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Pour lancer sa prochaine saison, l’Orchestre de l’Université de Montréal convie le public, dans le cadre di Festival Vibrations, à un voyage au cœur de la brillance du romantisme avec comme œuvre maîtresse la Symphonie no8 en sol majeur de Dvořák, le poème symphonique La nuit et l’amour d’Augusta Holmès, l’« Ouverture » de l’opéra Le Roi d’Ys de Lalo et le Concerto pour cor en mi bémol majeur de Strauss.
Lauréat du deuxième prix au concours de concerto de l’Orchestre de l’Université de Montréal (OUM), le jeune corniste Noah Larocque sera le soliste qui interprétera cette œuvre phare du répertoire. En entrevue avec Alexandre Villemaire de PAN M 360, il revient sur son attachement au cor, les défis techniques de l’instrument, et la transition du jeu de musicien d’orchestre à celui de soliste.
PAN M 360 : Parlez-nous un peu de votre parcours. Qu’est-ce qui vous a inspiré à entreprendre une voie en musique et surtout à choisir le cor comme instrument de prédilection?
Noah Larocque : J’ai commencé à jouer de cet instrument en secondaire. C’était le seul instrument qui restait dans le lot alors que tous les autres élèves de ma classe avaient choisi le leur. Je ne savais pas du tout c’était quoi le cor au début. Donc j’ai été un peu obligé au début, puis c’était vraiment difficile au début, de comprendre comment ça marche. Mais finalement, j’ai été charmé, je pense, par les défis que présente l’instrument. Vers la fin du secondaire, j’ai décidé de poursuivre en musique au cégep où je suis tombé en amour avec la musique d’orchestre. C’est par la suite que j’ai décidé de poursuivre dans cette voie à l’université.
PAN M 360 : C’est vraiment un pur hasard donc que cet instrument soit arrivé dans vos mains. Qu’est-ce qui vous avait charmé dans cet instrument et quels sont les défis auxquels vous avez été confronté en premier lieu quand vous avez commencé à en jouer?
Noah Larocque : Le cor est vraiment un instrument super polyvalent, qui joue avec toutes sortes de familles d’instruments à l’orchestre. Souvent, on joue très fort avec les cuivres, les trombones où ça peut être presque agressif ou violent. Des fois, c’est beaucoup plus contrasté. On dirait presque un bois par moment quand on joue avec les flûtes et les clarinettes. Des fois, c’est plus rythmique avec les cordes. Je pense que c’est ça, cette polyvalence qui m’a vraiment capté avec cet instrument. Pour les défis, c’est qu’avec un seul doigté, avec une seule palette de l’instrument, on peut créer plusieurs notes. Donc, c’est très facile de tomber sur la note à côté de celle qu’on veut jouer et donc « craquer » et de faire des erreurs tant les notes sont rapprochées les unes des autres. Ça demande une bonne oreille et beaucoup de travail.
PAN M 360 : Pour le premier concert de l’OUM cette saison, dans le cadre du Festival Vibration, vous allez interpréter le Concerto pour cor en mi bémol majeur de Richard Strauss, pièce qui vous a valu le deuxième prix du concours de concerto de l’OUM en mars dernier. Que pouvez-vous nous dire sur cette œuvre et quelle est sa place dans le répertoire ?
Noah Larocque : Déjà, c’est une œuvre qui est très dans le répertoire cornistique. En fait, c’est la pièce romantique la plus jouée pour cor solo, même très souvent avec piano. De la faire avec orchestre c’est vraiment super. C’est une pièce que j’ai commencé à jouer au cégep et je dirais que c’est une œuvre qui est très accessible. C’est Strauss, mais ça ne se promène pas harmoniquement, comme du Strauss plus tardif. C’est une œuvre de jeunesse. Il avait 18 ans quand il l’a composé. Ça reste quand même très carré et balisé tout en étant le Strauss, que l’on connaît avec des moments de grande intensité et des moments très majestueux et héroïque.
C’est une œuvre que tous les jeunes cornistes qui entreprennent des études sérieuses de l’instrument vont faire à un moment donné ou à un autre. Je ne me serais pas imaginé faire cette pièce-là avec orchestre. C’est un travail d’écoute qui est différent quand on se commence à travailler avec orchestre. D’avoir cette plateforme pour la jouer c’est vraiment super.
Comme c’est un grand classique comme ça, je ne me serais pas entendu faire ça. C’est vraiment super d’avoir cette plateforme-là pour la jouer.
PAN M 360 : Vous êtes musiciens d’orchestre, vous jouez notamment dans l’Orchestre national des jeunes du Canada, mais ce sera ici votre première expérience en tant que soliste. Comment appréhendez-vous ce moment et quelle est la préparation que vous avez eu à faire en tant que soliste?
Noah Larocque : Quand on est musicien d’orchestre, on est habitué de suivre le chef et d’écouter ses collègues autour pour jouer avec les autres musiciens qui nous entourent. Quand on est soliste, il faut vraiment avoir nos propres tempos en tête, nos vitesses bien à nous et avoir beaucoup de leadership dans ces vitesses-là et dans les intentions musicales qu’on a. Je dirais que je me suis encore plus penché sur cet élément, sur la manière de véhiculer mes propres idées musicales tout en étant clair avec l’orchestre pour que les autres me comprennent, que le chef me comprenne, que mes autres collègues dans l’orchestre me comprennent.
C’est vraiment un travail différent dans le sens où on devient vraiment leader de l’orchestre et des idées musicales, du tempo, tandis que dans l’orchestre, on suit beaucoup plus, puis on écoute ses collègues autour.
PAN M 360 : Qu’est-ce que le concours de concerto de de l’OUM vous a apporté au niveau de votre développement en tant que musicien. Est-ce que c’est quelque chose qui était important pour vous de tenter cette expérience?
Noah Larocque : J’ai vraiment vu ça comme un essai au départ. Je n’avais fait que de l’orchestre avant, donc pour moi c’était vraiment une tentative d’essayer autres choses et de me lancer un défi personnel. Mon but c’était de sortir du cadre orchestral et d’explorer d’autres choses. On dirait que le fait d’essayer d’être soliste me permet de développer d’autres aptitudes et un autre type d’écoute.
Honnêtement, j’étais vraiment surpris d’avoir remporté le prix. J’étais super content c’est certain, mais on dirait que je ne m’étais jamais vu comme soliste. Je trouve que c’est une belle corde à ajouter à mon arc. C’est un gros défi personnel, mais je le vois comme un défi personnel d’expérimenter autre chose pour gagner plusieurs expériences.
PAN M 360 : Qu’avez-vous avez découvert en faisant ce changement de paradigme, soit en passant d’une perspective de musicien d’orchestre à une perspective plus soliste?
Noah Larocque : Je dirais que j’ai découvert que la polyvalence en tant que musicien est super importante. J’ai été amené à faire un autre type de travail pour me préparer à tout ça. On se rend compte quand on étudie en musique souvent que c’est l’orchestre, le jeu en orchestre qui traverse nos apprentissages dans nos cours. Mais, on ne parle pas vraiment de quoi faire en tant que soliste. Je pense que j’ai ça découvert sur moi : cette polyvalence et ce désir d’innover dans la pratique, d’essayer d’autres choses. J’ai véritablement découvert ça avec le concours de concerto.
PAN M 360 : Outre le concerto pour cor de Strauss, quelle autre pièce fétiche du répertoire aimeriez-vous jouer dans la suite de votre parcours à l’université?
Noah Larocque : Strauss a écrit deux concertos. Le premier et le deuxième une dizaine d’années après. Le deuxième concerto, ce serait vraiment un rêve de jouer ça avec l’orchestre aussi. C’est complètement différent du premier. Ça rassemble encore une fois les thèmes héroïques et très puissants typiques de Strass, mais en plus longs avec un parcours harmonique plus étoffé. C’est vraiment différent. Avoir la chance de le jouer avec orchestre serait une grande réussite.
Orchestre de l’Université de Montréal
Mathieu Lussier, direction
Noah Larocque, cor (2e prix du Concours de concerto de l’OUM)
Édouard Lalo
Le Roi d’Ys – Ouverture
Augusta Holmès
La nuit et l’amour
Richard Strauss
Concerto pour cor no 1 en mi bémol majeur, op. 11
I. Allegro
II. Andante
III. Allegro
Antonin Dvořák
Symphonie no8 en sol majeur, op. 88
I. Allegro con brio
II. Adagio
III. Allegretto grazioso
IV. Allegro, ma non troppo
Samedi le 18 octobre, 15h à la Salle Claude-Champagne
Billet ICI























