électronique

MUTEK | Al Wooton tient son public en haleine pendant 2 heures

par Julius Cesaratto

Pour clôturer l’Expérience 2 du Mutek, le DJ et producteur londonien Al Wooton s’est inspiré de la riche tradition musicale de sa ville, qui mêle les genres, pour offrir un set percussif et changeant. 

Il a amorcé sa performance de deux heures avec des textures industrielles.Nous avons traversé une atmosphère sombre avant de passer progressivement vers un boisé de marimbas,  percussions à main samplées et voix d’inspiration africaine. Dès lors, le rythme a pris le dessus, les percussions étant le moteur du spectacle. 

Le set de Wooton a évolué avec fluidité entre la bass music britannique décontractée et l’afrobeat, avec des touches d’acid et de baile funk. Il a progressivement évolué vers des rythmes plus lourds et des variations complexes de patterns de batterie, ponctués de breakdowns bien placés. Des cris d’oiseaux et de chauves-souris, ainsi que des samples de flûte de pan, ont insufflé des éclats de vie organique à son paysage sonore immersif. Les voix distordues et percutantes qui se sont entremêlées vers la fin étaient particulièrement frappantes. Une énergie brute, presque rituelle. 

Derrière les platines, Wooton était totalement absorbé par son art, levant rarement les yeux, mais visiblement concentré sur le groove. Son contrôle des changements de tempo, des breaks et de l’escalade rythmique a maintenu la piste de danse en mouvement, les corps bougeant au rythme des flux et reflux qui faisaient écho au voyage tribal qu’il traçait.

Cette approche en montagnes russes a maintenu le public en haleine jusqu’à la toute fin. Les derniers instants – une avalanche percussive de bongos, de sifflets de samba, de flûtes de pan et de chants latins endiablés – ont fait hurler et applaudir la foule alors que le set touchait à sa fin triomphale.

photo: Frédérique Ménard-Aubin

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électronique / expérimental / contemporain / micro-house

MUTEK | Yu Su & Myriam Boucher, voyage sans rivage

par Marc-Antoine Bernier

Mardi soir à la SAT, le premier volet des Nocturnes de MUTEK s’est ouvert sur une performance envoûtante où la musique de Yu Su et les visuels de Myriam Boucher se sont rejoints dans un dialogue concluant, entre fluidité sonore et vortex lumineux. Dès les premiers instants, on plongeait dans un univers à la fois intime et expansif, où chaque geste semblait résonner avec le précédent.

Le live set de Yu Su commença délicatement, lançant le ton avec une trame ambient mouvante, où un effet de push and pull obtenu par l’interaction du kick et du synthé aérien évoquait le ressac sur la berge. Il est clair dès les premières secondes que Yu Su nous invitait à partager un rêve collectif, guidé par des mélodies délicates et une exploration onirique.

Rapidement, cet état de micro-gravité basculait vers la piste de danse, propulsé par des percussions pulsées aux saveurs house. Ces changements d’état, caractérisés par des contrastes inattendus, allaient marquer la soirée entière. Yu Su joue avec le principe de fluidité, démontrant une sensibilité singulière pour la narration musicale : un état de flux où les motifs se déploient à l’infini, jusqu’à nous téléporter vers un nouveau monde sonore.

Que ce soit l’ambient techno, la progressive electronic, la microhouse, l’expérimental ou le balearic beat, Yu Su y infuse une atmosphère tangible, hypnotique et luxuriante.

Au visuel, l’artiste montréalaise Myriam Boucher proposait un environnement en parfaite résonance avec la musique, traduisant l’intuition et les émotions de Yu Su dans une trame colorée. La méta narration, portée par une palette dominée de magenta, de violet et de rose, enveloppait la dimension émotionnelle et intuitive de la performance : douceur, innocence, romantisme, intimité, créativité et transformation pour n’en citer que quelques-unes.

Illustrant l’idée d’un voyage sans destination précise, à la fois expansif et ludique, le flow visuel se déployait en mouvements cycliques et hypnotiques, créant un va-et-vient rythmique d’une grande puissance magnétique. Ces flux adoptaient parfois la forme d’un vortex abstrait aux allures minérales, rappelant les motifs des cavernes ou une pluie d’étoiles, mais aussi l’élan fluide de coups de pinceau glissant sur une toile.

Cette rencontre entre deux univers a offert un moment suspendu, où musique et image s’entrelacent pour ouvrir un espace de voyage intérieur, sans destination précise mais riche en sensations partagées.

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électronique / expérimental / contemporain / percussions

MUTEK | Valentina et upsammy, tactile et atmosphérique

par Marc-Antoine Bernier

Pour sa seconde apparition à MUTEK 2025, la percussionniste italienne Valentina Magaletti retrouvait hier la scène de la Société des Arts Technologiques, cette fois en duo avec la productrice néerlandaise Thessa Thorsing, alias upsammy. Ensemble, elles ont offert une musique tactile et atmosphérique, oscillant entre densité rythmique et clarté mélodique.

Leur histoire débute en 2023, lorsqu’une commande du Rijksmuseum d’Amsterdam les mène à explorer les espaces acoustiques du musée. De cette immersion naît une matière sonore foisonnante, nourrie par les résonances, l’écoute de l’architecture et la rencontre de deux sensibilités. Cette complicité trouve aujourd’hui son prolongement dans une performance qui fait office de prélude à leur premier album commun.

Sur scène, upsammy recompose en direct les enregistrements par boucles et synthèse granulaire, tandis que Magaletti tisse ses frappes sur batterie, vibraphone et objets divers. Leurs textures se confondent jusqu’à rendre difficile la distinction entre geste percussif et traitement électronique. De plus, la sensibilité de Thorsing ressortait particulièrement dans son travail minutieux de transformation et de recomposition, donnant naissance à des paysages sonores en mouvement constant. En parallèle, le jeu de batterie aux accents jungle et drum and bass de Magaletti brouillait les repères, faisant surgir une matière toujours changeante.

Le public s’est laissé porter par cette trame mouvante durant les 40 minutes de leur performance, entre élan improvisé et structures esquissées, où affleurent des échos de drum and bass, de techno et d’électroacoustique. Leur dialogue sonore s’imposait comme une invitation à explorer, comme si le son lui-même guidait l’auditeur dans un tissage de résonances architecturales et d’émotions palpables

Cette rencontre à MUTEK a révélé un duo en pleine efflorescence créative, capable de transformer la scène en véritable laboratoire vivant. Une promesse qui annonce un album à venir aussi audacieux que leur rencontre scénique à MUTEK.

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micro-house

MUTEK | Une Expérience A-1 avec Stephen Beaupré

par Julius Cesaratto

Le Montréalais Stephen Beaupré nous a fait vivre son Expérience 1, soit le premier soir de MUTEK en plein air avec Return, titre d’un set live finement ciselé de micro-house, samples sophistiqués et rythmes hypnotiques.

S’inspirant de nouveaux morceaux tirés de son dernier album Vanishing Night, ainsi que d’exclusivités inédites issues d’un projet à venir, il a interprété exclusivement des compositions originales pour la première édition de la série gratuite, présentée à L’Esplanade Tranquille.

Le pionnier local de la micro-house est monté sur scène avec un petit keffieh noué autour du cou en guise de cravate. Baigné dans une lumière rose et rouge, Beaupré a fait monter la température en posant des lignes de basse funky, qu’il a fusionnées de manière fluide avec des voix éthérées et rêveuses qui se sont intensifiées à mesure que la nuit tombait sur le Quartier des Spectacles. Dans un même ordre d’idée, la foule a pris du volume pendant que le soleil se couchait sur l’Esplanade Tranquille. Palpitant !

Bien que le son de Beaupré véhicule une certaine nostalgie, ce pilier de la scène underground a réuni les jeunes amateurs de musique dance et les vétérans de MUTEK. Les festivaliers de longue date ont embrassé leurs vieux amis, créant un sentiment d’intimité dans la foule. L’un des moments les plus marquants de la soirée a été lorsque la boucle vocale de « Free, Free Palestine » a retenti, superposée à un battement de tambour puissant. Le chant a résonné à travers la place, témoignant de l’unité de la piste de danse, tandis que les participants répondaient à cette puissante – bien que modeste – manifestation de solidarité avec la cause palestinienne.

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Amérique latine / breakbeat / électronique / house / techno

MUTEK | Nicola Cruz donne le ton à l’Esplanade tranquille

par Marc-Antoine Bernier

Nicola Cruz est monté sur scène à l’Esplanade Tranquille à 21 h pour clore la première soirée du 26e MUTEK, devant une foule importante venue vivre l’expérience en chair et en os de son DJ set. Vêtu d’un col roulé et d’une veste jean, arborant une attitude à la fois enjouée et décontractée, il a lancé la soirée avec une présence sobre mais magnétique.

Cette première performance DJ s’inscrivait dans une programmation déjà amorcée par l’intervention percussive et interactive de Valentina Magaletti, suivie du live immersif de Stephen Beaupré, qui manœuvrait avec synthétiseur, boîte à rythmes et Ableton Live.

L’attirail du producteur équatorien paraissait simple: devant lui, quatre platines à entraînement direct sur lesquelles il faisait tourner les vinyles de sa collection. Cette approche traditionnaliste du DJing a donné lieu à un set éclectique, mêlant techno, house et breakbeat, tout en y incorporant une large palette d’influences musicales, des Balkans à l’Amérique latine, en passant par les scènes électro underground nord-américaines et la house européenne.

Cette exécution de morceaux électro-futuristes témoignait de son profond attachement à une musique résolument corporelle, qui a su éveiller les festivaliers dans une communion rythmique, où l’effervescence kinétique n’a cessé de croître au fil du set.

Les rythmes techno et électro résonnaient dans la cage thoracique, provoquant une réaction viscérale : les têtes hochaient, les épaules se balançaient, les jambes frappaient le sol au rythme de la musique. Les passages les plus intenses se mêlaient à des moments de transe accentués par des distorsions, des bips expérimentaux et des percussions latines, le tout porté par des ornements rythmiques subtils et enveloppants. Dans cet espace saturé de basses et de percussions, la foule devenait un seul organisme vibrant, respirant au rythme d’un kick soutenu. D’autres moments nous plongeaient dans la dub techno, la minimal techno et la microhouse, offrant fluidité et relâchement, et installant les festivaliers dans un état quasi méditatif.

S’étant vu accorder une quinzaine de minutes supplémentaires, Nicola Cruz a conclu la soirée en force, mêlant l’ensemble des genres explorés au fil du set dans une finale énergique marquée par son edit du morceau aux influences Chicago house It’s Gonna Be… (A Lovely Day). On ne pouvait demander mieux pour lancer cette 26e édition du festival MUTEK.

Nicola Cruz sera produira de nouveau le samedi 23 août dans le cadre de Metropolis 2, à compter de 23 h.

photo: Vivien Gaumand

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électronique / expérimental / contemporain / Instrumental

MUTEK | Valentina Magaletti ouvre le bal

par Félicité Couëlle-Brunet

Dans une atmosphère à la fois sobre et intentionnée, MUTEK 26 a été lancé mardi soir à l’Esplanade Tranquille. Pas d’effervescence immédiate : l’accueil se voulait posé, presque rituel, comme une façon de préparer le terrain avant l’avalanche de performances éclatantes qui jalonneront le festival.

Dans ce moment de rassemblement, on pouvait sentir un ancrage collectif, un souffle partagé, comme si Montréal retenait sa respiration en attendant que la musique prenne le relais.

C’est à Valentina Magaletti que revenait la tâche d’inscrire ce premier geste. Percussionniste italienne basée à Londres, elle s’est présentée sur scène avec une assurance tranquille, prête à nous faire voyager dans son univers polyrythmique. Elle s’est déplacée avec fluidité entre les tambourins, le vibraphone et la batterie, tissant une conversation sonore où chaque instrument ouvrait la porte à une nouvelle

dimension. Sa pratique, nourrie par le jazz, l’expérimentation et l’improvisation, induit une écoute rare: on sent qu’elle ne cherche pas seulement à frapper, mais à dialoguer avec la matière même du son.

Le public, lui, oscillait entre fascination et abandon. On n’assistait pas à une démonstration, mais à une invitation au ressenti. À travers ses gestes précis, Valentina Magaletti a fait émerger cette excitation singulière qu’on reconnaît lorsque la musique nous traverse entièrement. Ses rythmes semblaient parfois s’échapper de la scène pour circuler dans les corps, installant un engouement progressif, presque insidieux, qui nous enveloppait plutôt qu’il ne nous saisissait de front.

Ainsi, l’ouverture de MUTEK 26 n’a pas choisi l’éclat ou la démesure, mais un état de présence. Ce fut un accueil enraciné, vibrant, qui nous a rappelé que la musique commence souvent par une écoute attentive avant de se déployer en intensité. Un prélude sensible et maîtrisé, promesse d’un festival où chaque vibration comptera.

Photo: Vivien Gaumand

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Brésil / forró / latino

La joie de vivre de JØY Brandt

par Sandra Gasana

Ce nom vous est peut-être familier puisque je l’avais mentionné dans ma critique du concert des Gilsons, dont elle assurait la première partie. Cette fois-ci, celle qui est basée à Toronto est revenue à Montréal en formule trio, accompagnée par Mari Palhares aux percussions et Samyle Carvalho à la guitare et aux chœurs. JØY, quant à elle, joue plusieurs instruments durant ses chansons, notamment le triangle et le kazoo, que j’ai découvert ce soir-là.

Elle débute a capella, déployant sa voix en mode crescendo. Elle débute avec ses propres compositions originales, comme A Calma Acalma ou encore Vem avant de faire quelques reprises de classiques brésiliens, telles que Morena Tropicana, qui a reçu un bel accueil. La salle se remplissait au fur et à mesure que la soirée avançait, principalement composée de Brésiliens et amateurs de musique brésilienne.

Certains passages du concert avaient des allures de cérémonies spirituelles, alors que JØY tentait par moments de s’exprimer en français avant de revenir au portugais.
« Je suis une chanteuse et compositrice brésilienne et canadienne, et je viens du Nord-Est du Brésil », nous apprend-elle.

La synergie était palpable avec ses musiciennes, particulièrement avec la guitariste Samyle, qui avait le sourire aux lèvres tout au long du concert. D’ailleurs, elle fait les chœurs sur plusieurs chansons, en plus d’avoir un jeu de guitare impressionnant.

« La prochaine chanson parle de notre réflexion sur notre vision du monde, et comment nous utilisons notre temps », raconte-t-elle entre deux chansons. Le party a réellement pogné lorsqu’elle a chanté Vumbora Amar et que toute la salle s’est mise à danser et à taper des mains. JØY semble apprécier le forró, un style de musique brésilienne venant justement de sa région, le Nordeste, tout en rajoutant des rythmes latins et folk.

Curieusement, le concert n’avait pas de prix d’entrée, l’artiste optant pour des contributions volontaires et c’est ce que le public a fait généreusement. Son gérant, Ulysses de Paula des Productions Showzaço, était présent pour recueillir les contributions, celui qui est à l’origine de plusieurs concerts d’artistes brésiliens au Canada.

Elle a terminé le concert avec un bain de foule, pendant que la guitariste prenait le relais à la voix. Elle faisait des pas qui semblaient venir de sa région, en allant au centre du cercle entourée des spectateurs heureux.
« Je rentre avec le cœur rempli de joie », confie-t-elle en guise de conclusion, avant de laisser la place au groupe suivant. Mon coup de cœur était sans aucun doute sa reprise de Tô Sem Você, un morceau que j’ai découvert cette année et qui figure dans mon top 3 de chansons brésiliennes du moment.

Ce concert a permis aux Montréalais de la découvrir, à d’autres de la revoir, mais cela ne semble pas être la dernière fois que nous la verrons dans la métropole. Elle possède un large réseau d’artistes brésiliens basés à Montréal et c’est d’ailleurs avec eux qu’elle a poursuivi la soirée en mode « roda de samba » plus intime, en attendant de la revoir sur une scène encore plus grande que la Marche à côté.

chant lyrique / classique occidental / période romantique / post-romantique

Virée classique | Une heure exquise au coeur de la nature humaine avec Beth Taylor

par Alexandre Villemaire

Après une performance remarquée la veille avec l’Orchestre symphonique de Montréal et Rafael Payare dans une interprétation des Sea Pictures d’Edward Elgar, la mezzo-soprano écossaise Beth Taylor concluait sa présence à Montréal dans le cadre de la Virée classique par un récital de chant intimiste à la Cinquième salle de la Place des Arts dimanche en début d’après-midi.

Cette intimité permettait une proximité avec la jeune artiste qui, dès son entrée en scène, a captivé l’attention du public par une présentation engagée – dans un très bon français – des thèmes des différents airs qui traversaient ce programme d’une heure. La nature offrant de grandes possibilités au niveau du répertoire, c’est sous l’angle de notre rapport à celle-ci que Beth Taylor a conçu son programme où elle était accompagnée par Esther Gonthier au piano. Il est question de la mer, mais de manière plus personnelle, il est aussi question de la nature humaine, de ses émotions et de son caractère éphémère.

Alors que le cadre de la Maison symphonique a donné lieu à un condensé de sa palette de couleurs dans un registre précis, la variété des différents airs sélectionnés dans ce récital a permis de découvrir et d’apprécier l’étendue de son jeu vocal, mais aussi particulièrement le jeu et le sens de l’interprétation du texte qui est donné par Beth Taylor. À chacune de ses interventions, elle se présente avec une aisance foudroyante, maîtrisant les poèmes tant au niveau de la diction que dans leur compréhension intrinsèque. À chacun des airs, elle incarne et vit le texte de la musique avec assurance et nous happe dans cet univers qu’elle voit et qu’elle communique sous nos yeux et à nos oreilles.

Parmi les moments forts de ce concert qui nous ont particulièrement touchés, nommons les trois mélodies de Reynaldo Hahn, Néère, Quand je fus pris au pavillon et L’heure exquise, d’une grande délicatesse, La belle dame sans merci de Charles Villiers Stanford, un récit musical à travers la poésie de John Keats, Von Ewiger Liebe de Johannes Brahms, à la profonde intériorité ainsi que Sea Wrack du compositeur irlandais Hamilton Harty qui a conclu le récital avec théâtralité. Par sa présence, son énergie, sa voix solide aux graves élégants et l’intelligence de ses interprétations, Beth Taylor n’a laissé personne indifférent et a ostensiblement touché la nature humaine de l’assistance durant cette heure qui nous est apparue à la fois sans fin et bien trop courte.

Crédits photo : Antoine Saito

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classique / country / jazz / pop

Virée classique | Virée d’impro

par Alain Brunet


Fort heureusement, la pluie n’a eu aucun impact sur ce jeu d’improvisation prévu dimanche par la Virée, puisque l’exercice fut mené à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme sur le coup de midi. Acteurs, actrices, musiciens et musicienne ont mis toutes leurs compétences au service de l’improvisation sur une série de thèmes dont l’objet est de captiver, faire rire ou même émouvoir. Martin Racine en fut l’arbitre et animateur de ce jeu d’improvisation opposant deux équipes d’acteurs (Emmanuelle Fadin, Julien Normand, Marie-Lune Falardeau-Drolet, William Bernaquez ) dont les impros théâtrales s’accompagnent cette fois de musiques imaginées en temps réel. André Moisan aux clarinettes, Hélène Lemay au trombone et percusssions, Jimmy Lahaie aux guitares et gugusses électroniques. En toute cohérence et en toute cohésion avec les thèmes imposés (les saisons, La belle au bois dormant, etc.) , ce power trio aura suggéré plusieurs impros inspirées souvent d’airs connus, du Vol du bourdon de Rimski-Korsakov à Moon Dance de Van Morrison en passant par Les feuilles mortes de Joseph Kosma, Le clavier bien tempéré de JS Bach et autres When the saints go marching in. Nous n’étions pas exactement dans le strict corpus classique de l’OSM, avez-vous saisi!

photo : Gabriel Fournier

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classique moderne / classique occidental

Virée classique | Parcours découverte : des cloches de carillon à la Résilience de l’octobasse

par Alexandre Villemaire

Le parcours découverte de la Maison symphonique est une activité récurrente de la Virée classique. Présente à chaque édition, elle permet au public montréalais de découvrir et de s’approprier d’une manière différente et privilégiée cette grande salle de concert. Hormis la visite intérieure parsemée de stations informatives, c’est la démonstration et l’exposition des cloches de carillon et de l’octobasse qui servait de cœur à cette activité.

Disposant d’une demi-heure chacun – et ils en auraient certainement pris plus avec plaisir – Serge Desgagnés, percussionniste solo de l’OSM, et Eric Chappel, contrebassiste et octobassiste, ont présenté leurs instruments hors normes et répondus aux questions du public composé d’adultes, de jeunes et d’enfants. C’était beau et passionnant d’entendre Serge Desgagnés partagé son enthousiasme pour ces nouveaux instruments de l’orchestre, fruit du travail de artisans de la Fonderie Royal Eijsbouts des Pays-Bas qui ont réalisé les dix cloches dont la plus grande (fa# grave) pèse 384 kg et la plus petite (si moyen) un maigre 20 kg. Pour les couleurs et la richesse qu’elles apportent, et dont il a fait la démonstration, Serge Desgagnés caresse le rêve de voir sa famille de cloches s’agrandir. Pour atteindre l’entièreté de l’échelle chromatique? Pourquoi pas!

Le même intérêt et la même passion animaient Eric Chappell, dont l’origine de l’instrument remonte à 1850 et dont la fonction était d’amplifier le registre grave de l’orchestre pour des œuvres d’envergure. En plus d’expliquer l’histoire de son instrument ainsi que d’exposer les défis que son entretien et sa mobilité peuvent engendrer, ce dernier à la conclusion de la séance a été mis à l’honneur alors que le public a pu entendre une composition faite pour un quatuor d’instrumentistes comprenant l’octobasse, deux violoncelles et un hautbois. Intitulée Résilience, cette œuvre du jeune compositeur québécois Thierry Côté utilise un langage imagé, inspiré par la nature, sa beauté, et sa force qui domine l’être humain et l’amène a affronter les intempéries, tant philosophique et naturelle. L’œuvre d’une durée d’environ huit minutes ne cantonne pas l’octobasse dans un rôle de pédale. Les notes graves de l’instrument grondent, mais bougent, sont actives, et nourrissent en retour les lignes de violoncelles et du hautbois qui tissent différentes mélopées instrumentales autour de ce constant soutien harmonique. Chaque ligne instrumentale alimente mutuellement dans une sorte de mouvement perpétuel. Sur le défi de composer une pièce de musique de chambre pour l’octobasse, nous pouvons dire que Thierry Côté ajoute une contribution intéressante au catalogue de l’instrument.

Crédits photo : Gabriel Fournier

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Virée classique | En chœur, avec cœur

par Alexis Desrosiers-Michaud

Pour terminer cette Virée classique 2025, l’OSM organisait un grand rassemblement choral pour deux prestations gratuites. Ce spectacle réunissant 135 choristes issus de 84 chorales était mené par les bons soins du chef réputé Simon Rivard. 

Le concert a débuté avec une création mondiale, Par-dessus le vacarme composée spécialement pour le 50e anniversaire de l’Alliance chorale du Québec, par Jeanne Laforest. C’est une pièce magnifique, sur un beau texte qui résume bien les valeurs de chez nous, aux harmonies juste assez dissonantes pour la rendre accessible à tous, et qui, je pense, se répandra comme une traînée de poudre dans le répertoire des chorales de la province. 

Ensuite vint la seule pièce non-québécoise du programme, le Cantique de Jean Racine de Fauré. Ce fut une des plus belles exécutions du Cantique qu’il m’ait été donné d’entendre, pour la simple raison que chaque détail de la partition était respecté à la lettre, faisant toute la différence entre un chef d’œuvre et un sing-along

L’œuvre la plus difficile au programme était sans contredit les ludiques Figures de danse de Lionel Daunais. Ce classique du chant choral a fait décrocher quelques rires dans l’assistance de par ses textes humoristiques. Mis à part quelques accrocs dans le dernier mouvement, le défi est relevé avec brio. 

À quelques moments dans le concert, le public était invité à chanter les chansons populaires du concert avec le chœur. S’il était plutôt discret pour les chansons traditionnelles, celui-ci s’en ai donné à chœur joie dans Hallelujah de Leonard Cohen et Aimons-nous d’Yvon Deschamps, avant de se taire pour la seule pièce a capella du concert, un touchant arrangement de Quand les hommes vivront d’amour du regretté Raymond Lévesque. 

Le concert s’est terminé par une célébration pour les 50 ans de l’Alliance chorale, et pour les 50 ans de la chanson Gens du pays, de Gilles Vigneault.

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classique

Virée classique | Harmonie de la Virée, la tradition se poursuit !

par Alexis Desrosiers-Michaud

Comme c’est la tradition chaque année, il y avait (deux fois) présentation au Complexe Desjardins de l’Harmonie de la Virée, un orchestre à vents de jeunes du secondaire provenant des écoles Joseph-François-Perrault, des Collèges Notre-Dame, Laval et Jean-Eudes, du Pensionnat Saint-Nom-de-Marie ainsi que de FACE. Cette année, l’Harmonie était dirigée par Stéphane Forgues, professeur d’expérience à JFP. 

Ce programme de musique écrite exclusivement pour orchestre à vents représentait un bel alliage entre la nature (thème de cette Virée), les saisons et les quatres éléments (feu, terre, eau et air). 

La première pièce Hounds of Spring ressemble à une danse villageoise sur rythme de pastorale. Elle met en valeur les qualités d’ensemble de l’orchestre. 

Ensuite vint Come down rain, qui représente une tempête de pluie dans une région aride. D’inspiration arabe, l’œuvre de Jack Wild permet à plusieurs jeunes solistes de se démarquer. 

La pièce médiane est October d’Eric Whitacre, que l’on connaît également pour ses pièces chorales. Comme son nom l’indique, October reflète bien le calme de l’automne. 

L’avant-dernière œuvre est la bouillonnante Vésuvius de Frank Tichelli. C’est une pièce très énergique qui rappelle inévitablement la tragédie de Pompéi. Rythmiquement très complexe, Vésuvius tire le maximum des musiciens ados et Frogues, grand technicien, ne lâche pas le morceau et fait preuve d’une extrême précision. 
Le concert se termine par The Wilderness de Rossano Galante. Pièce très entraînante, surtout grâce aux percussions, on s’y sent à plusieurs reprises comme à bord d’un train qui dévale les montagnes enneigées et les forêts qui couvrent le territoire nord-américain.

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