classique moderne / classique occidental / musique contemporaine / période romantique

Fête de la musique 2026 | Les Étoiles du Conservatoire brillent à Tremblant

par Alexandre Villemaire

C’est une tradition qui revient à chaque édition de la Fête de la musique. Pendant un temps dans la programmation, des jeunes musiciens étudiants des conservatoires du Québec sont invités à se produire sur la grande scène de la Place Saint-Bernard. Une occasion de mettre de l’avant ces jeunes étoiles et leurs talents musicaux.

L’aréopage de musiciens qui s’est présenté était de haut niveau et chacun sur leurs instruments respectifs ont offert des performances qui ont captivé le public.

En premier, c’est Samuel Lauzon-Schnittke qui s’est exécuté. Déjà lauréat du Prix d’Europe 2025 et classé sur la liste de CBC des 30 musiciens de moins de 30 ans à surveiller de cette même année, il a interprété le deuxième mouvement de la Sonate pour piano de Rachmaninov. Lauzon-Schnittke s’est également illustré en accompagnant au piano chacun des 6 autres jeunes musiciens dans leur pièces respective. La prochaine était la jeune violoncelliste Adélaïde Leblanc qui a interprété la Rhapsodie hongroise de Popper. Elle a donné une performance marquée par un jeu assuré et une belle expression mélodie, malgré un petit passage accidenté menant vers la cadence finale.

La plus jeune étoile de ce concert était la jeune violoniste Iza Kamintzer. Âgée de seulement 11 ans, elle possède déjà un parcours impressionnant. Elle a participé à plusieurs concours de musique, notamment à l’édition 2025 du Concours de musique du Canada, où elle a gagné le premier prix dans la catégorie « Cordes » 7 à 10 ans, de même qu’au Concours musical OMNI 2022 de l’Orchestre Métropolitain, où elle a remporté le Grand Prix Yannick Nézet-Séguin et elle s’est produite dans une série de concert avec Angèle Dubeau et La Piéta. Son interprétation de Ziguernerweisen de Pablo Sarasate était d’une grande virtuosité et d’une agilité digne d’un jeu mature. En contraste, les Trois romances pour hautbois de Robert Schumann et le Nocturne en Fa pour cor de Chopin, respectivement interprétées par Flavie Lacoste et Guillaume d’Aragon, sont venues apporter un voile apaisé après le feu roulant de l’œuvre de Sarasate. Le bassoniste Haolin Liu est venu conclure cette section dédiée aux solistes.

Le Quintette Oaline, composé notamment de Liu, Lacoste et d’Aragon est venu conclure ce concert en interprétant un programme diversifié aux accents moderne et contemporain en interprétant Le Tombeau de Couperin de Ravel, Trois pièces de Jacques Ibert et un quintette de David Maslaka.

crédits photos : André Chevrier

classique occidental / Europe de l'Est / klezmer

Fête de la musique 2026 | Célébration balkanique

par Alexandre Villemaire

Depuis plusieurs années, le groupe Oktopus figure comme l’un des ensembles les plus importants de la scène canadienne des musiques métissées, ayant à son actif plus de 350 prestations au pays et à l’international. Ils étaient de retour à la Fête de la musique de Tremblant, eux qui font une apparition dans la programmation de manière sporadique depuis 2010.

L’octuor, avec à sa tête le clarinettiste Gabriel Paquin-Buki, qui signe les arrangements et certaines compositions, a mis de l’avant dans ce concert l’univers de leur plus récent disque Brahms, Balkans et Bagels, que le collègue Fred Cardin a recensé. Puisant dans le répertoire autant classique que folklorique de l’Europe de l’Est et de ses populations, Oktopus vient rendre hommage à la musique klezmer à sa vivacité. Même dans les moments musicaux les plus calmes ou introspectifs, la fanfare n’était jamais vraiment loin. On pense notamment à cette savante pièce Mahler Goes Meshuge qui reprend le matériel que le compositeur né en Bohème a utilisé dans sa Symphonie no 1 pour l’augmenter et le texturer avec leur effectif instrumental. Il y a de la batterie, des trombones, assuré par Simon Jolicoeur et Mathieu Bourget, le violon assuré par Zoé Dumais, la trompette de Francis Pigeon et le piano de Chantal Morin.

Dans la relecture des grands classiques, il y avait aussi la « vraie » version de la Danse hongroise no 3 de Brahms, bien énergique et encore plus dansante ainsi que deux compositions orignal de Paquin-Buki composé autour de toiles de Marc Chagall. Le Juif errant qui arborait des sonorités à la Erik Satie, notamment dans son balancement mélodique au piano avec son caractère mélancolique que la ligne de violon et la clarinette viennent complémenter. La chute l’Ange était quant à elle plus stravinskienne dans son esthétique avec des rythmes affirmés.

Oscillant entre métissage de musique classique et balkanique et mélodies traditionnelles, Oktopus a offert une performance enlevante et festive à l’image de ses identités multiples.

crédits photo : André Chevrier

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classic rock / classique / metal / rock

Fête de la musique 2026 | Le classique rock de Wooden Shapes

par Alexandre Villemaire

Wooden Shapes, c’est d’abord et avant tout un projet qui a démarré dans un programme de Musiques-Études à Trois-Rivières porté par Julien Chandonnet, William Boisvert et Étienne Demers. Ce qui a commencé comme un simple projet ludique d’après-midi en arrangeant des pièces rock pour leur formation de violons et deux altos, a évolué pour devenir un sextuor tournant un peu partout au Québec et même en France, en plus d’avoir réalisé un premier album, Turbulences en 2023.

Complété par Maddie Dudemaine au violoncelle, François Brunelle à la contrebasse et de David Beaudry au violon, Wooden Shapes se démarque depuis sa fondation en 2016 par sa démarche artistique mettant de l’avant les grands classiques du rock dans des arrangements pour instruments à corde classique.

Si la démarche en elle-même n’est pas nécessairement novatrice, la qualité des arrangements et l’interprétation de ces derniers sont les éléments faisant que Wooden Shpaes se démarque. Et ils ont été accueilli tel un véritable groupe rock par une foule de curieux, d’aficionados et de fins connaisseurs de ce répertoire, intrigué de voir et d’entendre comment ces jeunes musiciens et musiciennes, formés au Conservatoire de Trois-Rivières et au Conservatoire de Québec, allaient interpréter ce répertoire.

Le matériau de base en lui-même est déjà extrêmement riche et se prête bien aux instruments à cordes comme nous le disait Maggie Dudemaine. Dans ce concert, intitulé Du classique au rock 2, le sextuor enchaînement les arrangements, sous forme de pot-pourri, des grands succès de groupe comme Iron Maiden, Metallica, Queen, Guns N Roses et d’autre. Même Les Cowboys fringants ont eu droit au traitement. C’est avec Welcome to the Jungle que le groupe a ouvert le concert, tels de vrais rockstar, faisant participé la foule, bougeant sur scène, le tout dans une démonstration de virtuosité et de maîtrise technique digne des riffs les plus emblématiques.

C’était particulièrement intéressant d’entendre des membres du public, pas nécessairement habitué aux formations classiques, tendre l’oreille et essayé de reconnaître les pièces ou s’emballer lorsque le prochain groupe était annoncé, intrigué de voir comment le rendu. À en juger par leur réaction engagée, et leur applaudissement nourri, ceux-ci étaient ostensiblement ravis.

crédits photo : André Chevrier

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classique moderne / classique occidental / guitare

Fête de la musique 2026 | Le lyrisme versatile de Cicchillitti et Cowan

par Alexandre Villemaire

Après la pluie, vient le beau et avec lui, le duo de guitaristes Adam Cicchiliiti et Steve Cowan. Sous un soleil radieux, les deux musiciens ont présenté sur la pittoresque scène de la Promenade Deslauriers une série de compositions originellement écrites pour piano qu’ils ont arrangé pour leur instrument.

Travaillant comme duo depuis un peu plus de 10 ans, ils en ont fait leur spécialité de même que de la création de pièces contemporaine.

Cowan et Cicchiliiti nous confiaient dans une discussion post-concert que c’est notamment la musique de Maurice Ravel qu’ils écoutaient sur la route durant leur tournée qui a été le déclencheur notamment du répertoire de ce programme, baptisé Lyrique et qui comporte un savant aréopage de musique des XIXe et XXe siècles. La musique française notamment a ceci de pratique que sa texture est plus subtile et intime et se prête naturellement bien au caractère intrinsèquement chaleureux de leur instrument. 

Le Duo CC a en ouverture Oriental d’Enrique Granados, dont les sonorités ibériques se prête déjà naturellement à la guitare. S’en ai suivi quatre miniatures pour piano d’Edvard Grieg et ces quatre miniatures pour piano. Il est fascinant de constater comment le traitement sonore d’un matériau musical aux sonorités norvégiennes prend soudainement des airs des folklorique presque andalous.

Ils ont également offert une belle découvre en le cycle Fleurs de France, de la compositrice Germaine Tailleferre, unique femme faisant partie du Groupe des Six auprès entre autres de Francis Poulenc, Georges Auric et Darius Milhaud. Son écriture moderniste se mélange à des mélodies aux contours folkloriques auxquelles se tracent en contrepoint une ligne musicale et une harmonie caractéristique truffée de chromatisme.

Pièces robustes, les premier et troisième mouvements de la Sonate pour harpe poursuivent dans cet élan. C’est finalement avec la Sonatine de Ravel qu’ils ont conclu leur concert ; une pièce qui a été parmi les premières qu’ils ont arrangées et qui, de leur propre aveu, a été une des plus difficiles à mettre en place. La structure de son harmonie et le chemin que prend la ligne mélodique doivent effectivement être traités avec doigté pour en faire ressortir toutes les subtilités. Le résultat en était un d’agilité et de grand lyrisme démontrant l’éventail des possibilités stylistique et la versatilité de l’instrument.

Le résultat de ce travail artistique peut d’ailleurs être entendu sur leur album Lyrique, dont le collègue Fred Cardin a fait la critique.

crédits photo : André Chevrier

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chanson / Chanson francophone

Fête de la musique 2026 | Pierre Lapointe charme les cœurs abîmés

par Alexandre Villemaire


Dans le cadre de la tournée de son plus récent album, Dix chansons démodées pour ceux qui ont le cœur abimé, l’insaisissable et prolifique auteur-compositeur-interprète Pierre Lapointe faisait arrêt à la Fête à la musique devant une foule nombreuse. D’entrée de jeu, l’artiste le dit, si vous êtes en peine d’amour ou que vous traversez une mauvaise passe, vous allez passer un mauvais quart d’heure, car mes chansons sont « crissement déprimante ». L’irrévérencieux interprète ponctuera d’ailleurs son spectacle de plusieurs de ces interventions savoureuses auprès de son public.

Il y a bien une chose que l’on ne peut enlever à Pierre Lapointe, c’est son authenticité et la franchise de sa poésie. Avec ces chansons, Pierre Lapointe ouvre une nouvelle fois un pan de sa vie personnelle, mais aussi des affects qui peuvent traverser le cœur de tout le monde, des situations de la vie que nous vivons tous différemment, mais avec les mêmes sentiments, pour au final en ressortir avec peut-être un peu de lumière. La poésie dont il est question ici s’inscrit dans un projet de l’artiste de renouer avec la tradition de la grande chanson française, celle qui a rythmé les années 1960 et 1970. Et cela transparaît musicalement. Pour cette tournée, Pierre Lapointe a choisi de s’entourer d’un duo de pianiste spécialisé dans le répertoire pour quatre mains – le Duo Fortin-Poirier, composé de Marie-Christine Poirier et d’Amélie Fortin, qui signe par ailleurs, tous les arrangements des chansons de Lapointe pour ce concert. L’enrobage qu’amène une paire de 20 doigts pouvant couvrir toute l’étendue du piano vient magnifier le caractère musical des chansons françaises dans une ambiance plus intimiste que les accompagnements originaux ne permettent pas avec la complexité et la densité instrumentale de certaines.

Le secret, avec laquelle il a ouvert la soirée, récit quasi autodescriptif, qui nous a quelque peu évoquer par moment Je m’voyais déjà de Charles Aznavour, ou encore Toutes tes idoles sont de bons exemples de pièces dont le style musical change avec un avec une esthétique plus feutrée à laquelle vient se compléter parfaitement la voix si singulière de Pierre Lapointe. Notons également comme moment fort apprécié du public, l’interprétation d’une pièce solo par le Duo Fortin-Poirier, soit « The Serpent’s Kiss », tiré de cycle Garden of Eden de William Bolcom – une pièce avec « beaucoup de notes » et multi stylistique aux accents de jazz et de ragtime. 

Si les chansons s’adressaient peut-être aux âmes abimées, il n’y a certainement aucun dépressif n’est reparti avec le cœur lourd à la fin de ce concert.

crédits photo : André Chevrier

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Afrique / Moyen-Orient / Levant / Maghreb

Fête de la musique | Lumineux Moneka Arabic Jazz

par Alexandre Villemaire

Malgré la pluie et la froideur qui balayaient le village piétonnier de Tremblant, il y a avait du soleil sur la scène de la place Saint-Bernard grâce à Ahmed Monkeka et son Moneka Arabic Jazz.

Il est né en Irak et maintenant basé au Canada, dont il est citoyen, son enfance en Irak lui a permis de découvrir une riche culture dans les domaines du théâtre, du cinéma et de la télévision. Cela lui a entre autres donné l’occasion de plonger dans un milieu musical qui mettait à l’honneur et préservait les traditions soufies afro-irakiennes, traditions qui l’habitent et qui l’animent sur scène et qu’il communique dans sa musique avec un enthousiasme et une énergie contagieuse.

Puisant dans les racines musicales des peuples africains et arabes, il mélange allègrement les genres musicaux allant du reggae, au funk en passant par le soul. Moneka et ses musiciens proposent un voyage humain à travers un mélange des genres et des esthétiques. Cela passe entre autres par des textes évocateurs et des représentations musicales évocatrices. Nommé aux prix Juno pour son album Kanzafula, il en reprend plusieurs des grands titres.

Il a ouvert le concert avec sa pièce The Sea, un air serein et lumineux qui, telle la mer, peut se déchaîner, comme l’illustrent ses musiciens dans le postlude instrumental. Nous avons eu droit également à une participation du public dans la très belle pièce Aman, qui peut se traduire par « sécurité» et qui se veut un hymne à la protection des êtres vivants. Le contour mélodique est soyeux et la répétition du motif transcendental est ressentie comme un mantra.

Pour mener ce concert, Ahmed Moneka était entouré d’une impressionnante brochette de musiciens, d’origines variées, et qui brillent chacun dans leur expertise instrumentale. Citons  le batteur canadien Max Senitt, le bassiste soudanais Waleed Abdulhamid, à qui l’on doit également des lignes d’accompagnement vocal mélismatique, le violoniste Fathi Najem d’Algérie, le saxophoniste  turc Selcuk Suna ou encore le claviériste grec Demetrios Petsalakis, qui joue également de l’oud et de la guitare.

La cohésion d’ensemble est maximale et le plaisir tout autant!

Pour découvrir Ahmed Moneka, son groupe, son histoire et sa musique de manière plus complète, vous pouvez consulter cette entrevue réalisée par Alain Brunet dans le cadre de l’édition 2025 du Festival du Monde arabe.

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classique moderne / classique occidental / musique contemporaine / musique de chambre

Fête de la musique | Le saxophone en voyage avec le Duo Aster

par Alexandre Villemaire

Les voyages musicaux sont un thème en filigrane, volontaire ou non, qui se dégage dans plusieurs concerts de musique de chambre à la Fête de la musique. Après le duo CordaVox de la soprano Lucie St-Martin et du guitariste Bruno Gauthier-Bellerose, c’était au tour du Duo Aster de Clio Theodoridis, saxophoniste et Jonathan Nemtanu, pianiste, d’emmener le public en voyage avec son programme Cartes postales. 

Par l’entremise d’arrangements de pièces connues et de pièces originales, le Duo Aster amène le public à découvrir la richesse et la créativité dont le saxophone est capable, le tout dans une démarche artistique qui fait une incursion dans les musiques issues de diverses traditions culturelles, du klezmer à la musique d’Orient, en dialoguant avec la musique classique contemporaine. Et pour parler de son instrument et du programme, le couple de musiciens que forment Clio Theodoridis et Jonathan Nemtanu n’a pas son pareil. Pétillant, pédagogue et allumé, ils ont charmé par leur jeu musical, mais également par leur communication avec le public.

Comme première carte postale, nous nous sommes arrêtés en Crète, île d’origine de Clio avec la Suite hellénique de Pedro Iturralde, avec son rythme dansant irrégulier et ses inflexions presque jazzées. D’un morceau moins connu, on passe à une œuvre incontournable, avec la Czardas du compositeur italien Vittorio Monti. La couleur plaintive et langoureuse du saxophone alto sied parfaitement à cette danse traditionnelle hongroise au caractère sensuel et énergique.

Les deux pièces suivantes étaient ancrées sur le continent nord-américain avec extrait de la trame sonore du film Catch me if You Can, composé par John Williams, et une une pièce en deux mouvements Récit et Lied, de Mathieu Lussier, qui rend hommage à la métropole enneigée de Montréal.

La pièce de résistance du duo est cependant assurément Asturias d’Albéniz, qui rivalise d’agilité rythmique ou les lignes musicales véloces du piano et du saxophone se confondent et se marient avec précision.

crédits photo : Tremblant

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baroque / classique moderne / classique occidental / musique de film

Fête de la musique 2026 | Timothy Chooi et son violon envoûtent Tremblant

par Alexandre Villemaire

« Si Angèle Dubeau invite un violoniste, c’est qu’il doit être pas mal bon ». C’est ainsi que la directrice artistique a introduit un des nombreux musiciens classiques qui composent le florilège d’artistes présents pour cette 26e édition de la Fête de la musique de Tremblant. La corde sensible d’Angèle Dubeau est bien tendue et fort résonnante, car le violoniste de 32 ans Timothy Chooi a offert au public de Tremblant une performance sur scène extérieure digne des plus importantes et grandes scènes de concert.

Reconnu pour sa virtuosité et la profondeur expressive de son jeu, lauréat du Premier Prix du Concours international de violon Joseph Joachim et du prestigieux Yves Paternot Prize du Festival de Verbier, Chooi jouit d’une florissante carrière internationale, avec des collaborations incluant le Royal Philharmonic Orchestra et le Toronto Symphony Orchestra, ainsi que plusieurs débuts avec des orchestres et festivals européens majeurs.

Professeur de violon à l’Université d’Ottawa, cet excellent musicien aux origines multiples (Chine, Indonésie, Malaisie) est également reconnu pour ses enregistrements et son rayonnement international, depuis ses débuts remarqués avec l’Orchestre symphonique de Montréal.

Titré à partir du nom de  l’emblématique film de François Girard Le Violon Rouge, ce concert présenté à la fête de la musique, appelle au souvenir et à la nostalgie. À l’image du film qui traverse plusieurs époques, Chooi, à qui nous avons pu échanger quelques instants avant qu’il monte sur scène, a conçu ce programme en suivant cette idée de connexion avec le temps et de ce violon qui traverse les générations.

Il a ouvert le concert avec la Chaconne de Vitali, suivi du Caprice du Violon rouge composé par John Corigliano pour terminer avec la fameuse Sonate pour violon de César Franck.  Signe que le destin fait bien les choses, son pianiste collaborateur Eden Chen, nous confiait également que lorsqu’il était jeune, la mère d’un des élèves du studio où il étudiait était celle qui incarnait la petite fille dans le film! 

Dès les premières notes, Timothy Chooi, soutenu de manière éloquente et feutrée au piano par Eden Chen, a séduit le public par une interprétation sensible et raffinée. Les différents caractères traversant le caprice étaient habités par un jeu tantôt intempestif, tantôt calme. La conclusion qu’il a offert avec la sonate de Franck avec ses trois mouvements typiques du lyrisme français du XIXe siècle a été envoûtante.

crédits photo : Tremblant

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classique moderne / classique occidental / folk / traditionnel

Fête de la musique 2026 | CordaVox et les voyages musicaux

par Alexandre Villemaire

Le duo CordaVox, composé de la soprano Lucie St-Martin et du guitariste Bruno Gauthier-Bellerose, proposait au festivalier de la Fête de la musique une invitation au voyage avec leur concert intitulé Mélodies nomades.  À travers des morceaux emblématiques des traditions orales et folkloriques, les deux interprètes viennent tisser un savant mélange entre l’héritage populaire et l’écriture classique, illustrant entre autre comment des compositeurs ont utilisé les mélodies folkloriques et traditionnelles, bien souvent non européennes, dans leur création.

Le voyage commence en Espagne, notamment avec la musique de Joaquin Rodigo que Lucie St-Martin interprète avec mordant et sensualité. Nous remontons par la suite la Méditerranée pour atterrir en Grèce avec les Cinq mélodies populaires grecques de Maurice Ravel. Cycle de mélodies régulièrement joué dans les récitals de chant dans sa version originale avec piano, la proposition artistique qui en fait par la transcription pour guitare confère au texte et a la musique une dimension plus intimiste, voire même plus authentique, quant au contexte d’interprétation et au sujet dont il est question. Les mélodies traçant en filigrane un affect de festivités populaires, la guitare magnifie cette dimension de proximité avec les gens lors de rassemblement et l’aisance qui vient avec le fait d’être accompagné à la guitare.

Le prochain arrêt était proche de nous, puisqu’il s’agissait de mélodies populaires de la Nouvelle-France et du Québec extraits du recueil Le Rossignol y chante dont les pièces ont été colligées par Marius Barbeau. Ici, le duo a opéré le processus inverse de création en apposant leur propre arrangement de ces chants. Notons parmi ces airs, des moins connu comme Le roi des amoureux, et des indémodables comme À la claire fontaine, considéré comme l’hymne officieux de la Nouvelle-France, interprété tout en délicatesse. On ne peut interpréter à la guitare des chants du Québec sans passer par Félix Leclerc. Le père de la chanson québécoise a été honoré avec une interprétation de son Hymne au printemps. 

Assurément, l’interprétation la plus originale est venue du Brésil, avec des extraits du, peu connu, oratorio Floresta do Amazonas, dont Lucie St-Martin en a tiré deux chansons pour soprano. À contrario des autres pièces du programme qui emploie du matériel folklorique comme base créative, Villa-Lobos créé ici du matériel original fortement imprégné des racines pour son Brésil natal. La Chanson d’amour qui en a été extraite notamment était d’un naturel dans cet habillage porté par un texte somptueux et lyrique rendu de manière tout aussi éloquente.

crédits photo : Tremblant

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chanson française / indie pop / Piano

La Fête de la Musique de Tremblant : Pierre Lapointe à la place Saint-Bernard

par Rédaction PAN M 360

Après un album foisonnant, Pierre Lapointe présente un spectacle intimiste où son univers prend une nouvelle dimension grâce à la virtuosité du duo Fortin-Poirier. Portées par des arrangements pour deux pianos, ses chansons révèlent toute leur profondeur, entre émotion, humour et poésie. Une soirée touchante et lumineuse à l’image de l’un des auteurs-compositeurs les plus marquants du Québec.

Following a rich and varied album, Pierre Lapointe presents an intimate show in which his artistic world takes on a new dimension thanks to the virtuosity of the Fortin-Poirier duo. Set to arrangements for two pianos, his songs reveal their full depth, blending emotion, humor, and poetry. A moving and luminous evening that reflects the essence of one of Quebec’s most influential singer-songwriters.

CE SPECTACLE EST GRATUIT!

Ce contenu provient de la Fête de la Musique de Tremblant et est adapté par PAN M 360

baroque / classique occidental

L’Ensemble Caprice ouvre la Fête de la musique de Tremblant sur une note éclatante

par Alexandre Villemaire

Le cadre était des plus bucoliques ce 4 septembre en l’église de Saint-Jovite. Malgré un temps nuageux et une température qui nous rappelle malheureusement que l’été tire tranquillement à sa fin, la musique de Johann Sebastian Bach a réchauffé les âmes au cœur des Laurentides, entre montagnes pour le coup d’envoi de la 26ème édition de la Fête de la musique de Tremblant. « Une fête de toutes les musiques » comme le soulignait sa fondatrice et directrice artistique Angèle Dubeau dans son allocution de bienvenue.

C’est à Matthias Maute et à l’Ensemble Caprice que revenait la tâche d’ouvrir cette célébration musicale. Maute et ces musiciens ont offert un programme centré autour des concertos brandebourgeois de Bach et qui mettait à l’honneur le jeu des différents instrumentistes de manière éloquente, le tout précédé d’une pièce instrumentale, sorte de prélude pour mettre l’oreille en action. Après un Largo sensuel offert par le violon solo Olivier Brault, c’est avec des extraits du Deuxième concerto brandebourgeois que les musiciens se sont exécutés. Chacun des quatre instruments présentés dans cette œuvre (cor, hautbois baroque, violon et flûte) ont été mis en valeur avec des lignes distinctives et caractéristiques. Le ton de ce concerto était festif, langoureux dans le deuxième mouvement avec la flûte et le hautbois qui s’entrelace, soutenu par le continuo et lumineux. Saluons par ailleurs le travail du corniste, qui jouait sur un cor naturel, c’est-à-dire sans piston, ce qui est d’une grande difficulté. L’interprétation subséquente du Quatrième concerto brandebourgeois est venue apporter un changement de ton avec un caractère somptueux, oscillant entre moment élégiaque et plaintif et presque espiègle dans le dernier mouvement. Elle était précédée d’une interprétation par Matthias Maute de la Courante extrait de la Suite pour flûte seul de Bach, extrait qui a été choisi par le public!

Deux moments particulièrement forts ont marqué cette soirée. D’une part, l’interprétation de la fameuse Chaconne en ré mineur, arrangé ici pour deux flûtes et violoncelle, à plonger l’assistance dans une écoute transcendantale et méditative avec des lignes mélodiques qui se complètent avec intelligence. 

L’autre moment fut l’interprétation tout à fait virtuose offerte au clavecin par Elizaveta Miller qui s’est emballée dans une tirade au caractère presque jazzé, avec tous les passages chromatiques qu’on pouvait y déceler. Le concert s’est conclu à l’image de la soirée, entre moment d’allégresse et de fête avec le fameux Air sur la corde de sol suivi d’une fanfare festive. Une conclusion appropriée pour lancer les festivités de la longue fin de semaine ici à Tremblant.

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jeunesse / trompette

La Fête de la Musique de Tremblant : Fred solo à la Place de la famille

par Rédaction PAN M 360

Avec plus de 1 800 concerts jeunesse à son actif à travers sept productions et coproductions, M. Demers s’est bâti une solide réputation auprès du jeune public. Par son énergie communicative, il transmet sa passion de la trompette à des générations d’auditeurs. Son spectacle FRED SOLO connaît un important succès partout au Québec, en salle comme en plein air. Reconnu sur la scène classique, il a collaboré avec les grands orchestres du Québec, dont l’Orchestre symphonique de Montréal. Depuis 2024, il est musicien des Forces armées canadiennes, illustrant sa polyvalence artistique. Pédagogue engagé, il agit aussi comme juré dans divers concours au Canada et enseigne la trompette au Cégep de Sherbrooke ainsi qu’à l’École Pierre-Laporte.

M. Demers has built a strong reputation through more than 1,800 youth concerts across seven productions and co-productions. Known for his energy and engaging stage presence, he shares his passion for the trumpet with young audiences across Quebec. His show FRED SOLO has achieved major success in both indoor and outdoor venues. Active on the classical music scene, he has performed with leading Quebec orchestras, including the Montreal Symphony Orchestra. Since 2024, he has also served as a musician with the Canadian Armed Forces. Alongside his performance career, he is a dedicated educator, working as a competition juror and teaching trumpet at Cégep de Sherbrooke and École Pierre-Laporte.

CE SPECTACLE EST GRATUIT!

Ce contenu provient de la Fête de la Musique de Tremblant et est adapté par PAN M 360

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