classique occidental

Jason Xu, premier saxophoniste à rafler les honneurs au Concours de l’OSM

par Alexis Desrosiers-Michaud

Pour la première fois de son histoire, la finale du Concours de l’OSM mettait en vedette pas un, mais deux saxophonistes, en plus d’un trompettiste et d’une tromboniste basse. Et pour la première fois de son histoire, le premier prix est attribué à un saxophoniste, le Sino-Canadien Jason Xu.

C’est d’ailleurs avec lui que la finale du concours s’est ouverte, par une interprétation de la Rhapsodie pour saxophone alto d’André Waignien. Cette pièce ne lui a laissé aucun répit. Il n’y a pas beaucoup de passages lyriques, mais il est capable de faire chanter les lignes de manières virtuoses. Xu a un beau son expressif et velouté. On le perd cependant un peu dans les nuances douces, mais l’orchestre, dirigé par Jacques Lacombe, aurait pu jouer moins fort. Sinon, une de ses qualités est de faire un tout avec celui-ci. Rapidement, on sent qu’une chimie s’installait entre le soliste et l’orchestre.

Le deuxième candidat était le trompettiste ottavien Charles Watson dans le Concerto pour trompette de Franz Joseph Haydn. Stoïque, il prend le pari de jouer avec un son rond, sans force ni flamboyance, avec un jeu de finesse et des articulations nettes. Il manquait cependant un peu de nuance et de phrasé. Nul ne sait si la concentration fait gagner des points, mais il a été importuné à quelques reprises, notamment par des applaudissements aux mauvais endroits, malgré les avertissements, et par les cris d’un bambin. Aussi, une cadence de concerto n’est pas un solo de jazz : on n’applaudit pas à la fin de celle-ci et lorsque l’orchestre reprend ! Malgré tout, Watson est demeuré imperturbable.

Après l’entracte, c’était au tour de Malena Lorenson qui a interprété le Concerto pour tuba de John Williams (oui, oui, lui), mais adapté pour trombone basse. Malgré quelques craquements au début, elle offre une performance époustouflante. Le son est égal dans le vaste registre de l’instrument et Lorenson passe très facilement au-dessus de l’ensemble orchestral. Il ne faut pas oublier que le concerto est conçu pour être joué par un instrument à pistons, alors qu’au trombone, c’est le bras seul qui bouge pour effectuer les changements de notes. Lorenson rend cette gymnastique complexe avec une impressionnante facilité et se surpasse également dans les articulations du registre grave. Native de l’Alberta, mais étudiant à Montréal, elle a chaudement été applaudie par le public.

L’alignement de l’après-midi s’est conclu avec Bingchen He. Le deuxième saxophoniste de la soirée a choisi d’interpréter le Concerto pour saxophone alto d’Henri Tomasi. Il y a beaucoup de notes, mais il y a peu de valeur ajoutée à la virtuosité. Tout comme dans le concerto de Williams, l’orchestration y est très dense et, malheureusement, le saxophone se fait manger tout rond à plusieurs reprises. He prend plus de place sur scène que les autres et on sent qu’il y a moins de symbiose avec l’orchestre. Après une longue délibération, les résultats ont été les suivants :

1er prix : Jason Xu

2e prix : Malena Lorenson

3e prix : Bingchen He

4e prix : Charles Watson

Le jury international, placé sous la présidence de la directrice générale de l’Orchestre philarmonique royal de Liège Aline Sam-Giao, était composé de : Leone Buyse, professeure émérite en musique Ida and Joseph Kirkland Muller de la Rice University, Manon Lafrance, trompettiste et pédagogue, Louise Pellerin, hautboïste et professeure à l’Université des arts de Zurich, Rafael Payare, directeur musical de l’OSM, Jacques Lacombe, chef d’orchestre et Peter Sullivan, trombone solo à l’Orchestre symphonique de Pittsburgh.

crédit photo : Antoine Saito

Tout le contenu 360

Souk du Sud 2026 | Carrefour des cultures selon Patrice Agbokou

Souk du Sud 2026 | Carrefour des cultures selon Patrice Agbokou

MUTEK 2026 | COCKPIT, habiter l’interface

MUTEK 2026 | COCKPIT, habiter l’interface

MUTEK 2026 | dreamachine, hypnose et thérapie

MUTEK 2026 | dreamachine, hypnose et thérapie

MUTEK 2026 |  Super Galaxy Meow Meow, quand la lumière répond

MUTEK 2026 | Super Galaxy Meow Meow, quand la lumière répond

Alabama Shakes – I Must Be Dreaming

Alabama Shakes – I Must Be Dreaming

MUTEK 2026 | Pliq suggère Fixate: tension entre les niveaux de lisibilité

MUTEK 2026 | Pliq suggère Fixate: tension entre les niveaux de lisibilité

MUTEK 2026 | Improvisation libre Herbert X Sartorius, le meilleur des mondes

MUTEK 2026 | Improvisation libre Herbert X Sartorius, le meilleur des mondes

Fête de la musique 2026 | La programmation racontée par Angèle Dubeau

Fête de la musique 2026 | La programmation racontée par Angèle Dubeau

MUTEK 2026 | Ben UFO et la gestion du dancefloor

MUTEK 2026 | Ben UFO et la gestion du dancefloor

MUTEK 2026 | Facta… et puis s’en va

MUTEK 2026 | Facta… et puis s’en va

MUTEK 2026 | Cuerpos rallie tous les suffrages à Métropolis 2

MUTEK 2026 | Cuerpos rallie tous les suffrages à Métropolis 2

MUTEK 2026 | Rival Consoles sur scène, le cœur de la soirée commence à battre

MUTEK 2026 | Rival Consoles sur scène, le cœur de la soirée commence à battre

MUTEK 2026 | Voices From The Lake… il n’y a pas le feu au lac

MUTEK 2026 | Voices From The Lake… il n’y a pas le feu au lac

Chris Potter – Alive With Ghosts Today

Chris Potter – Alive With Ghosts Today

Cheryl Duvall – Linda Catlin Smith : The Complete Piano Solos (1989-2023), Volume II: The Underfolding & Early Works

Cheryl Duvall – Linda Catlin Smith : The Complete Piano Solos (1989-2023), Volume II: The Underfolding & Early Works

MUTEK 2026 | Ah! Kosmos & Hainbach, quand les machines deviennent musique

MUTEK 2026 | Ah! Kosmos & Hainbach, quand les machines deviennent musique

MUTEK 2026 | Violent Magic Orchestra, la baffe annoncée

MUTEK 2026 | Violent Magic Orchestra, la baffe annoncée

MUTEK 2026 | Infinity Gradient ? Exceptionnel

MUTEK 2026 | Infinity Gradient ? Exceptionnel

MUTEK 2026 | La douce entropie de Endless Summer

MUTEK 2026 | La douce entropie de Endless Summer

MUTEK 2026 | A Guy Called Gerald, grand sorcier de la jungle

MUTEK 2026 | A Guy Called Gerald, grand sorcier de la jungle

MUTEK 2026 | Cleo Leigh vers la zone profonde

MUTEK 2026 | Cleo Leigh vers la zone profonde

MUTEK 2026 | Jeff Mills, maître à l’œuvre dans le cosmos

MUTEK 2026 | Jeff Mills, maître à l’œuvre dans le cosmos

MUTEK 2026 | Polygonia, ode à la techno texturée

MUTEK 2026 | Polygonia, ode à la techno texturée

MUTEK 2026 | Korea Town Acid & Ajeebsir, la fascination dreamcore

MUTEK 2026 | Korea Town Acid & Ajeebsir, la fascination dreamcore

Inscrivez-vous à l'infolettre

Inscription
Infolettre

« * » indique les champs nécessaires

Type d'abonné