La Cinquième Salle de Place des Arts n’était pas pleine à craquer comme je le pensais mais ceux qui y étaient ont apprécié le spectacle intitulé « The Narrators of Peace » de l’Ensemble Navāk, venu de Toronto spécialement pour l’occasion.
Six sur scène, cinq musiciens et un chanteur à la voix envoûtante, un peu comme celle des Muezzins dont la voix émane des mosquées.
Parmi les instruments, on pouvait reconnaitre deux tars, cet instrument à long manche et à cordes très populaire au Moyen-Orient, particulièrement en Iran, un kamânche qui s’apparente au violon, un tombak, cet instrument de percussion digitale et enfin, le santour d’Amin Reihani dont on a pu avoir une démonstration lors de notre entrevue.
Le chanteur qui les accompagnait intervenait sur certains morceaux alors qu’il restait silencieux durant d’autres, savourant le moment musical. D’ailleurs, lors des deux premiers morceaux du concert, la lumière qui lui permettait de lire ses partitions était bien trop forte et aveuglait même la foule. Heureusement, l’amie qui m’accompagnait est allée voir l’ingénieur son qui a réglé la situation sous les applaudissements de la salle. Nous étions enfin prêt à savourer le spectacle dans les meilleures conditions.
Nous avons eu droit à plusieurs solos de chaque instrument, surtout en début de chanson, puis des dialogues entre deux, trois ou quatre instruments, à tour de rôle, avant d’avoir l’Ensemble au complet incluant la voix.
Cette voix débutait parfois uniquement avec le santour ou encore avec l’un des tars, avant que les autres musiciens n’embarquent progressivement pour nous offrir un bouquet final.
L’entracte entre les deux parties du concert n’a pas été bien expliqué au public qui se demandait si c’était la fin ou si les musiciens allaient revenir. Heureusement, le personnel de la Cinquième salle nous a informé que les musiciens allaient revenir, à notre grand soulagement.
Après quelques secondes pour accorder les instruments à cordes à l’aide du santour et des regards complices pour s’assurer de débuter en même temps, c’était reparti pour un autre moment suspendu dans le temps. Mon amie qui était arabophone ne parvenait pas à saisir les mots du chanteur, moi qui pensais naïvement que la langue perse s’apparentait à l’arabe. Et bien, pas du tout puisque nous ne reconnaissions aucun mot sauf peut-être « habiba » à un certain moment ou encore « intizar » qui signifie l’attente. Cela dit, c’est là que nous voyons le pouvoir de la musique. Même sans comprendre un mot, on pouvait ressentir les émotions véhiculées par l’Ensemble Navāk, et en sachant que le thème de la paix était au centre de leur projet, nous sommes ressortis de là apaisés. En effet, « The Narrators of Peace » est inspiré de l’album « Call for Peace » paru en 2025 mais lors de cette soirée, nous avons eu droit à des chansons inédites qui paraitront en 2027 dans leur troisième album.
Après cette soirée, nous resterons à l’affût afin de découvrir l’intégralité de ce nouvel album et poursuivre notre immersion dans le monde du Radif, ce répertoire traditionnel transmis de maître à disciple.























