Mozart et Hamelin au sommet : l’heureuse rencontre

Entrevue réalisée par Alexandre Villemaire

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C’est un rendez-vous auquel plusieurs devaient secrètement rêver depuis longtemps, qui se réalisera ce samedi à l’Amphithéâtre Fernand-Lindsay du Festival de Lanaudière à Joliette. Deux musiciens réunis par leur instrument et leur patronyme (bien qu’ils n’aient aucun lien de parenté!) : Marc-André Hamelin, pianiste et compositeur bien établi depuis quelques décennies, et Charles Richard-Hamelin, jeune interprète joliettain faisant partie de la nouvelle génération des étoiles du monde pianistique, partageront la scène pour la première fois. À quelques heures du concert « Mozart et Hamelin au sommet » avec les Violons du Roy, nous nous sommes entretenu avec Renaud Loranger, directeur artistique du Festival de Lanaudière et Laurent Patenaude, co-directeur général et directeur artistique de l’orchestre qui sera dirigé, pour l’occasion, par Jean-Marie Zeitouni.

PAN M 360 : Quel est l’état d’esprit des deux interprètes au moment où l’on se parle?

Renaud Loranger : Pour Charles, qui a grandi en écoutant les enregistrements de Marc-André c’est un peu un rêve qui se réalise. Quant à Marc-André, il est vraiment très heureux de pouvoir le retrouver. Ils se connaissaient déjà auparavant et étaient chacun au fait de leur carrière respective, mais de pouvoir se rencontrer autour de la musique universelle de Mozart, c’est un grand plaisir pour eux deux.

PAN M 360 : Qui a eu l’idée de cette rencontre avec cette programmation?

Laurent Patenaude : J’avais demandé à Charles, il y a trois ou quatre ans, quels étaient les pianistes qui l’inspiraient et Marc-André était classé assez haut dans sa liste. Donc, à partir de ce moment-là on s’est dit « Pourquoi ne pas les faire jouer ensemble? ». C’est Charles qui a lancé l’idée à Marc-André, après un concert, de faire le Concerto pour deux pianos. Après, je pense que j’ai suggéré la Sonate pour deux pianos en ouverture plutôt qu’une pièce d’orchestre, question de vraiment mettre l’accent et l’attention sur eux. Le choix de Mozart aussi s’imposait plus naturellement pour l’ADN des Violons du Roy. Tant Charles que Marc-André ont collaboré avec l’ensemble et sont rompus au répertoire de Mozart, alors, il y a un fort lien qui a été développé là aussi.Renaud Loranger : C’est une question souvent posée. Ce sont des conversations de longue haleine et qui sont très circulaires. Elles évoluent dans le temps et à un moment donné, ça se cristallise et ça se met en marche. Il y a un aspect très festivalier à cette rencontre aussi. Jouer du Mozart n’est pas nécessairement révolutionnaire, mais le faire dans ce contexte-ci, avec une rencontre avec Charles et Marc-André, ça s’inscrit parfaitement dans la mission du festival, soit de créer des moments musicaux uniques et rassembleurs.

PAN M 360 : Est-ce qu’ils abordent les œuvres de la même manière?

Laurent Patenaude : Ce sont bien sûr deux pianistes très différents – une trentaine d’années les sépare –, mais il y a tout de même une parenté dans leur approche à Mozart où ils allient une recherche très précise des détails, tout en ayant le sens de la grande forme de l’œuvre. C’est un peu dans la même veine que l’école Bernard Labadie, où l’on cherche à creuser toutes les petites choses techniques, comme les liaisons, les respirations, tout en ayant une recherche de l’unité du point de vue formel. C’est le meilleur des deux mondes.Renaud Loranger : C’est ce qui est passionnant aussi, de faire se rencontrer des artistes qui, individuellement, sont différents, mais qui ensemble vont créer des points de contact. Immanquablement, ce qui va en ressortir est quelque chose qui n’existerait pas autrement. En même temps, c’est aussi un pari. On ne sait jamais avant les premières répétitions si « la pâte va lever », comment les tempéraments et leurs sonorités peuvent se marier, s’il y a des ajustements à faire, etc. Au final, ils réagissent l’un à l’autre avec une forte émulation.


PAN M 360 : Ni l’ancienneté ni la jeunesse n’entrent en ligne de compte, en définitive?

Renaud Loranger : Non, absolument pas. Ils ont chacun un grand respect mutuel pour l’autre qui se ressent dans la musique.

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