L. Teez : le boom bap, c’est fini ?

Entrevue réalisée par Elsa Fortant

Le vingtenaire connaît ses classiques. Nourri aux musiques noires américaines, il propose un album qui s’inscrit dans la mouvance hip-hop jazz.

Genres et styles : hip-hop / jazz

renseignements supplémentaires

Crédit photo : Etienne de Durocher

Né à Paris, Lee Terki arrive au Canada à l’âge de quatre ans. L’auteur-interprète apprend le trombone dans une école d’art et connaît au secondaire un parcours un peu plus difficile. Sportif, il se tourne ensuite vers le soccer, jusqu’à intégrer une équipe de première division. Après avoir exploré le cinéma et la psychologie, la musique le rattrape pour de bon. Son premier EP, The Half Full, l’emmène un peu partout dans le monde, notamment à Paris, Séoul et Tokyo, trois capitales du jazz. Une étape importante qui a orienté la création de son premier album, The Index Of My Inner Thoughts

PAN M 360 : Tu as grandi au contact de cultures diverses, ton père est franco-canadien d’ascendance algérienne kabyle et ta mère d’origine chinoise-jamaïcaine, comment se sont construits tes goûts musicaux ?

L. Teez : Je me rappelle mes premières musiques vers l’âge de 6-7 ans, mon père qui me passait du Jimi Hendrix, No Woman No Cry de Bob Marley… Je suivais des cours d’art plastique et dans le temps, on gravait des CD. Je le faisais pour la classe et la professeure me laissait les jouer. Autant du funk avec Earth, Wind and Fire, James Brown, Cameo… que du hip-hop. Au milieu des années 2000, c’était beaucoup Eminem, 50 Cent. J’ai été très marqué par Lupe Fiasco’s The Cool et Stillmatic de Nas. Un peu plus tard dans ma vie j’ai écouté du jazz. Le premier qui m’a ouvert la porte, c’est Miles Davis avec Kind of Blue. Je me retrouve dans ce qui est mélodique comme D’Angelo ou Erykah Badu.

PAN M 360 : À quelle branche du hip-hop t’identifies-tu le plus ? En écoutant ton album je pense à Vanilla plus récemment, mais aussi à  9th Wonder, J.Dilla, A Tribe Called Quest…

L. Teez : Je fais du jazz-rap. Je me retrouve dans tout ce qui est mélodique, mais dans le temps, c’était plus boom-bap. Mes drums sont électroniques ou live, c’est pas vraiment le Akai MPC caractéristique du « boom boom bap » qu’on a pu entendre à l’époque où des artistes comme A Tribe Called Quest cartonnaient.

PAN M 360 : L’échantillonnage, c’est la base du hip-hop, comment l’intègres-tu à tes créations ?

L. Teez : La particularité de l’album, c’est que j’ai trouvé tous les beats en ligne. J’ai contacté les producteurs et j’ai passé des accords avec eux. Je travaille déjà à une prochaine sortie et mon processus de création évolue. J’aimerais aller plus dans la direction de la composition, alors l’échantillonnage, j’y pense. En concert, j’aime beaucoup jouer avec un band, ce qui complique un peu l’utilisation d’échantillons dans ce cadre. C’est sûr que le son de l’échantillon amène un grain que tu ne retrouves pas en production. Qui n’aime pas un échantillon de soul pitched up à la Kanye West ? (rires) Ça fait se sentir bien ! 

Crédit photo : Clément Dietz

PAN M 360 : Peux-tu m’expliquer l’importance des voyages pour la construction de The Index of My Inner Thoughts ?

L. Teez : J’ai fait quelques dates de showcase avec mon premier EP, notamment à Séoul, Busan, Tokyo et Paris. En voyage, je cherche des beats car pour moi, la musique, c’est aussi dans les moments où tu vis. J’ai beaucoup écrit pendant mes voyages. J’aime écrire dehors, ça libère mes pensées et mes idées. Dans une ville comme Paris, je restais près du Moulin Rouge vers Montmartre et j’ai écrit Hold Me Down à une terrasse de café. C’était inspirant et authentique. J’ai des thèmes introspectifs car au contact de cultures différentes, quand tu vis de nouvelles expériences, ton « toi » se reflète beaucoup. 

PAN M 360 : Travailles-tu toujours de la même façon, d’abord le texte, ensuite la musique ?

L. Teez : Je pose toujours sur le beat déjà arrangé. J’écris autour de la musique, je la laisse dicter le « ton ». S’il y a plus d’accords mineurs ou moins de drums à un moment, je vais écrire différemment, avoir un flow différent aussi. Sur l’album, beaucoup d’éléments viennent, partent, s’ajoutent… C’est rare que les instrumentaux soient des boucles de quatre minutes. Je pense que l’attention que je porte aux arrangements vient de mon amour pour le jazz. S’il y a une section sans percussions, je vais être plus poétique, et s’il y en a plus, je vais plutôt être énergique. 

Crédit photo : Etienne de Durocher

PAN M 360 : À tes côtés, sur l’album, on retrouve Lea Keeley, comment vous êtes-vous rencontrés et qu’est-ce que sa présence apporte à l’album ?

L. Teez : On s’est rencontrés au Cypher, un jam qui a lieu les jeudis soir au Bootlegger à Montréal. Il y a des musiciens, des rappeurs, des danseurs. Les musiciens qui jouent dans mon band viennent tous de là-bas. On s’est rencontrés à une jam session. Notre collaboration s’est faite organiquement. Elle a une sacrée voix. Elle a écrit des passages très mélodiques qui ajoutent beaucoup d’harmonie. On a développé une grande amitié. Elle fait partie du band; quand on joue live, elle est avec moi sur scène. Lea a amené de la soul, elle a une voix très puissante.

Tout le contenu 360

Suoni per il popolo | Le jazz incendiaire et engagé de Irreversible Entanglements

Suoni per il popolo | Le jazz incendiaire et engagé de Irreversible Entanglements

Suoni per il popolo | On pique un jasette avec une légende de la musique contemporaine : Howard Skempton

Suoni per il popolo | On pique un jasette avec une légende de la musique contemporaine : Howard Skempton

Tali Rose partage son Piknic Electronik

Tali Rose partage son Piknic Electronik

Festival Classica pour enfants | Denis Gougeon et Julie Daoust nous causent « biscuits, tempêtes et mélodies »

Festival Classica pour enfants | Denis Gougeon et Julie Daoust nous causent « biscuits, tempêtes et mélodies »

Festival Classica – Fauré et Dubois au siècle dernier

Festival Classica – Fauré et Dubois au siècle dernier

Habitat Sonore au Centre Phi| Playlist estivale et lieu idéal pour l’écoute active et immersive

Habitat Sonore au Centre Phi| Playlist estivale et lieu idéal pour l’écoute active et immersive

Piknic Électronik | Pretty Privilege, transidentité,  joie, insolence

Piknic Électronik | Pretty Privilege, transidentité, joie, insolence

Suoni | Sarah Davachi et l’enjeu d’être jouée par No Hay Banda

Suoni | Sarah Davachi et l’enjeu d’être jouée par No Hay Banda

Suoni Per Il Popolo | The Jellicle Kiki Ball

Suoni Per Il Popolo | The Jellicle Kiki Ball

Centre PHI | KALLITECHNIS incarne sensualité et introspection.

Centre PHI | KALLITECHNIS incarne sensualité et introspection.

Festival Classica – Hommage à Queen

Festival Classica – Hommage à Queen

Vincent Lauzer parle de la programmation de Montréal baroque 2024

Vincent Lauzer parle de la programmation de Montréal baroque 2024

Au Gala de la Terre, l’Orchestre de l’Agora, Natasha Kanapé Fontaine, Claudie Bertounesque, Richard Strauss, Élizabeth St-Gelais | Nicolas Ellis explique

Au Gala de la Terre, l’Orchestre de l’Agora, Natasha Kanapé Fontaine, Claudie Bertounesque, Richard Strauss, Élizabeth St-Gelais | Nicolas Ellis explique

Bell Orchestre immersif et interactif: House Music devient Sound House à la SAT

Bell Orchestre immersif et interactif: House Music devient Sound House à la SAT

Festival Classica | La parole de Georges Sand, les mots de Denis Plante

Festival Classica | La parole de Georges Sand, les mots de Denis Plante

Festival Classica | Un anniversaire symphonique pour Starmania et Jacques Lacombe

Festival Classica | Un anniversaire symphonique pour Starmania et Jacques Lacombe

Festival Classica | Un hommage à Théodore Dubois signé Lavigueur et Sinfonia

Festival Classica | Un hommage à Théodore Dubois signé Lavigueur et Sinfonia

Dumai Dunai sort son premier album… et en cause

Dumai Dunai sort son premier album… et en cause

SAT Dômesicle | Elena Colombi, beaucoup de la tête pour le corps

SAT Dômesicle | Elena Colombi, beaucoup de la tête pour le corps

Humidex Records fête ses cinq ans à la SAT!

Humidex Records fête ses cinq ans à la SAT!

Jill Barber : en français encore et toujours!

Jill Barber : en français encore et toujours!

Festival Classica – Piazzolla, de New York à Paris

Festival Classica – Piazzolla, de New York à Paris

38e Nuits d’Afrique | Sépopo Galley explique la programmation

38e Nuits d’Afrique | Sépopo Galley explique la programmation

Karina Gauvin dans les traces de Marie Hubert, Fille du Roy

Karina Gauvin dans les traces de Marie Hubert, Fille du Roy

Inscrivez-vous à l'infolettre