A Cappella / classique moderne / musique de la Renaissance

Soirée de musique anglaise pour la Vierge Marie… et Noël !

par Chloé Rouffignac

Ce samedi 13 décembre, Montréal accueillait  les célèbres Tallis Scholars à l’église de St Peter & St Andrews pour leur  programme Mère et Enfant. Pour une durée de près de deux heures, l’ensemble vocal nous emporte dans l’univers de la musique sacrée de la Renaissance, le tout entrelardé de compositions modernes. 

Sous la direction de Peter Phillips, chef et fondateur de l’ensemble , on retrouve d’abord les fameux Thomas Tallis avec Missa puer natus et William Byrd Votive Mass of the Virgin. Mais également des compositeurs plus récents comme Benjamin Britten ou carrément vivant comme Matthew Martin et sa commande Salve Regina. Une pièce pleine de complexité qui met en valeur la pureté de la voix de l’alto dans un latin tout à fait intelligible. Bien qu’il exploite le  modèle traditionnel du plain-chant, Martin compose une œuvre parsemée de dissonances et d’accords non résolus, mettant ainsi en valeur la maîtrise pointue du texte par l’ensemble. Une œuvre qui en elle-même démontre le talent des chanteurs dans leur capacité à faire résonner leur voix d’une manière singulière et l’inclure dans un tout, notamment chez les basses. 

A l’approche des Fêtes, The Tallis Scholars nous offrent un moment magique, suspendu par la teneur sacrée des lieux et du chant et la propreté d’une exécution millimétrée. Les chanteurs font l’unité dans un seul et même flot et ce tout en subtilité, sans grands élans ou déplacements, traduisant l’aisance de chacun dans son rôle. Après l’ovation unanime du public, l’ensemble nous offre un encore du compositeur Jean Mouton qui vient toucher une tessiture plus grave et qui nous laisse en suspens pour le reste de cette soirée d’hiver plus que réussie.

PROGRAMME

Thomas Tallis (c.1505-1585) : Missa Puer natus est nobis – Gloria

William Byrd (c.1540-1623) : Messe votive de la Vierge
• Ave maris stella
• Rorate caeli
• Tollite portas
• Ave Maria
• Ecce virgo concipiet

Matthew Martin (b.1976) : Salve Regina*

Thomas Tallis : Missa Puer natus est nobis – Sanctus et Agnus Dei

Benjamin Britten (1913-1976) : A Hymn to the Virgin

John Taverner (1490-1545) : Mater Christi

John Nesbett (? – c.1488) : Magnificat

DISTRIBUTION

Peter Phillips – direction
Amy Haworth, soprano
Daisy Walford, soprano
Sumei Bao-Smith, soprano
Elisabeth Paul, alto
Anna Semple, alto
Simon Ponsford, alto
Steven Harrold, ténor
Tom Castle, ténor
Tim Scott Whiteley, basse
Ben Davies, basse

classique / pop instrumentale

Neiges de velours et flocons flamboyants : hommage à André Gagnon par l’OM

par Frédéric Cardin

L’hommage de l’Orchestre métropolitain à l’album Neiges d’André Gagnon s’avère un exercice réussi, si ce n’est de quelques manques. Il y avait en effet quelques écueils dans l’aventure, mais, bien que tous n’aient pas été surmontés, l’ensemble a donné lieu à des moments émouvants.

Dans ce genre de projet, on commence toujours par se demander ce que l’on va ajouter et ce que l’on va laisser tomber. En faisons-nous une lecture littérale, bien que bonifiée par l’ampleur symphonique, ou allons-nous explorer les possibilités insoupçonnées des partitions originales afin d’en étoffer l’impact? Le choix fait par l’arrangeur François Vallières penche plutôt du côté de la première option, tout en ayant assumé le classicisme intégral de l’orchestration, c’est-à-dire qu’il a biffé la présence des instruments d’origine électrique des partitions de Gagnon : la guitare et la basse électrique. 

C’est dans la pièce la plus emblématique de l’influence Disco, Wow, que le manque dont je parlais s’est fait le plus sentir. Les contrebasses n’ont pas réussi à projeter la même force de conviction sonore que la basse électrique de l’album, dans le fameux riff joué à l’époque par Jean-Guy Chapados. Peut-être faudrait-il trouver une astuce pour le rendre plus saillant dans un contexte acoustique. Cela dit, levons tout de même notre chapeau aux contrebassistes de l’OM pour avoir été techniquement épatant dans le rendu de cette ligne très bondissante. 

Dans la même pièce, un autre manque : les effets funky de guitare wah-wah, qui n’ont pas trouvé leur équivalent dans la traduction. Pourtant, j’aurais imaginé des trompettes en sourdine reproduire correctement l’effet en question. 

Rendu ici, vous pensez probablement que je n’ai pas aimé l’expérience. Ce n’est pas le cas. Au-delà de ces chipotages un peu précieux je le reconnais, j’avoue que la grande majorité des orchestrations nous ont permis de profiter de la richesse mélodique d’André Gagnon, et ce avec un surcroît de profondeur harmonique et même, occasionnellement, contrapuntique. Le Petit concerto pour Carignan et orchestre, très bien porté par le premier violon de l’OM, pour la portion ‘’classique’’, et le violoniste trad David Boulanger, pour la portion ‘’folklore’’, a eu l’effet d’une impressionnante bourrasque, même si j’aurais souhaité un orchestre avec plus d’amplitude et ajoutant de la profondeur sonore derrière les tourbillons de notes de Boulanger. 

L’Ouverture-éclair et Dédéthoven de leur côté ont bien profité du contexte symphonique, même si le velours orchestral avait tendance à diminuer la netteté cristalline de certaines voix, bien notables dans l’album. C’est l’excellente Julie Lamontagne, habituellement pianiste de jazz, qui a pris en charge l’exécution de ces deux premières pièces du programme au piano, se retrouvant ainsi avec la responsabilité de donner le ton au concert. Je ne peux lui offrir une note parfaite en raison de quelques légers accrocs techniques dans Dédéthoven, mais son excellent sens narratif et la qualité du souffle qu’elle a donné à ses interprétations ont été amplement appréciés. Elle a lancé la machine efficacement. L’autre pianiste, Rousso, s’est essentiellement chargé des portions romantiques, exception faite de sa lecture habile de Ta Samba. 

C’est d’ailleurs dans les plages lyriques que les orchestrations de Vallières ont résonné avec le plus de force et la musique de Gagnon a semblé la plus touchante, jusqu’à la finale grandiose, voire épique, de la pièce-titre Neiges et ses bordées d’arpèges baroques, accompagnés par le chœur de l’OM. Une conclusion puissante et convaincante à un hommage parcouru de belles émotions, mais en recherche de fignolage ici et là afin d’atteindre pleinement son potentiel expressif. 

Neiges constituait la première moitié du concert. La deuxième était occupée par un ensemble hétéroclite de flocons musicaux de Noël ou simplement festifs. À travers les lectures chaleureuses de classiques comme Have Yourself A Merry Little Christmas et C’est l’hiver, et des extraits de deux pièces chorales contemporaines très accessibles (Magnificat de Taylor Scott Davis et le Gloria de John Rutter), deux petites perles signées Antoine Gratton ont été jouées avec tous les feux d’artifices qu’elles réclamaient et ont durablement été imprimées dans mon esprit. 

Le Concerto trad pour David Boulanger est un flamboyant et trop bref exercice pour un violoniste trad de qualité, accompagné par un orchestre qui s’affirme sans écraser le soliste. Gratton sait trouver toutes sortes d’astuces pour rendre ses partitions intéressantes et éviter la banalité tout en demeurant familier. C’est d’ailleurs ce qu’il a réussi à faire avec brio dans l’autre perle dont je vous parlais, un arrangement de célèbres thèmes de films pour enfants prisés dans le temps des Fêtes, une sorte de ‘’Symphonie Ciné-Cadeau’’ regroupant de façon ingénieuse des bribes de mélodies bien connues provenant de films d’animation comme Astérix et Lucky Luke, et se terminant par un hymne choral reprenant la chanson L’amour a pris son temps, tiré de La guerre des tuques.

J’ai souvent remarqué la qualité des orchestrations de Gratton. Cette fantaisie sur des thèmes de films et surtout le Concerto trad me convainquent une fois de plus que le temps est plus que venu d’offrir à cet artiste de la plume symphonique la chance de présenter du matériel beaucoup plus substantiel, comme un concerto de dimension conséquente, ou une oeuvre symphonique complète et musclée. 

Le concert s’est terminé dans la douceur d’une version de Have Yourself A Merry Little Christmas, réunissant presque tout le monde sur scène avec le chœur. Pas de rappel, mais un public qui semblait très satisfait. Deux autres occasions vous sont offertes d’en faire l’expérience, dimanche matin et après-midi. 

INFOS ET BILLETS (ce qu’il reste)

Autres articles à consulter : 

Léa Moisan-Perrier : dans les souliers et avec la baguette d’André Gagnon
Dans les coulisses de Neiges d’André Gagnon, il y a 50 ans, avec le percussionniste Robert Leroux

baroque / classique

OSM | Le Messie… en Avent!

par Ariel Rutherford

10 décembre 2025, l’Avent bat son plein. Au cœur de la Maison symphonique de Montréal, l’OSM s’apprête, une fois de plus, à redonner vie au grand classique baroque qu’est le Messie de Haendel. Je suis assis rangée J, siège 23, mon sac à mes pieds. Je vais, pour la première fois découvrir et écouter l’entièreté du Messie. Je suis impatient. 

Les musiciens entrent sur scène, choeur, premier violon, solistes, Payare, applaudissements. Silence. Ça commence. Premier mouvement, Symphonie : l’oratorio émerge de la crypte du temps, aussi vivant qu’il y a 284 ans. Le miracle de la musique. Puis le premier soliste de la soirée se lève, ténor, et ça ne s’arrête plus. 

Je prends des notes, je gribouille, et surtout, j’écoute. C’est une œuvre massive et riche que Haendel a laissé à la postérité. Je ne vois pas le temps passer, la musique m’enveloppe, et voilà déjà l’entracte. Applaudissements, brouhaha, pause pipi. 

J’ai déjà des coups de cœur. Luciana Mancini, la mezzo-soprano, a une voix magnifique : chaude et puissante, ça me parle, ça m’enchante. C’est elle dont la voix, ce soir, me parait la plus puissante. Chaque fois qu’elle se lève, dans sa robe de velours turquoise, et marche vers le centre de la scène, j’ai hâte à ce qui m’attend. Le chœur reste malgré tout la vedette de la soirée: 35 voix qui fusionnent, s’affrontent, jouent et s’harmonisent, 35 voix qui se font un unique instrument. Un instrument qui me laisse à entendre des aperçus du paradis. Les fluctuations de registres, de volumes, du grave à l’aigu, du murmure au tonnerre, tant soudaines qu’imperceptibles, me donnent des frissons, m’arrachent par instant à Assiah. Quand je vois les chanteurs se lever à l’arrière de la scène, j’en ronronne presque.

Fin de l’entracte. Trois coups, je me rassois. Les musiciens retournent sur scène, chœur, premier violon, solistes, Payare, lumières, musique. C’est reparti. L’acte deux commence : avant de ressusciter le Christ, il faut bien le tuer – puisque le Messie de Haendel  avait été composé à l’origine pour Pâques. Les solistes se donnent à fond, ils sont à leur meilleur, plus assurés encore que dans le premier segment. Chaque mouvement est comme un nouveau chocolat tiré du calendrier de l’Avent, un plaisir. Les violons, trompettes et clavecins ne sont pas en reste : c’est beau, dramatique, triomphant et tragique. Les mélodies traversent mes tympans et me touchent au cœur.  J’ai bien dû laisser tomber une ou deux larmes et ce n’est pas dû à une poussière. Le Christ meurt, ressuscite, Alléluia. Le troisième et dernier mouvement m’a un peu laissé de marbre, mais je n’ai pas vu filer le temps, trois heures de bonheur. Applaudissement, trois rappels. Je rentre chez moi écrire ma critique, sourire aux lèvres.

Photos: Antoine Saito

jazz latin / latino

Ensemble de musique du monde de l’UdM : un bon cru, né dans le froid

par Frédéric Cardin

Chaque fin de session, l’ensemble de musique du monde de l’Université de Montréal, sous la direction de Julian Gutierrez Vinardell, présente le travail des étudiants du programme. Si vous cherchez un bon concert de musique latino (c’est l’expertise de Vinardell) gratuit, avec de respectables performances de salsa, de meringué, de cha-cha-cha et autres rythmes classiques de la musique latine, tout cela fortement teinté de jazz, vous devriez ajouter les concerts de ce groupe à votre agenda. 

Hier soir avait lieu le concert de la fin de session d’automne, avec un Julian Gutierrez Vinardell qui avait pour mission de compenser la noirceur hâtive et le froid frigorifique (hâtif lui aussi!) avec de la bonne humeur, pleine de soleil et de chaleur. Il réussit plutôt bien en la matière le monsieur, jouant l’entertainer efficace, mais heureusement sobre. Les jeunes musiciens (exception faite de deux vétérans supplémentaires à la trompette et aux percussions) ont bien intégré la nature mouvante des rythmes latinos, dans un programme constitué de deux compos de Vinardell, un traditionnel dominicain, plusieurs chansons arrangées pour l’occasion et une version de La valse des lilas de Michel Legrand. 

J’ai remarqué les belles présences de David Gareau à la voix et de Raphaël Labonté-Mathieu au piano. Le premier pour son timbre séduisant, son aisance avec l’espagnol et le legato rythmique latin, le deuxième pour de belles envolées improvisées et jazz. 

Une soirée qui a agréablement réchauffé l’espace vaste et très formel de la salle Claude-Champagne, au demeurant plutôt clairsemée. À ce sujet, je me demande s’il ne serait pas plus intéressant d‘offrir ce genre de concert dans un endroit approprié comme le Balattou, ou la Sala Rossa? L’efficacité, et la proximité des musiciens, décuplent l’efficacité des prestations. 

Quoi qu’il en soit, un autre programme sera donné au mois de mai 2026. J’ai très envie d’y être car j’ai été convaincu. Je vous suggère de tenter le coup également, si ce n’est déjà fait. 

AUTRES PUBLICATIONS PANM360 SUR LE SUJET : 

Entrevue de Vinardell par Frédéric Cardin il y a quelques jours

Entrevue de Vinardell par Michel Labrecque en mai 2025

Recension de l’album De Ti Lo Quiero Todo de Vinardell, sorti en 2024

musique contemporaine / Musique de création

Quatuor Molinari | Les miniatures de Blair Thomson, l’énergie noire de Kelly-Marie Murphy, le no 4 de R. Murray Schafer

par Jeremy Fortin

Le vendred 5 décembre, le quatuor Molinari présentait le programme  Rythmes canadiens,  mettant de l’avant les compositions de trois compositeurs en communion avec le rythme.

Le concert a débuté avec la pièce Dark Energy de Kelly-Marie Murphy, une œuvre  traitant du cosmos et de l’expansion continue de l’univers jusqu’à son éventuelle implosion. Cette description illustre parfaitement la pièce qui se déroule en grand crescendo en débutant avec une sublime mélodie que les membres du quatuor s’échangent continuellement sur un mélange de trémolos et de notes tenues, exécutées dans la douceur par les autres membres du quatuor. Il ne faut cependant pas se faire prendre au jeu, car tout comme l’univers prenant de l’expansion, le quatuor s’enflamme enchaînant les traits virtuoses joués avec  passion.

La deuxième pièce, unique création du concert, nous vient du compositeur Blair Thomson, qui présente pour l’occasion de ce concert son tout premier quatuor à cordes. Basée sur une succession de  miniatures, cette création du Molinari enchaîne une série de courts morceaux exploitant les nombreuses possibilités qu’un quatuor à cordes possède. C’est donc avec une grande virtuosité que le quatuor Molinari s’est lancé dans l’exercice, réussi avec brio.

Le concert s’est  terminé avec le quatuor à cordes no 4  de R. Murray Schafer, que le Molinari affectionne particulièrement. Après avoir joué ce même quatuor à cordes à leur tout premier concert en 1997, l’ensemble nous interprète cette œuvre magnifique au cœur de sa  29e saison.

La particularité de cette pièce est la spatialisation du son: alors que la pièce débute, la violoniste Olga Ranzenhofer se trouve à l’arrière-scène, et ce, en constant dialogue avec le quatuor. Au long de la première partie de la pièce, la violoniste sort de l’arrière-scène et s’approche tranquillement de ses collègues, un moment dramatique exécuté avec une grande expressivité. Après une deuxième section plus traditionnelle que le quatuor a joué  impeccablement, la pièce se termine en douceur avec une voix lointaine venant de l’arrière-scène, un moment de pure mélancolie.

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baroque / classique / musique sacrée

Caprice/ArtChoral à la Maison symphonique | La table de Noël est dressée

par Alain Brunet

Avec le programme Hallelujah!, présenté le jeudi 4 décembre à la Maison symphonique, les ensembles Caprice et ArtChoral ont dressé la table des Fêtes. Voilà un des premiers concerts d’une longue série de décembre, où les œuvres incontournables sont présentées au public fervent de traditions sacrées ou profanes. Matthias Maute est un excellent maître de cérémonie en ce sens, son humour et ses capacités de communicateur sont à la hauteur de ses compétences musicales. On reste attentif en tout temps, on peut aussi sourire et rire de bon cœur.

D’entrée de jeu, une œuvre du chef lui-même est exécutée avec le concert de l’auditoire. Les chants et la construction de Hallelujah sont de facture rétro-nuovo, en ce sens qu’elles respectent l’esprit sacré de l’époque baroque, avec un petit je ne sais quoi d’aujourd’hui parce que des chansons modernes pourraient reprendre des procédés similaires dans leur construction.

La suite du programme était constituée de parties probantes des deux œuvres les plus emblématiques de l’époque baroque, reprises annuellement pour la Nativité.

D’abord, la cantate no1 de l’Oratorio de Noël de JS Bach, un foisonnement choral magnifié par les cuivres et les bois de l’orchestre. Les 9 parties de cette cantate sont assurément maîtrisées par ArtChoral et Caprice, dirigés par un unique chef et directeur artistique. Matthias Maute , faut-il le rappeler, est un maître  « baroqueux » de culture luthérienne, et donc enclin à la grande musique chorale – il est originaire de l’Allemagne méridionale, dans la grande région de Stuttgart.

On aura droit aux interventions probantes de la mezzo-soprano Florence Bourget, dont les fréquences n’ont pas pour objet de démontrer de la puissance mais plutôt de la texture et de la justesse dans ce contexte (les parties 3 et 4).  Le ténor Emmanuel Hasler, que nos commentateurs de hockey qualifieraient de « gros bonhomme », exprime une voix haute et ferme dans les parties 2 et 6. Dans la partie 7, la basse William Kraushaar m’est apparu comme un soliste des plus éloquents, tant pour sa puissance que sa présence sur scène. Il partageait la scène un moment avec la soprano Marianne Lambert, qui offrait un complément intéressant au soliste principal de cette partie, pendant que les anches soufflaient en contrepoint. La basse a ensuite accompli magistralement sa tâche de la partie 8, avant le le choral de la partie 9 coiffe le tout.

Georg Friedrich Haendel avait été sélectionné en deuxième partie de programme. Un choix justifié puisque de Le Messie est l’œuvre la plus jouée durant la période de l’Avent, alors qu’elle avait été composée à l’origine pour célébrer la résurrection du Christ. La posture lumineuse et sensuelle des sections confiées la soprano Marianne Lambert (There were shepherds abiding in the fields et Rejoice, greatly, O daughter of Zion) auront été parmi les passages marquants de cette exécution. La Nativité, première partie du Messie, aura été impeccablement exécutée par les ensembles, instruments anciens à l’appui, et les solistes avant qu’on y ajoute au dessert le fameux Hallelujah!, qui conclut normalement la 2e partie du Messie. Comment put-il en être autrement?

classique / classique moderne / post-romantique

OSM | Folklorique et hollywoodien

par Jeremy Fortin

L’OSM présente une soirée à saveur folklorique et hollywoodienne. Au tour de la violoniste Simone Lamsma d’agir en tant que soliste à la Maison symphonique avec le concert  Éclatante nostalgie : De l’Europe à Hollywood  que l’OSM présentait   deux soirs consécutifs  avec une version  Apéro symphonique  mardi,  avant de présenter le programme dans une version plus traditionnelle le mercredi.

Le programme arborant la pastille « poétique » dans la programmation de l’orchestre met de l’avant Béla Bartok et Erich Wolfgang Korngold, deux compositeurs de l’Europe de l’Est ayant au cours de leurs vies respectives émigré aux États-Unis. Dans une ambiance folklorique et parfois même hollywoodienne (comme le titre le précise)  ce programme marquait le retour de Rafael Payare à la barre de l’OSM à l’approche des fêtes.

Une œuvre de Claude Debussy amorçait le concert avec une orchestration de la pièce L’isle joyeuse, originalement composée pour piano. À l’aide de soufflets que l’orchestre effectua à merveille et d’un son qui a su remplir la Maison symphonique, le public a pu se laisser bercer pendant cette première pièce du concert.

Le Concerto pour Violon de Korngold, interprété par Simone Lamsma, poursuivit  le concert en beauté. La pièce pige dans plusieurs thèmes du cinéma composés par le Korngold  illustration le côté plus hollywoodien de ce concert, particulièrement dans les deux premiers mouvements où la soliste a su jouer avec grande délicatesse les grandes envolées lyriques du concerto avant de conclure la pièce avec un 3e mouvement teinté de virtuosité où nous avons pu témoigner de la complicité entre Lamsma et Payare, qui partageaient des sourires complices tout au long du mouvement. L’orchestre a su laisser briller la soliste tout en prenant la place nécessaire dans les tuttis.

Le concert s’est terminé avec le Concerto pour orchestre de Bartok. Si le genre musical du concerto est traditionnellement pour un instrument solo accompagné d’un ensemble, il est clair à l’écoute que Bartok a voulu donner la parole aux différentes sections de l’orchestre avec des tuttis et des solos un peu partout au travers de celle-ci. En ce qui concerne l’interprétation de la pièce, Rafael Payare a une fois de plus démontré sa capacité à faire vibrer l’orchestre dans les passages les plus intenses de la pièce, particulièrement avec les cuivres qui étaient au rendez-vous hier soir pour ce concert. Cette intensité lui a donc permis d’aller chercher un contraste bienvenu dans les deuxième et quatrième mouvements, qui, malgré leur douceur et leur fluidité, ont été quelque peu éclipsés par les trois autres mouvements, qui possèdent une force de caractère certainement plus grande.

Photo Antoine Saito

Brésil / forró / samba

Une double célébration carnavalesque

par Sandra Gasana

La Sala Rosa était pleine à craquer pour la célébration du double-anniversaire de Forró Rasta Paix et Tamboréal Samba Bloco. Alors que le premier groupe célébrait ses deux ans, le second fêtait son tout premier anniversaire.

La soirée a débuté avec Forró Rasta Paix, un groupe composé de cinq membres incluant Fabio Stilben que nous avons eu en entrevue. Alors qu’il chante et joue du triangle, il était accompagné de Pablo Majlis à l’accordéon, Alexandre Monteiro à la flûte traversière, Vovô Saramanda aux percussions et Anit Ghosh au violon ou à la basse selon la chanson.

Nous avons eu droit principalement à des reprises du large répertoire de forró, avec des classiques de Luis Gonzaga entre autres, mais également du xote, un style qui s’apparente au reggae. La piste de danse se remplissait de couples, ce style se danse principalement à deux. 

« Pour la prochaine chanson, nous allons inviter notre marraine qui supporte le forro depuis longtemps, Bïa », annonce Fabio avant d’accueillir la grande chanteuse et animatrice brésilienne.

Pour les dernières chansons, Fabio a laissé sa place au triangle à Lissiena Neiva, une autre figure importante de la scène musicale brésilienne à Montréal, principalement dans les rodas de samba, pour se concentrer entièrement au chant. Cela lui a permis de se défouler plus librement et de danser même.

Mon coup de cœur de la soirée était la reprise de Vamos Fugir, de Gilberto Gil mais surtout Bebê de Hermeto Pascoal, parfaitement maitrisée par Alexandre Monteiro et sa flûte.

Comme Fabio nous l’avait décrit lors de notre entrevue, la soirée a commencé avec des morceaux plutôt calmes avant de terminer en véritable fête aux allures de carnaval. Le public dansait dans tous les sens, chantait toutes les chansons par cœur et avait même initié une sorte de tunnel qui circulait dans toute la salle. Bref, après le premier set, la barre était déjà bien haute.

Après une courte pause, Tamboréal a ouvert le bal avec deux morceaux joués par les étudiants. En effet, en plus d’être un groupe de percussionnistes, Tamboréal offre également des cours de percussions depuis quelques mois et c’était la première prestation devant public de ces étudiants. S’en est suivi le véritable collectif Tamboréal Samba Bloco, composé de 18 percussionnistes, 3 musiciens : basse, guitare électrique et cavaquinho, et bien entendu, le chef d’orchestre Carlos, avec qui nous nous sommes entretenus.

Chacun des musiciens a eu la chance de chanter sur certains morceaux mais le reste du temps, c’était la chanteuse Thaynara Perí qui occupait parfaitement ce rôle. Elle alternait entre son instrument percussif et le chant, mais c’était clairement dans le chant qu’elle brillait. Malgré le bruit imposant des percussions, on entendait tout de même sa voix qui portait.

Leur répertoire est composé de reprises mais également de compositions originales, notamment un morceau qui porte le nom du groupe.

« J’aimerais qu’on applaudisse tous les amateurs de Capoeira et ce qu’ils ont fait pour faire connaitre cet art martial à travers le monde », dit Carlos avant de présenter le morceau « Capoeira ». Tout comme Thaynara, il alternait entre son rôle de chef d’orchestre, de percussionniste et de MC puisqu’il prenait la parole entre les morceaux pour fournir du contexte ou parler des morceaux.

Certains morceaux avaient des allures plutôt rock, en partie grâce à la guitare électrique, mais sinon on a eu droit à un mélange de samba, forró, maracatu et de axé.

Carlos a même pris le temps d’inviter Fabio sur un morceau, accentuant cette idée de collaboration. Pendant ce temps, dans le public, les gens se mettaient à faire des danses en ligne, certains s’improvisant profs de danse alors que d’autres suivaient les pas derrières.

« Il nous a fallu beaucoup d’heures de travail, de l’amour, de la sueur pour vous offrir un spectacle comme celui-ci, j’espère que vous en profitez bien », nous partage Thaynara en portugais, entre deux chansons.

J’ai l’impression que ces soirées double-anniversaires risquent d’être un rituel puisque c’est déjà la deuxième fois que ces deux groupes célèbrent ensemble. Et même s’il y avait un autre événement majeur dans la communauté brésilienne cette fin de semaine (Sambakana), cela n’a pas empêché d’avoir une bonne foule à la Sala Rosa, autre indicateur de la taille importante de la communauté brésilienne à Montréal. Il y en a pour tous les goûts.

électronique

EAF x SAT | L’océan sonore d’IRL

par Loic Minty

Après une longue nuit passée à écouter de la musique à la SAT, je me suis réveillé en me souvenant de ce que je pensais être un rêve.

IRL, alias Amanda Harvey, a ouvert le bal avec une ode à sa pratique d’écoute anthropocène : un enregistrement sur le terrain d’un paysage sonore océanique.

Immédiatement, les pensées vagabondes se sont estompées et réduites au balancement des vagues. Très lentement, alors que nous atteignions le niveau le plus bas de notre attention, nos oreilles se sont ouvertes dans l’attente des premières notes d’un pad chaleureux. Doucement mais sûrement, IRL a commencé.

Des profondeurs sous la surface de l’eau émergea un drone. Puis, alors que les motifs de son échantillonneur s’entremêlaient, des rythmes remplirent l’espace, créant ce qui semblait être un océan entre chaque note. Au-dessus, un clavier jouait doucement la symphonie d’un millier d’anges avec leurs cors. Elle était aiguë et aérienne, mais également ancrée dans l’espace. Se déplaçant d’avant en arrière, IRL faisait des pauses, écoutait, sentait la foule. La « performance » semblait secondaire par rapport à un désir de canaliser quelque chose de plus grand. Au fil du temps, le canal est devenu de plus en plus clair, et les parasites se sont transformés en une petite boule de peluche.

Derrière elle, on voyait ce qui semblait être des images tournées en 16 mm, dont le cadre se reconfigurait sans cesse, laissant place à l’imagination pour deviner quelle vie se cachait derrière ces taches floues de lumière. Il n’y avait ni sujet ni histoire, mais le thème était très fort. Il suscitait des images dans l’esprit et, associé à la musique, créait ce que Michel Chion a appelé l’illusion audiovisuelle. Nous voyions simultanément le son et entendions les images bouger à l’écran. Ainsi, ce que nous vivions dépassait les deux médias : une sorte de poème qui s’adressait aux profondeurs de la mémoire, à un rêve récurrent commun que nous n’avons pas encore fait. Sur les enregistrements sur le terrain et les bourdonnements profonds d’IRL, les images de mousse marine, de chaînes de montagnes désertes, de traînées de lave, tout cela s’est intériorisé en un tout. Et là, si l’on écoutait attentivement, on pouvait entendre les sans-voix.

Lors de notre entretien l’hiver dernier, alors qu’elle préparait son exposition Substrat, Amanda Harvey a longuement parlé de l’influence de l’écoute sur sa pratique artistique, et je me rends compte que je n’avais pas compris ce que cela signifiait jusqu’à hier soir. Sa musique s’apparentait davantage à une pratique de méditation sonore inspirée de Pauline Oliveros qu’à un concert classique, et son approche altruiste et expérientielle exigeait une présence physique, ce que les descriptions indirectes ne parviennent souvent pas à transmettre.

EAF est un aimant qui attire ces êtres uniques. Il y a beaucoup à dire sur l’influence croissante de cette série, et on a l’impression que la chrysalide a commencé à se fissurer. Pourtant, elle reste l’œuvre et l’apanage des artistes. De petites bulles issues des sous-cultures environnantes apparaissent régulièrement pour donner un peu d’air à cette formule exploratoire désormais familière, c’est-à-dire un engagement avec l’indéfini. Et ainsi, l’histoire continue, avançant vers le présent inexploré.

bass-music / drum & bass / électronique / groove / jazz groove / tech-house

Au sujet de Patche

par Alain Brunet

Il y a un buzz justifié à l’endroit de Mode, 3e album de Patche, ça fait un moment que les échos rebondissent sur PAN M 360. Tant et si bien que M pour Montréal, soit le 21 novembre dernier au Ausgang, était l’occasion de se faire une tête et aussi se refaire un plexus.

Ainsi, on a pu apprécier ces excellents grooves signés Eliott Durocher Bundock, JB Pinard, Lévy Bourbonnais, Étienne Dupré, Mandela Coupal Dalgleish, musiciens éminemment actifs sur la scène keb et qui peaufinent ce projet signature lorsque l’occasion le leur permet.

Le communiqué promotionnel de Patche dissèque l’opus Mode en « grooves dissidents, structures élastiques, réverbérations caverneuses, rythmes labyrinthiques, intensité enthousiasmante, fébrilité collective et visées cosmiques ». Bon, bon…

Pour ma part, Patche est constitué d’une très solide section rythmique basse/batterie et d’un trio de synthés modulaires (d’où patche, on imagine) / effets / harmonica chromatique qui génèrent les flux texturaux et riffs harmoniques pas piqués des vers. Les beats sont très clairement inspirés de l’électro, jungle, drum&bass, jazz-fusion, jazz électro, mathrock, bass music, tech-house mais joués par des mains et des pieds, le tout complété par une lutherie surtout électronique.

Depuis l’époque de Squarepusher, soit deux décennies plus tôt, des sections rythmiques en chair et en os assurent le groove de plusieurs projets électroniques jadis qualifiés de IDM… À Montréal, voilà un autre exemple probant de cette croissance et de cette maturation, soit cette fusion de plus en plus fluide d’instrumentistes éduqués et de férus d’électro. Tant pour les beats que pour les enrobages, on se régale au buffet de Patche.

bebop / jazz / saxophone

ONJ | Un orchestre de cordes, un ensemble de jazz et des saxophones altos célèbrent Charlie Parker

par Michel Labrecque

En entrant dans la Cinquième Salle de la Place des Arts, vingt minutes avant le concert, l’ensemble de cordes était déjà fébrile : les instruments s’accordaient, faisaient des gammes et virevoltaient dans tous les sens.

L’Orchestre national de Jazz s’est métamorphosé en ensemble de cordes, comme ça lui arrive à l’occasion. Cette occasion-ci était de rendre un hommage à Charlie Parker with Strings, ce moment rare où, entre 1949 et 1951, le grand saxophoniste de be-bop a enregistré avec un ensemble de cordes. Un moment qui a marqué l’histoire à cette époque.

Pour commémorer cet événement, l’ONJ a pris les grands moyens : sur scène, on trouvait une vingtaine de violonistes, altistes et violoncellistes, accompagnés d’une harpiste, d’une hautboïste et d’une joueuse de cor anglais. De plus, on trouvait une section rythmique, batterie, basse, guitare, piano.

Le directeur musical de cette soirée, Samuel Blais, m’avait raconté en entrevue que Charlie Parker, alias Bird, n’a jamais eu droit à un ensemble aussi vaste. À l’époque, le producteur voulait économiser, donc c’était un petit ensemble de cordes qui a collaboré avec le grand saxophoniste.

Pour incarner Charlie Parker, Samuel Blais a fait appel à des habitués de l’ONJ : les excellents saxophonistes montréalais Jean-Pierre Zanella, Rémi Bolduc, André Leroux et Alexandre Côté. Chacun d’eux a eu son moment de dialogue avec l’ensemble de cordes.

Comment vous dire simplement ? Tout ça sonnait très bien ! C’était fluide et riche. L’ONJ a respecté scrupuleusement les arrangements de l’époque, mais les saxophonistes avaient la liberté d’improviser, sans chercher à copier Parker. Évidemment, il faut aimer le style de l’époque. Les cordes sonnent parfois comme une trame sonore d’un film de Walt Disney. Mais c’est finement arrangé et, en cette époque grise, ça rajoute un peu de couleur dans nos vies.

Ne me demandez surtout pas lequel des quatre solistes était le meilleur. Chacun avait sa propre couleur. Et c’est très bien comme cela.

Pour terminer, les quatre larrons se sont retrouvés sur scène et se sont laissés aller dans une série de solos, accompagnés de la section rythmique, pour une dernière pièce. L’orchestre de cordes et de vents, presque entièrement constitué de femmes, tapait du pied en souriant.

Dans la salle, nous faisions pareil….

C’était une très belle soirée, à guichet fermé, bien qu’autour de moi, il y avait quelques sièges vides.

Le prochain rendez-vous de l’ONJ sera Ellingtonien. Le 15 janvier 2026, Kim Richardson chantera Duke Ellington, sous le direction de Marianne Trudel. Bonne année !

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classique / période romantique / post-romantique

OSM | Première présence réussie pour Anja Bihlmaier à la barre

par Jeremy Fortin

Ce mercredi l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) présentait à la maison symphonique, la Symphonie « Pathétique » de Tchaïkovski, dirigé pour l’occasion par la cheffe allemande Anja Bihlmaier, qui en était à sa première performance avec l’OSM.

C’est avec l’énergique Ballade en la mineur de Samuel Coleridge-Taylor que le concert fut lancé. Dès les premières minutes de cette pièce très rythmée et expressive, on peut constater que la cheffe n’a aucune intention de pousser l’orchestre aux extrêmes de son niveau sonore en cette première partie de concert. Celle-ci mise plutôt sur une précision de l’articulation et un approfondissement des nuances entre le piano et le mezzo-forte.

La soirée s’est poursuivie avec un invité de marque, soit le violoncelliste franco-allemand Nicolas Altstaedt, qui était présent pour interpréter le Concerto en mi mineur du compositeur anglais Edward Elgar. Sa performance fut certes d’une grande qualité et ses échanges avec l’orchestre étaient de toute beauté, particulièrement lors des sections plus douces du concerto. Bihlmaier continue pour sa part avec une approche dans la douceur, nous donnant un dialogue pianissimo entre le soliste et l’orchestre absolument sublime.

Pour cette deuxième partie de concert, les spectateurs ont eu le droit à une représentation tout simplement magnifique de la Symphonie « Pathétique » de Tchaïkovski. L’orchestration incroyable de la pièce permet à l’auditeur de savourer chaque section de l’orchestre en commençant par les bois, plus particulièrement le basson, qui, avec une précision impeccable, énonce le premier thème presque en solo soutenu par un tapis de corde. Les cuivres, quant à eux, auront tout le plaisir du monde durant les moments plus sonores de la pièce. Si certains ont douté de la capacité de la cheffe à faire ressortir ces moments plus grandiose après une première partie où l’on pouvait sentir qu’elle se contenait, ils ont vite été rassurés. Effectivement, la cheffe allemande a su exploiter les nuances de la pièce avec brio, tout en gardant la légèreté mise de l’avant dans la première partie du concert.

Une chose est sûre, les applaudissements inattendus du public à la fin du 3e mouvement qui auront certainement dérangé les plus habitués à la Maison symphonique, ainsi que la pluie d’applaudissement quelques minutes plus tard à la fin de la pièce témoigne d’une première présence réussie pour Anja Bihlmaier à la barre de l’OSM.

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