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D’où vient cette idée d’un quatuor à cordes pour accompagner l’oeuvre chansonnière de Pierre Flynn et son créateur en chair et en os? À PAN M 360, nous sommes avec Pierre Flynn et Nicolas Houle pour en faire la genèse. Car l’idée a germé au Palais Montcalm avant que Pierre Flynn n’aille de l’avant.
Évidemment, Pierre Flynn se passe de présentation et il en est de même pour Nicolas Houle si vous habitez la grande région de Québec. On doit rappeler que Nicolas a été longtemps un journaliste de référence en musique pour Voir et Le Soleil, avant de devenir directeur de la programmation du Palais Montcalm, certes un des plus beaux amphithéâtres du Québec et réputé pour ses merveilleuses qualités acoustiques. En amont du concert de Pierre Flynn avec quatuor à cordes, le récit de ce lien scellé à Québec pourrait vous intéresser.
PAN M 360 : Ce que peu de gens savent, c’est que c’est que l’idée du quatuor à cordes a germé au Palais Montcalm.
Nicolas Houle : Pierre célébrait ses 50 ans de carrière et donc partait en tournée avec un spectacle solo. Et nous, au Palais,voulions faire quelque chose de particulier pour cela. Avwx Pierre, on avait alors discuté de différentes options, par exemple une collaboration avec l’Orchestre symphonique de Québec. Mais bon, ça devenait un peu complexe de pouvoir concrétiser cette idée, et Pierre, qui avait déjà travaillé avec un quatuor à cordes, a amené cette idée. Nous étions donc partis de ça et avions bonifié la proposition, et le spectacle a pris forme.
PAN M 360 : Et de quelle manière, Pierre?
Pierre Flynn : Au départ, effectivement, comme dit Nicolas, on avait exploré différentes possibilités. Puis je lui avais envoyé l’enregistrement des shows que j’avais fait à Toronto. Il y avait un gars qui s’appelait Dominique Denis à Toronto qui organisait des spectacles où on jumelait des artistes francophones du Québec, de la France, avec des musiciens torontois. Alors, c’est comme ça que j’ai fait mon premier show un Quatuor à cordes. Puis j’ai envoyé à Nicolas l’enregistrement de trois ou quatre chansons. Puis il dit, bon, je pense que ça tient la route. Allons-y comme ça.
Alors là, on a décidé de, comment dire, de rafraîchir le spectacle, d’ajouter des chansons, d’ajouter des arrangements et de faire quelque chose de plus arrondi. Qui, au départ, ne devait avoir lieu qu’une fois, un show événementiel. Parallèlement à ça, je faisais mon show Sur ma route où j’étais solo, où je revisitais un peu, où je ramassais mes morceaux depuis mes débuts avec Octobre en 1972 jusqu’à aujourd’hui.
Donc, on partait, moi je partais, je m’inspirais un peu de ce show solo. Mais ce n’est pas exactement le même show non plus. Donc, ce n’était pas exactement le même répertoire. Et voilà, on a construit quelque chose. Depuis leses années 2000, je travaille avec Michel Faubert qui me donne un coup de main à l’écoute, aux conseils, aux encouragements. Alors, comme Michel m’avait aidé à monter sur ma route, le show solo, il m’a aussi donné quelques conseils pour celui-là.
PAN M 360 : Michel Faubert travaille souvent en mise en scène d’artiste de la musique, qui lui-même est un excellent artiste.
Pierre Flynn : Alors donc, c’est un appui précieux, j’imagine. Oui, c’est une amitié qui m’est précieuse et une complicité professionnelle aussi. Et je l’appelle en joke mon guide spirituel et, encore une fois, mon encourageur en chef. Parce que moi, je peux être assez, pas tellement du genre à l’auto-adoration, je peux être assez dur avec moi-même. Et lui, lui m’encourage. Il me dit « vas-y, c’est bon ».
D’ailleurs, la première fois que j’ai fait un show solo, c’est un peu de sa faute. Parce que je venais de faire la tournée Mirador en band et on voulait faire quelque chose de plus intimiste. Je pensais faire ça avec un musicien, deux musiciens. Il dit « non, fais-le tout seul, assume ton répertoire, assume ton écriture ». Et s’il ne m’avait pas poussé à le faire, je ne l’aurais pas fait. Alors, je lui dis merci pour ça.
PAN M 36 : Et de quelle manière ça a évolué? Ça fait quand même un moment qu’on t’associe au quatuor à cordes. Au moment où il va se retrouver au Palais Montcalm, c’est-à-dire le 30 octobre prochain, c’est quand même une machine qui est parfaitement huilée.
Pierre Flynn : Bien, je vais te préciser que le show solo, on l’a fait à peu près 55 fois. Mais le show avec quatuor à cordes, par contre, on l’a fait que 5 fois. Donc, on n’a pas fait une super-méga-tournée avec ça. Bon, sur ces entrefaites, après avoir fait le premier show au Palais, je me suis dit « j’ai travaillé fort là-dessus, j’ai envie de le refaire ».
Alors, on l’a refait au Francos, on l’a refait au Festif, on l’a refait au festival Classica. On l’a fait assez parcimonieusement, je tenais à l’enregistrer pour me garder la possibilité d’en faire un album, ce qu’on a fait. Et sortir cet album live m’a donné le goût de le reprendre et Nicolas nous en donne l’occasion. Donc, on ne le refait que trois fois, une fois au Palais Montcalm et deux fois au Rûcher Boltonois. Je ne sais pas si vous connaissez, c’est un petit endroit en plein bois, dans l’Estrie, qui fait parler de lui et où tout le monde s’arrache les billets.
PAN M 360 : Nicolas, tu as un historique avec Pierre Flynn, non seulement en tant que directeur artistique, mais aussi en tant que journaliste.
Nicolas Houle : Oui, effectivement, Pierre est venu une première fois pour un spectacle plus intimiste qu’on avait fait dans la salle d’Youville En fait, on a fait deux soirs. On a fait un entretien aussi. C’était intéressant parce que dans cette série-là, souvent on prend des artistes qui ne sont pas en tournée pour pouvoir vraiment avoir un rapport plus de proximité, qu’on soit moins dans le moment de la tournée. Donc, les artistes ne sont plus disponibles. Et ça avait donné une super rencontre.
Mais le projet avec le quatuor à cordes, c’était vraiment particulier parce qu’on le sait, Pierre, tout ce qu’il a fait dès les débuts d’octobre, tout ça, il y a une dimension. C’est toujours bien travaillé au niveau des orchestrations. Et il y a toujours la possibilité, musicalement, de déployer ça. Alors, c’est magnifique quand c’est en solo complètement, mais quand en plus, on peut avoir les cordes. Les cordes nous amènent ailleurs et viennent transformer un peu ces chansons-là. Travailler avec Pierre là-dessus, ça a été formidable. Puis, Pierre a justement envoyé ses idées au fur et à mesure. C’était vraiment intéressant de voir ça prendre forme.
PAN M 360 : C’est vrai que le répertoire de Pierre est riche harmoniquement. Et donc, ce répertoire est propice à des extensions harmoniques, à des orchestrations, à des arrangements qui étoffent davantage ce répertoire et transforment même l’œuvre. N’est-ce pas, Pierre?
Pierre Flynn : Je le souhaite! C’est vrai que ça l’amène ailleurs. Écoute, j’ai hésité beaucoup avant de décider de faire un album, parce que je suis le genre hésiteur. Mais si j’ai fait un album, c’est parce que, quelque part, je trouvais que ça valait la peine. J’avais déjà sorti un album solo, vol solo, live. Et je trouvais qu’effectivement, ça transformait assez les chansons. Ça les colorait de façon vraiment, à mon avis, intéressante. Donc, oui, moi, j’en suis arrivé à la conclusion que ça en valait la peine.
PAN M 360 : Y aurait-il une suite à cette expérience? Peut-être même de nouvelles oeuvres à venir, ne pourraient-elles pas se retrouver dans un contexte de musique de chambre? Pas nécessairement un couture-accord, mais peut-être une formation encore plus grande. Nicolas parlait de l’Orchestre symphonique de Québec (OSQ) au départ, mais c’était complexe. Mais éventuellement, des orchestres encore plus considérables ou différentes orchestrations seraient possibles, n’est-ce pas?
Pierre Flynn : Certainement. J’ai chanté souvent avec un orchestre symphonique, avec des orchestres symphoniques, mais c’était des projets Piaf, des projets Brel. Il n’y a jamais eu de show symphonique Pierre-Flynn. Peut-être un jour, ça viendra. Oui, ça me ferait plaisir que les circonstances se présentent, que l’invitation me soit faite, mais c’était pas un gros, gros regret musical de me confiner à un poitoir à cordes, parce que je trouve qu’il y a des avantages. La formule symphonique peut être magnifiquement réussie, elle peut aussi être juste un épaississement. C’est une masse. Alors qu’avec le quatuor à cordes, il y a quelque chose, une fébrilité, une fragilité et aussi une force, une immédiateté qui me plaisait beaucoup.
PAN M 360 : Effectivement. Et en même temps, ce qui est intéressant, c’est que ça donne un galbe plus classique, alors qu’autrefois c’était plus proche du rock, du prog, et même du jazz. Et là, tout à coup, ça devient quelque chose d’un peu plus duveteux, je dirais.
Nicolas Houle : Duveteux! (rire général). Mais c’est bien, parce que le quatuor se faufile un peu partout, à des endroits qu’on ne soupçonne pas nécessairement. Une pièce comme Sur la route que Pierre joue; quand il sort la guitare, ça nous amène à un autre endroit qu’on n’aurait pas imaginé. Je ne sais pas si Pierre, tu continues de travailler avec le même quatuor, mais c’était au départ un quatuor de Québec, avec lequel moi j’ai fait certains projets. Et puis vraiment, quand on a démarré ce projet-là, ça a vraiment bien fonctionné, ça a cliqué vraiment. Ça, c’est un élément où, comment dire, c’est un autre élément qui est important.
PAN M 360 : Et qui joue cette fois?
Pierre Flynn : Alors, Caroline Béchard, premier violon, Mélanie Charlebois, second violon, Karine Laliberté, alto, Ryan Molzan, violoncelle. Il se pourrait qu’il y ait un remplacement.
PAN M 360 : Et vous avez déjà joué suffisamment pour que le son d’ensemble se soit précisé, raffermi, enrichi, une complicité s’installe, n’est-ce pas?
Pierre Flynn : Absolument. Absolument. Et une émotion partagée aussi.
J’ai apprécié auprès de ces musiciennes et musiciens-là le fait que c’était vraiment pas du fonctionnariat, ces artistes travaillent beaucoup – ils sont à l’OSQ qui a un calendrier assez chargé, et ils ont aussi des activités hors OSQ mais ce n’est pas un side-line! J’ai senti un engagement dans l’émotion des choses. Ils m’écoutent chanter tout en jouant, ils écoutent aussi ce que je raconte.
PAN M 360 : Et après ce cycle de concerts?
Pierre Flynn : Après les concerts en Estrie, il n’y en aura plus d’autres. Je suis en train d’essayer de faire des nouvelles tounes, ramasser des bribes de musique que j’accumule depuis une dizaine d’années, faire du ménage là-dedans, ramasser la confiance et le courage de me remettre à l’écriture. C’est la prochaine étape pour moi.
PAN M 360 : On t’encourage à le faire! Si tu as besoin de « cheerleading », on peut t’appeler de temps en temps, si tu veux haha!
Pierre Flynn : J’aimerais ça beaucoup haha!
PAN M 360 : Merci beaucoup, Pierre-Flynn. Merci beaucoup, Nicolas Houle. C’est un rendez-vous au Palais Montcalm, le 30 octobre prochain!
Photo: Béatrice Flynn






















