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Le 22 août, Charlevoix accueillera son concert de clôture, intitulé Festival international du Domaine Forget. Au programme : un voyage à travers plusieurs siècles de musique française, interprété par l’Orchestre de Chambre de l’Académie, Pentaedre et Les Violons du Roy. Nous nous sommes entretenus avec Mathieu Lussier, directeur artistique du festival et chef d’orchestre de ce concert.
PANM360 : Vous êtes la directrice artistique du Domaine Forget. Que ressentez-vous à l’idée d’y participer également en tant qu’artiste ?
Mathieu Lussier: La programmation du Domaine Forget est très riche, compte tenu de la durée du festival et des stages, et nous cherchons à y marquer les esprits sur le plan artistique. C’est pourquoi, y participer en tant qu’artiste, c’est incarner pleinement ce que nous essayons de transmettre, tant aux artistes invités qu’aux étudiants qui viennent s’y former.
PANM360 : Parlez-nous davantage du programme que vous proposerez le 22 août. Y a-t-il une idée esthétique particulière qui sous-tend vos choix ?
Mathieu Lussier: Ce programme a été conçu en collaboration avec Alexandre Dratwicki, directeur artistique du Palazzetto Bru Zane à Venise, et Benoît Dratwicki, directeur artistique du Centre de Musique Baroque de Versailles. L’idée est de proposer un panorama de la musique française à travers plusieurs siècles de répertoire, des origines au XXe siècle. Ce choix répond également à des raisons pédagogiques, car ces œuvres illustrent parfaitement l’évolution technique et stylistique de la musique française. Enfin, ce programme reflète aussi mon intérêt personnel pour ce répertoire si important, que je suis heureux de partager avec le public.
PANM360 : Ce concert réunira l’Orchestre de Chambre de l’Académie, Pentaèdre et Les Violons du Roy. Comment pensez-vous que ces ensembles peuvent s’enrichir mutuellement grâce à leurs spécificités respectives ?
Mathieu Lussier: Réunir de jeunes talents et des professionnels confirmés vise à insuffler un esprit d’émulation, moteur essentiel du perfectionnement continu en musique comme dans la vie. Les jeunes musiciens ont la capacité d’aborder chaque concert comme s’il était le plus important de leur vie, tandis qu’avec l’âge, on a tendance à privilégier la sécurité. L’objectif de ce choix est de révéler le meilleur de chacun sur scène, afin d’offrir un concert mémorable.
PANM360 : Vous avez une carrière diversifiée et vous occupez plusieurs postes prestigieux. Trouvez-vous qu’il existe une complémentarité entre ces différents aspects ?
Mathieu Lussier: Autrefois, pour de nombreux instrumentistes, deux options s’offraient à eux : devenir soliste ou intégrer un orchestre. Il y a trente ans, j’ai décidé de tracer ma propre voie, et même si je ne prétends pas être un exemple à suivre, je crois pouvoir prouver qu’il est possible de construire une carrière en restant fidèle à ses convictions. Pour moi, il y a aussi l’amour de la musique, moteur de toute mon activité, que je tiens à préserver avec conviction. Ces aspects me poussent à explorer les différentes possibilités offertes par la musique sans idées préconçues, et je crois que mon intérêt pour la musique ancienne y contribue. À l’époque, en effet, la figure du musicien était envisagée au sens large, et non comme une figure hyperspécialisée comme aujourd’hui ; c’est pourquoi je m’inspire de cette conception du musicien.
PANM360 : Compte tenu de votre rôle pédagogique, que recommanderiez-vous aux jeunes musiciens ?
Mathieu Lussier: Je conseillerais aux jeunes d’être curieux et ouverts aux expériences et aux connaissances. Je pense qu’il est important de profiter de sa jeunesse pour absorber un maximum d’informations et apprendre à écouter, tant dans le domaine musical que dans sa vie personnelle. Ce sont des qualités essentielles pour une future carrière musicale.
PANM360 : Parlez-nous davantage de vos projets actuels et futurs.
Mathieu Lussier: L’an prochain, je serai toujours chef d’orchestre de l’Orchestre de l’Université de Montréal et je me réjouis de me plonger pleinement dans cette aventure. J’enregistrerai ensuite les concertos pour piano de Beethoven avec l’Ensemble Arion et Elisabeth Pion en soliste, et je donnerai la première de Cendrillon du compositeur franco-maltais du XVIIe siècle Nicolò Isouard, avec d’autres musiciens de grand talent. J’aurai ensuite l’occasion de me rendre à Paris et à Venise : une année intense m’attend.























