classique

Ainsi ont parlé le trombone et le violoncelle

par Alexis Desrosiers-Michaud

Cette semaine à l’OSM, il n’y a pas un, mais bien deux concertos, avec deux solistes maison; le tromboniste James Box dans le Concerto « Yericho » de Samy Moussa et le violoncelliste Brian Manker dans Schelomo: Rhapsodie hébraïque d’Ernest Bloch. 
Le concerto de Moussa tient son nom de la ville de Jéricho, qui, selon le récit biblique, fut encerclée par Israël avant de tomber en une semaine. C’est une œuvre intense du début à la fin, qui ne laisse aucun repos à son interprète. Fortement inspirée de la musique minimaliste et la présence d’un orgue, la terreur se ressent dès les premières minutes de l’œuvre, avec un motif de deux notes descendantes (le contraire de Jaws) répété maintes fois sonne l’alarme, et dont le soliste sera le dernier à le jouer. S’en suit une série de séquences virtuoses tant pour l’orchestre que le soliste, qui mènera à des climax rappelant Chostakovitch avec l’abondante percussion et les cordes dans l’extrême aigu, notamment. James Box a livré une performance exceptionnelle alliant son puissant, registre très déployé et une coordination sans faille. Yericho tiendra le public en haleine jusqu’à la toute fin, qui se lèvera d’un bond pour féliciter orchestre, soliste et compositeur.

C’est d’une tout autre manière que Brian Manker se démarquera par la suite. Interprétant le Roi Salomon, ses proclamations musicales et son phrasé sont impeccables, si bien que l’orchestre massif derrière lui ne l’enterre jamais. Tout comme son collègue, sa technique est mise à l’épreuve, mais, tel un roi, Manker ne flanche pas. À l’instar de Yericho, Schelomo est une œuvre ininterrompue et plus fluide. Les musiciens jouent le rôle des fidèles à merveille, scandant à tout rompre dès que le roi se tait. 
Si on peut y noter un lien religieux évident dans les deux concertos, la comparaison s’arrête ici. D’une part parce que ni Richard Strauss et Friedrich Nietzsche n’était pas de confession juive, et de seconde part, parce que l’ouverture du concert était celle de l’opéra Tannhaüser de Richard Wagner, antisémite notoire. Celle version était très bien réussie, grâce à la justesse des bois et à la dextérité et cordes, mais aussi au son majestueux des cuivres dans le thème final.

La pièce de résistance de ce long concert était le poème symphonique de Richard Strauss Also sprach Zarathustra. La première minute a beau être archi-connue, il faut encore pouvoir affronter les 32 autres, surtout après 1h30 de concert. Le test d’endurance a été relevé avec brio. On aurait pu s’attendre à un relâchement de la puissance et de précision, surtout chez des cors et des cordes sur-utilisés, mais ce n’est pas arrivé. Cette (autre) partition techniquement très exigeante nous a donné droit à des contrastes très bien dosés entre les bois à l’arrière et les violons solos, ainsi que des interventions de solistes épars aux aguets. La valse était jouée avec verve, avant de replonger dans des douceurs abyssales auxquels Rafael Payare nous a habitués depuis son arrivée.

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