Samedi 24 octobre, les œuvres gagnantes du FORUM du Nouvel Ensemble Moderne 2026 étaient présentées à la salle Claude-Champagne.
Événement annuel depuis 2025, le FORUM international des jeunes compositeurs du NEM en était cette année à sa quinzième édition en un peu plus de trente ans. Les précédentes ont eu lieu à Montréal, bien sûr, mais aussi à Adelaïde en 2000, Amsterdam en 2006 et Lyon en 2008.
Contrairement à ce que son nom indique, ce concours n’est pas réservé qu’aux seuls compositeurs. Il est aussi ouvert aux jeunes chefs, interprètes et techniciens de son. Il comprend des séances de travail, des classes de maître et les concerts publics des œuvres participantes créées.
Cette année, les lauréats en composition provenaient des quatre coins de la planète – je prends la peine de les nommer car il n’est pas impossible que vous en revoyiez certains : Julius von Lorentz, d’Allemagne, Keya Hedlin, de Suède, Michele Selvaggi, du Canada, Nathaniel Otley, de Nouvelle-Zélande, Senay Uğurlu, de Turquie, et Omer Barash, d’Israël.
Bien entendu, comme les œuvres des finalistes ont fait l’objet d’une sélection rigoureuse, elles ne présentaient aucuns symptômes d’académisme ni d’influences mal intégrées et se caractérisaient toutes par – à défaut d’autre mot – leur fraîcheur et une bonne part d’originalité.
De plus, la chose mérite d’être soulignée, aucune des pièces ne trahissait leur origine par quelque trait ethnique. Si, à une occasion, j’ai cru déceler quelques phrases orientalisantes, elles figuraient dans la composition du Néo-Zélandais. Mais ce qui était peut-être le plus intéressant, c’était de constater ce que ces pièces avaient en commun.
De façon générale, à part quelques saillies, accents et mouvements énergiques, rien n’était trop appuyé. Si bien que parfois tout restait presque suspendu tellement le matériau se faisait discret et où tout était en demi-teintes et même, si j’ose dire, en quart de teintes.
Et à part le bruit grinçant qui ouvrait la première pièce – Pop Hell, de von Lorentz –, tout était très consonant. Leur dimension picturale me donnait l’impression d’être devant des tapisseries bruissantes et ambiantes à l’économie impressionniste.
Là où il y avait consensus aussi chez ces jeunes compositeurs, c’est dans ce qui était absent des œuvres. Rien de dramatique, pas de solos virtuoses, pas de rythme frénétique ni de sonorités trop âpres. Pas non plus de grands mouvements mélodiques, ni d’emportement, c’était plutôt des pièces qui invitent à ralentir afin d’être attentif aux moindres détails. Peut-on les en blâmer ?
La musique comme antidote au chaos actuel ? Pourquoi pas. Il n’empêche que, si la musique adoucit les mœurs, chaque époque a besoin d’un traitement qui lui corresponde.























