Depuis leurs débuts sur disque en 1996, les Anti-Flag défendent un punk intègre et sans compromis, comme en font foi leurs quelques 20 albums studio. Indomptable, le combo de Pittsburgh demeure un ardent défenseur de l’éthique DIY si chère au mouvement punk et n’a jamais vraiment levé le pied en près de 30 ans d’existence. Vindicatif, engagé, militant, le groupe américain a plus de raisons que jamais de crier sa rage et de ruer dans les brancards. Pour les Anti-Flag, il y aura toujours matière à se révolter et 20/20 Vision, paru il y a quelques semaines, en est la preuve en 11 titres abrasifs. Le punk est loin d’être mort.
Montréal
DROP [04]: Codex Empire • D.Blavatsky • The Marquis • Creature
Avis aux amatrices et amateurs de techno sombre et industrielle, Codex Empire s’amène à Montréal pour la prochaine soirée organisée par AMP Industrial Events! La SAT accueillera le producteur britannique Mahk Rumbae pour son premier concert en sol canadien alors qu’il utilisera ses machines pour adjurer les sonorités abyssales dont lui seul connaît la recette. Le vétéran de l’étiquette berlinoise [aufnahme + wiedergabe] sera épaulé par D.Blavatsky qui, fidèle à son habitude, offrira une prestation éclatante de techno hardcore bien rythmée et déchaînée. Préparez-vous à entrer dans la danse!
Les Berlinois d’adoption donneront à entendre leur dernier album, paru en mars 2019, Montage Images of Lust & Fear, lors de leur tout premier passage en sol montréalais. Porté par la présence charismatique de Craig Dyer, à l’origine du projet, The Underground Youth déploie un post-punk atmosphérique que viennent troubler les états d’âme de Dyer, crooner désabusé. Le résultat, des ballades plus amères que douces, qui ne sont pas sans évoquer Nick Cave. Ils seront accompagnés de la formation mexicaine Lorelle Meets the Obsolete, tout aussi digne de mention, au psychédélisme feutré, irrésistiblement lunaire. Elle lancera d’ailleurs le lendemain un nouvel EP, Re-Facto, sur Sonic Cathedral, comportant deux pièces originales et deux remix. Il s’agit, pour elle également, d’un premier passage en ville.
Le trio danois reprend une fois de plus la route pour une courte tournée nord-américaine qu’il entamera chez nous, entre deux tournées européennes. Il se produit cette fois dans le cadre du Velouria Festival II, organisé par l’étiquette montréalaise Velouria Recordz. S’il revendique la filiation, patente, à The Cure, spécialement en ce qui concerne la voix riche et ténébreuse de Mikkel Borbjerg Jakobsen, le groupe déploie un son propre, léché, à la mélancolie énergique. Il nous présentera son dernier album, Outnumbered, lancé en avril 2019 sous étiquette Artoffact Records.
Double Date With Death • Debate Club
Crédit photo: Rowan Fraser-Taylor
L’Au-Delà, paru début janvier, est le deuxième album des DDWD, dont la pochette est signée par nul autre qu’Elzo Durt, un des maîtres des visuels psychédéliques ces dernières années. Le groupe ne le cache même pas, il est clairement influencé par le rock garage psychédélique californien (on pense à Thee Oh Sees ou Ty Segall, pour ne citer que les plus connus). Cette fois-ci par contre, c’est en français que la formation montréalaise a choisi de s’exprimer. L’album enregistré, réalisé et mixé par Guillaume Chiasson (Ponctuation, Jesuslesfilles) se décline en huit courts titres juste assez psychédéliques pour nous faire voyager dans l’au-delà.
(ANNULÉ) Mdou Moctar • Avec le soleil sortant de sa bouche
Crédit photo: Jerome Fino
Le Nigérien Mdou Moctar n’est pas du genre à attendre que les choses arrivent. Ayant grandi dans un village où la musique était interdite, il a construit sa première guitare avec des morceaux de bois. En 2008, il s’est rendu au Nigeria pour enregistrer son premier album, mêlant blues-rock touareg et afro-électro, qui s’est répandu comme une traînée de poudre sur le circuit des téléphones portables d’Afrique de l’Ouest. Il a ensuite produit et joué dans le premier film en langue touarègue, un remake de Purple Rain. À coups de licks de guitare incendiaires, il s’est taillé une place à l’avant-garde du son psyché-désertique nord-africain popularisé par Tinariwen à partir de 2001. Son plus récent album, Ilana : The Creator (le premier avec un groupe convenable et un réalisateur), est une œuvre étonnante, débordante d’énergie où, sa section rythmique toujours sur ses talons, son timbre âpre et brillant et ses envolées incandescentes atteignent des sommets vertigineux.
Fareed Ayaz et Abu Muhammad
Perpétuateurs de la vénérable tradition Qawwal Bacchon ka Gharana, la même école musicale séculaire qui nous a donné Nusrat Fateh Ali Khan, les frères pakistanais Fareed Ayaz et Abu Muhammad comptent, dans leur pays et à l’étranger, parmi les plus grands noms du qawwalî, l’exaltante tradition soufie des chansons extatiques en perpétuelle ascension. Idéal pour chasser la dernière humeur grise de l’hiver.
We Are Wolves
Crédit photo: Richard Lam
À cheval entre l’électro-punk et l’électro-pop, quelques fois plus l’un que l’autre et vice-versa, les We Are Wolves ont toujours fait preuve d’une certaine sensibilité mélodique. Leur dernier effort, le EP numérique de cinq titres La main de Dieu, avec ses chansons en français et en espagnol, en est une (autre) excellente preuve. Le trio montréalais, qui célèbre cette année ses 20 ans, se paye les Foufs, une salle de concert où on les a rarement (jamais?) vus. Un retour symbolique à leurs racines punk ?
Trio RCM: « L’orgue de Pink Floyd à Zappa »
L’œuvre de Frank Zappa est considérable, c’est connu, mais on n’y trouve pas beaucoup d’orgue à tuyau, sinon sur l’album Uncle Meat, quand Don Preston joue les notes d’introduction de Louie Louie sur le « Mighty & Majestic Albert Hall Pipe Organ » (dixit FZ). C’est donc une belle surprise de découvrir le Trio RCM, qui nous vient de France, dans lequel le percussionniste Henri-Charles Caget et le guitariste Frédéric Maurin appuient le travail de l’organiste Yves Rechsteiner, à qui on doit les arrangements de base de ce programme qui compte une dizaine de pièces de Zappa, mais aussi des interprétations d’œuvres d’Emerson, Lake and Palmer, de Pink Floyd, de King Crimson et de Pat Metheny. Cette fois-ci, c’est le Grand Orgue Pierre-Béïque de l’OSM qui sera mis à contribution. Ça va sonner !
Tchami
Pionnier du mouvement future house, connu notamment pour son travail auprès de Lady Gaga, Janet Jackson et les DJ Snake, Mercer et Malaa avec qui il forme le collectif Pardon My French, le fondateur du label Confession viendra chauffer la salle du MTelus avec sa panoplie de sons chauds et sensuels. De son vrai nom Martin Bresso, le DJ et producteur parisien, établi à Miami, a fait de la house son domaine, flirtant pratiquement avec toutes les déclinaisons du genre. Toujours vêtu de son emblématique tenue de prêtre lors de ses sets, cet apôtre de la basse vous convie à une messe groovy pas très catholique.
Ben Böhmer
Si toutefois Tchami est trop ceci ou pas assez cela pour vous, vous pourrez toujours opter pour la house éthérée de Ben Böhmer au Théâtre Fairmount le même soir ; on se demande d’ailleurs pourquoi les deux ne sont pas programmés au même endroit… Actif depuis peu sur la scène house mondiale, Ben Böhmer est tout de même devenu en quelques années une référence incontournable de la deep house et de la progressive house avec déjà une dizaine de EP à son actif. Le prolifique DJ et producteur allemand, endossé par Anjunadeep et Keller Records, est aussi patron de l’étiquette Ton Topferei. Si vous n’arrivez pas à choisir entre Böhmer et Tchami, il vous reste encore un peu de temps pour développer le don d’ubiquité.
Call Super
En l’espace de quelques années à peine, Call Super a gagné le cœur du public, des médias – son album Arpo a remporté le prix de l’album de l’année DJ Mag en 2017 – et la reconnaissance de ses pairs. Audacieux musicien d’origine anglaise, il produit une musique qui flirte avec l’expérimental. Nul doute que les sonorités chaudes et organiques de ses sets, taillés pour le dancefloor, trouveront une résonance idéale à travers le système de son du Stereobar, parfait pour ce type de musique. Il y a un autre écrin, l’afterhour Stereo, qui le soir même accueillera le tant attendu Dixon, élu DJ le plus populaire par Resident Advisor en 2019. Il est l’un des chefs de file de la house progressive allemande aux côtés d’artistes comme Âme (avec qui il a cofondé le label Innervisions) ou Henrik Schwarz.
Samy Ben Redjeb est le fondateur du label Analog Africa, basé à Francfort en Allemagne. Véritable archéologue de trésors musicaux, il voyage en Amérique du Sud et en Afrique pour dénicher des sons tropicaux, afrobeat, cumbia ou encore salsa des années 1960 et 1970. Le résultat de tout ce travail est une panoplie de compilations de sons totalement inédits, groovy et entraînants. Il vient nous les présenter pour la première fois à Montréal, pour le plus grand plaisir des oreilles à la recherche de découvertes exotiques.