c’est pourquoi, dans le contexte de son 60e anniversaire sous le thème du dialogue intergénérationnel, la Société de musique contemporaine du Québec (SMCQ) présente le programme Au Chœur du Québec à la Chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, le 30 octobre prochain
Sous la direction de Pascal Germain-Berardi, qui a un parcours de chef de chœur, assorti d’autres pratiques en musique contemporaine et même du côté du prog métal aussi, un choeur de 24 chanteuses et chanteurs sera réuni pour illustrer moult générations de composition québécoise consacrée au chant choral. Et voilà pourquoi PAN M 360 vous présente cette interview avec Pascal Germain-Berardi.
PAN M 360 : Comment ce programme a-t-il été conçu pour 24 interprète au lieu de 16, tel que prévu au départ ?
Pascal Germain-Berardi : Quand j’avais fourni toutes mes informations de production à la SMCQ, on était dans un scénario de 16 interprètes. Depuis, on a obtenu du financement supplémentaire, ce qui nous permet de faire le concert à 24 chanteuses et chanteurs, ce qui a élargi notre déploiement.
PAN M 360 : Sont-ce des arrangements d’œuvres adaptées pour le chant choral?
Pascal Germain-Berardi : Ce ne sont pas des arrangements, ce sont des compositions pour chant choral, des œuvres de compositeurs et de compositrices ayant marqué l’histoire du Québec, ou de plus jeunes compositeurs. C’est vrai que Lionel Daunais, par exemple, a fait beaucoup d’arrangements choraux de musique traditionnelle. Mais nous interpréterons Sous le pont Mirabeau, une œuvre originale qu’il a composée sur un poème de Guillaume Apollinaire.
PAN M 360 : Semble-t-il que ce ne soit pas le tout début de ce projet
Pascal Germain-Berardi : Ce projet remonte à 2018, le projet s’intitulait alors Au choeur de Montréal. Et c’est la première fois que nous en faisons une itération. En 2018, j’avais choisi exclusivement compositeurs.trices montréalais.es. Ce qui m’avait donné cette idée, c’était le 375e de Montréal qui avait eu lieu peu avant. Après coup, nous avions réussi à programmer une tournée dans les Maisons de la culture. Nous avions aussi récolté une mise en nomination pour un prix Opus. De cette aventure a émergé l’idée d’un projet plus global sur le Québec pour élargir la palette. Rachel Laurin, par exemple, a grandi à Mirabel, André Prévost à Saint-Jérôme. Donc ça nous permettait d’embrasser tout le territoire québécois. Depuis les débuts de ce projet, nous avons donné une vingtaine de concerts à Montréal, Laval, Drummondville, Beloeil, Sorel-Tracy, etc. Nous nous sommes même produits au Chili. Et voici cette occasion avec la SMCQ pour son 60e anniversaire.
PAN M 360 : Y a-t-il une valeur ajoutée pour ce programme anniversaire?
Pascal Germain Berardi : J’ai décidé d’offrir plus grand déploiement possible avec des nouvelles pièces que je n’avais jamais faites encore. Certaines de ces œuvres étaient impossibles à exécuter avec des plus petits chœurs Soleil couchant d’André Prévost, par exemple, avait été conçue pour six voix, difficile à faire à 12 ou à 16 choristes. À 24, ça se fait très bien.
Nature, la pièce de Rodolphe Mathieu qu’on va faire, était le premier mouvement de ce qui allait devenir sa dernière œuvre, Symphonie pour voix humaines qu’il n’a pu terminer avant de mourir. Ce mouvement est présenté pour double chœur à six voix, donc 12 voix à certains moments. Évidemment, ça fonctionne à 24, qui est un multiple de 6.
PAN M 360 : Ce programme s’inscrit donc dans continuité et qui se renouvelle actuellement. Toujours une motivation ?
Pascal Germain Berardi : J’ai constaté qu’il y avait trop peu d’efforts pour défendre ce qu’on pourrait appeler le patrimoine historique musical. C’est pour cette raison que ce projet est né et se poursuit. D’une année à l’autre, ce projet ne perd pas de sa pertinence. J’ai l’occasion de renouveler le répertoire en conservant le même concept, le même titre qui incarne cette idée de défendre notre histoire musicale.
PAN M 360 : Votre choeur Temps Fort peut-il compter sur un noyau stable pour mener à bien ses missions?
Pascal Germain-Berardi : Temps Fort est l’organisme de production que j’ai fondé, avec lequel je fais mes projets. Quand on a commencé, ça se limitait à des concerts pour chœur. Après quelques années d’activité, j’ai réussi à mener d’autres projets avec des instrumentistes et forger une réputation. D’ailleurs, on est actuellement en campagne de sociofinancement pour nous aider à pouvoir financer notre prochain album. Mais j’ai un noyau d’artistes qui sont là depuis le tout premier concert qu’on avait fait en 2014, à une époque où on était encore étudiants, et que personne n’était payé. On était des jeunes qui avaient faim !
PAN M 360: Et l’appétit vient en mangeant !























