Impeccable de bout en bout et irrésistiblement entraînant, Maintenant Jamais est un album capable de toucher un large public sans renier ses racines. Tout y est. On y perçoit la nostalgie du prog, mêlée à des influences alternatives et pop qui propulsent le son résolument vers l’avant.
Le morceau éponyme ouvre l’album avec force : un riff d’une simplicité redoutable. Difficile de se détacher de la ligne de basse qui s’installe dès les premières secondes. Impossible de ne pas imaginer Sébastien Provençal la jouer, tant son jeu est vibrant de vie. Le reste de l’album ne fait que confirmer son caractère organique, tout aussi envoûtant.
Nous sommes ensuite emportés par « Prévision », un morceau contemplatif et psychédélique qui laisse l’espace nécessaire pour tout assimiler et qui se construit avec une assurance tranquille. « Machiavélique rock » jaillit comme une brève explosion d’une minute et quart, qui, comme son nom l’indique, sonne comme une esquisse de rock ‘n’ roll proto-punk. « Haut-fond » suit, avec un groove puissant. Une fois de plus, la basse règne en maître, maintenant le morceau en place avec une autorité irrésistible. Il reste très ludique. Honnêtement, il y a une dimension épique qui me rappelle la bande originale de Rayman 2 : La Grande Évasion – dans le meilleur sens du terme, bien sûr.
« Mariano (Jamais je ne t’oublierai) » doit tout au contraste entre la puissance de la batterie et la douceur du chant, un équilibre qui fait toute la force du morceau. C’est incroyable de constater que Pierre-Luc Gratton excelle dans les deux domaines, avec autant de générosité sur l’album que sur scène. Je ne m’attarderai pas sur les neuf autres titres, qui méritent tout autant leur place, possédant ce même charme insaisissable que les précédents. Mais une mention spéciale pour le délicieux instrumental « i + i ».
C’est réjouissant de constater à quel point l’accent québécois est pleinement intégré au chant. Population II est fièrement originaire d’ici. Le groupe ne cherche pas à dissimuler sa langue ni à prétendre parler un dialecte similaire au nôtre. Cette attitude imprègne tout ce que fait Population II. Si vous ne l’avez pas encore fait, écoutez-les.























