Europe de l'Ouest / percussions

Le Vivier : Sixtrum – Résonances néerlandaises à l’Espace orange de l’Édifice Wilder

par Rédaction PAN M 360

Sixtrum propose un voyage percussif à travers la scène contemporaine des Pays-Bas, avec un programme qui rassemble des voix marquantes et contrastées de la musique actuelle : Simeon Ten Holt, Arnold Marinissen, Sarah Neutkens, Celia Swart, Edward Top, ainsi que Trevor Grahl, compositeur canadien vivant aux Pays-Bas. Ce programme met en lumière les résonances d’un pays à l’identité musicale forte, où le minimalisme, l’expérimentation sonore et l’ouverture à l’international se rencontrent. À travers les œuvres de jeunes créateurs et de figures établies, Sixtrum explore des univers où la pulsation côtoie la nuance, et où le geste instrumental devient une matière expressive à part entière. Au cœur de cette sélection, le légendaire Simeon Ten Holt propose une écriture hypnotique et intuitive qui a profondément marqué le minimalisme européen. En contraste, les œuvres de Neutkens et Swart révèlent une approche plus introspective et texturale du son. Arnold Marinissen, compositeur et percussionniste, offre une musique où le rythme devient un langage physique et théâtral. Le programme inclut aussi deux voix singulières entre le Canada et les Pays-Bas. Edward Top, formé dans les deux pays, développe une musique riche en tensions et en couleurs. Trevor Grahl, quant à lui, incarne le dialogue transatlantique en mêlant rigueur formelle et expressivité nord-américaine.

Sixtrum offers a percussive journey through the contemporary scene of the Netherlands, with a program that brings together striking and contrasting voices of today’s music: Simeon ten Holt, Arnold Marinissen, Sarah Neutkens, Celia Swart, Edward Top, as well as Trevor Grahl, a Canadian composer living in the Netherlands. This program highlights the resonances of a country with a strong musical identity, where minimalism, sonic experimentation and an openness to the international meet. Through the works of young creators and established figures, Sixtrum explores worlds where pulse sits alongside nuance, and where the instrumental gesture becomes an expressive material in its own right. At the heart of this selection, the legendary Simeon ten Holt offers a hypnotic, intuitive writing that profoundly shaped European minimalism. In contrast, the works of Neutkens and Swart reveal a more introspective and textural approach to sound. Arnold Marinissen, composer and percussionist, offers a music in which rhythm becomes a physical and theatrical language. The program also includes two singular voices spanning Canada and the Netherlands. Edward Top, trained in both countries, develops a music rich in tensions and colours. Trevor Grahl, for his part, embodies the transatlantic dialogue, blending formal rigour and North American expressivity.

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expérimental / improvisation libre / jazz

Le Vivier : Quasar – Ondes Passerelles à l’Espace orange de l’Édifice Wilder

par Rédaction PAN M 360

Le quatuor de saxophone Quasar présente Ondes Passerelles, un programme de dialogues interculturels mettant en relation la tradition musicale occidentale contemporaine et diverses pratiques musicales issues de cultures du monde. Cette rencontre artistique favorise la collaboration entre compositeur·trice·s et interprètes provenant de ces différents horizons, dans un esprit d’échange et de création partagée. Une nouvelle œuvre de Jesse Plessis, compositeur d’héritage métis, pour quatuor de saxophones, voix et piano, sera créée lors de ce concert. Le texte chanté est tiré de l’ouvrage Au vent de la piroguière – Tifaifai de Flora Aurima Devantine, dans lequel « le voyage de la vie se confond avec celui du langage, oscillant entre oralité et écriture ». Le programme comprendra également une œuvre pour quatuor et santour du compositeur Jimmie Le Blanc. Les artistes invité·e·s pour cette présentation seront la soprano Brittany Rae (soprano), le musicien Amir Amiri (santour) ainsi que Jesse Plessis au piano.

Ondes Passerelles offers a program of intercultural dialogues that brings contemporary Western musical traditions into conversation with diverse musical practices from around the world. This artistic encounter fosters collaboration between composers and performers from these different backgrounds, in a spirit of exchange and shared creation. A new work by Métis composer Jesse Plessis, for saxophone quartet, voice, and piano, will receive its world premiere as part of the concert. The sung text is drawn from Au vent de la piroguière – Tifaifai by Flora Aurima Devantine, in which “the journey of life merges with that of language, oscillating between orality and writing.” The program will also include a work for quartet and santour by composer Jimmie Le Blanc. Guest artists for this presentation will include soprano Brittany Rae, musician Amir Amiri on santour, and Jesse Plessis on piano.

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chant choral / musique de chambre

Le Vivier : André Pappathomas – Areuh! à l’Espace orange de l’Édifice Wilder

par Rédaction PAN M 360

Ce projet est une étude sur la musicalité des langues et mettra en scène et en musique, six langues choisies pour leur musicalité distinctives : le japonais, l’arabe, le portugais, le wolof, l’arménien et le malgache. Un.e ou deux représentant.e.s de chacune de ces communautés formeront un ensemble vocal dont les solos et les chants d’ensemble s’articuleront autour de textes traduits dans chacune des langues en présences… À partir de cette configuration « chorale » et musicale, se mettra en place toute une suite de pièces vocales et musicales soutenus par un choix d’instruments liés à ces différentes cultures. Le shamisen, le oud, la kora, le valiha et une panoplie d’instruments de percussions. Des musiciens (violoncelle, hautbois, violon et percussions) ainsi qu’un quatuor de solistes issu de la musique actuelle et contemporaine insufflera à l’ensemble, par l’utilisation de phonèmes, des consonnances langagières dégagées de toutes références géographiques, historiques ou religieuses.

This project is a study on the musicality of languages, staging and setting to music six languages chosen for their distinctive musicality: Chinese, Arabic, Italian, Haitian Creole, Hebrew and Swahili. One or two representatives from each of these communities form a small vocal ensemble whose songs are built around a shared text translated into each of the languages present… From this choral and musical configuration unfolds a whole series of vocal and musical pieces, supported by a selection of instruments tied to these various cultures: the guzheng, the oud, the kora, the zumari and an array of wind and percussion instruments. A quartet of soloists from the worlds of musique actuelle and contemporary music infuses the ensemble, through the use of phonemes, with consonances freed from geographic or religious references.

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théâtre musical

Le Vivier : Mathilde Côté: Suzanne Guité – Théâtre Musical Contemporain à l’Espace orange de l’Édifice Wilder

par Rédaction PAN M 360

Entre théâtre et musique, le projet Suzanne Guité porté par la compositrice gaspésienne Mathilde Côté, met en lumière la vie, l’œuvre et la fougue de cette créatrice visionnaire. Suzanne Guité était une artiste gaspésienne, une femme d’idées, d‘images et de mots. Des années 1950 à 1980, elle a mené de front sa carrière d’artiste, produit sculptures, murales, aquarelles et œuvres textiles, dirigé un centre d’art à Percé et élevé 4 enfants entre le Mexique, l’Europe et la Gaspésie. Suite à son assassinat en 1981, elle est tombée dans l’oubli collectif, comme trop de femmes de son époque. Alors que l’année 2026 marque le centenaire de sa naissance, la compositrice Mathilde Côté lui rend un hommage poétique. On découvre Suzanne Guité à travers sa propre parole, incarnée par l’actrice et percussionniste Krystina Marcoux, Suzanne prend vie et se raconte. La pierre et le bois à sculpter deviennent des entités sonores en conversation avec l’artiste. On y parle d’art, d’amour et de maternité dans ce qu’ils ont de beau, de fort et de difficile.

Between theatre and music, the Suzanne Guité project, led by Gaspesian composer Mathilde Côté, brings to light the life, work and fervour of this visionary creator. Suzanne Guité was a Gaspesian artist, a woman of ideas, images and words. From the 1950s to the 1980s, she pursued her career as an artist on all fronts — producing sculptures, murals, watercolours and textile works, directing an art centre in Percé and raising four children between Mexico, Europe and the Gaspé Peninsula. Following her murder in 1981, she fell into collective oblivion, like too many women of her time. As the year 2026 marks the centenary of her birth, composer Mathilde Côté pays her a poetic tribute. We discover Suzanne Guité through her own words: embodied by actress and percussionist Krystina Marcoux, Suzanne comes to life and tells her own story. The stone and wood awaiting the sculptor’s hand become sonic entities in conversation with the artist. The work speaks of art, of love and of motherhood — in all that is beautiful, powerful and difficult about them.

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avant-garde / expérimental / contemporain / musique contemporaine

Chambre commune avec Quasar et Trio Zukan

par Frédéric Cardin

Un quatuor d’un côté, un trio de l’autre. Côté jardin, quatre saxophones québécois (Quasar), côté cour un accordéon, des percussions et un txistu basques espagnols (Trio Zukan). Pardon? Un quoi? Un txistu, une flûte traditionnelle basque, jouée verticalement telle une flûte-à-bec. Bref, tout ce monde se réunissait jeudi soir, 18 septembre 2025, à l’Espace Orange du Wilder à Montréal, dans le Quartier des spectacles. Chambre d’écoute, le titre du concert mais aussi de la première pièce dans l’ordre du programme, a offert cinq compos de quatre compositeurs-trices dont trois unifiant les deux ensembles. Si la pièce-titre, de Chantale Laplante, était intéressante, ce sont les deux œuvres de la Québécoise Émilie Girard-Charest qui ont le plus marqué votre humble chroniqueur. 

Bien campée dans une facture sonore contemporaine éduquée, la musique de Girard-Charest possède une qualité que trop peu de ses équivalents revendiquent : une attention à la construction narrative stimulante et captivante. Atonale, expérimentale, éclatée, la plume de la jeune artiste est néanmoins attachée, du moins c’est ce que j’y ai perçu, à la construction et l’expression d’une histoire. Laquelle? Ça c’est up to you, mais ce qui est certain, c’est que les mélomanes sont amenés quelque part, et ce grâce à une architecture générale facilement compréhensible, autant pour les oreilles averties que les simples curieuses/audacieuses, sans expertise. 

Dans les deux partitions proposées par la compositrice, Artefaktuak et Quantum Statistical Zero-Knowledge, c’est la première qui m’a fait le meilleur effet. Écrite spécifiquement pour le trio Zukan, Artefaktuak est formée de deux sections aux contrastes texturaux simples et efficaces, suivies d’une courte et pimpante conclusion. La première des sections est construite avec des sonorités pointillistes qui sont accentuées par les gestes des artistes sur scène. Le geste physique menant au son est ici aussi important que le son lui-même. La deuxième partie fait appel à des sons frottés, plus soutenus dans le temps, comme un archet sur le vibraphone par exemple. Chacune des sections est déployée dans un crescendo dynamique et énergétique menant à sa fin. 

Quantum Statistical Zero-Knowledge est écrite pour le quatuor et le trio unifiés, dans une facture tripartite Intense-calme-intense où les deux mouvements extérieurs sont particulièrement denses, voire saturés jusqu’au bruitisme, alors que le mouvement central apporte une dose souhaitable d’apaisement. La mécanique quantique, cette branche scientifique qui rend compte des mécanismes existant dans l’infiniment petit, révèle des réalités étonnantes, comme l’intrication ou la simultanéité d’états contraires. Si Quantum Statistical Zero-Knowledge n’offre pas une incarnation particulièrement déstabilisante des possibilités musicales, elle est néanmoins une pièce qui sait maintenir l’intérêt des auditeurs, même plus profanes. En soi, c’est déjà une réussite, surtout dans le domaine des musiques très complexes.

Le Concerto grosso de Miguel Matamoro est foisonnant de couleurs à l’image des compositions du même type de l’ère baroque, alors que Jalkin de Ramon Lazkano, des points et des traits sonores assez prévisibles, m’est apparue comme l’œuvre la plus conformiste du lot. 

baroque

Montréal Baroque 2025 | 4 saisons : bienvenue au 21e siècle et dans la crise climatique, M. Vivaldi

par Frédéric Cardin

Des quatre saisons de Vivaldi, il semble que l’on puisse tirer toutes sortes de concepts expressifs et de symboliques contemporaines. C’est en vérité la marque d’un chef-d’œuvre bien vivant que tant d’artistes y puisent des signifiances multiples, n’en déplaise aux puristes constipés. 

Le concert final du Festival Montréal Baroque 2025 présentait une version accrochée à notre modernité climatique des fameuses Quatre saisons. Sur scène, en plus de l’ensemble Pallade Musica, des personnages évoquant la Nature et des humains qui la salissent. Entre chacune des saisons, une composition de Mathias Maute rappelant les thèmes de celle-ci, mais triturés afin de souligner le dérèglement de la nature. Les quatre partitions pour flûte à bec solo, souvent d’une redoutable virtuosité, ont été impeccablement rendues par Vincent Lauzer. 

La chorégraphie/mise en scène a eu la bonne idée de ne pas abuser de la présence des personnages. En effet, le problème que je constate parfois dans les ‘’collages’’ de chorégraphies sur de la musique classique existante, c’est l’insuffisance d’idées pour accompagner sans arrêt la musique. Ici, les apparitions étaient occasionnelles, bien que nombreuses, laissant suffisamment de pauses pour revenir à la musique seule. Le personnage de Dame Nature était continuellement présent, mais souvent en retrait, comme un observateur. Bref, l’équilibre était réussi. 

Côté musique, soulignons le jeu rugueux, voire violent, de Pallade Musica, qui a construit des Saisons caractérisées par une rare intensité émotionnelle et physique, déviant souvent du principe du ‘’beau son’’ pour aller au bout de sa vision incendiaire. Sur certaines notes, la justesse était parfois escamotée, ce qui ne devrait pas être sous-estimé ou négligé (à corriger, donc), mais au-delà de ce détail, nous avons eu droit à une vision post-punk 21e siècle, et une démarche qui, en vérité, ne détonne absolument pas avec la Crise climatique en cours.

Évidemment, ce genre d’attitude peut déplaire souverainement à des professeurs-du-bon-goût autoproclamés, du genre de ceux qui officient dans un quotidien montréalais bien connu. C’était à prévoir. Une critique récente du personnage en question fait la comparaison avec les mêmes Quatre saisons présentées par le festival de musique de chambre de Montréal à la Maison symphonique, avec le génial Kerson Leong en tant que soliste (lien vers l’article en bas de page). Inutile de mettre les deux versions dos à dos : leur nature est totalement différente. 

En effet, Leong est souverain en tant que soliste, et ce tout du long (chez Pallade Musica, un.e soliste différent.e était à l’œuvre pour chaque saison). C’est l’un des plus éclatants violonistes de sa génération. Lui et son ensemble ont effectivement construit un édifice lumineux et parfaitement équilibré, tonalement idéal et techniquement sans accroc. Des saisons pures et inspirantes. 

Mais l’argument, sous-entendu, de ce critique bien connu est que c’est l’unique façon de concevoir ce chef-d’œuvre. Encore une fois, je souligne la médiocrité argumentaire manifestée par monsieur, comme je l’avais déjà fait précédemment sur un autre sujet (LISEZ L’ÉDITORIAL La diversité n’est pas un punching-bag). 

Un chef-d’œuvre qui ne pourrait stimuler diverses interprétations, et justement les plus extrêmes, serait condamné à l’empoussiérage. Libre à chacun d’apprécier ou pas, bien sûr, mais l’insinuation qu’une façon de faire est justifiée et l’autre pas est ridicule. 

En fin de compte, ces Quatre saisons de la Crise climatique offrent un commentaire original et particulier du monument vivaldien, troquant ‘’perfection plastique’’ pour incarnation symbolique provocante et mémorable. 

Lien vers l’article mentionné plus haut:

https://www.ledevoir.com/culture/musique/894091/critique-concert-deux-fois-quatre-saisons-cloture-festivals

musique contemporaine / pop de chambre

Semaine du Neuf | Le ‘’groove de chambre’’ de collectif9 et Architek Percussions

par Frédéric Cardin

Cinq œuvres contemporaines, autant de compositeurs.trices. Le fil conducteur? Outre des mots tissés par l’auteur Kaie Kellough, le groove. En effet, cet élément d’ordinaire si peu associé à la musique de création s’est retrouvé l’élément central de la soirée du 15 mars 2025 à l’Espace Orange du Wilder dans le Quartier des Spectacles, à Montréal. C’est à l’occasion de la Semaine du Neuf organisée par Le Vivier qu’avait lieu la présentation d’un spectacle intitulé Quelque part, mon jardin / My Backyard, Somewhere, spectacle fusionnant les univers créatifs de deux des ensembles les plus originaux et dynamiques de la scène montréalaise/canadienne : collectif9 et ses neuf cordes et Architek Percussions et ses quatre géniaux tapeux et piocheux.. Pour en savoir beaucoup plus sur l’origine de ce concept, lisez l’entrevue réalisée par le collègue Alain Brunet ICI. 

Gracieuseté Semaine du Neuf – Le Vivier crédit photo : Philippe latour par Frederic Cardin

La stratégie d’interprétation adoptée par les artistes est tout à fait originale : les cinq œuvres sont charcutées en diverses parties, et ensuite mélangées entre elles pour offrir une trame continue d’environ une heure quinze minutes. Un peu comme si l’on prenait cinq modèles de blocs Lego et qu’on les ré-assemblait en une seule nouvelle construction, entièrement cohérente. 

Ainsi, le fil sonore de la soirée était parcouru de contrastes entre les esthétiques glitch/syncopes de Nicole Lizée, post-minimaliste/dissonant de Luna Pearl Woolf, chamber pop de Eliot Britton, presque muzak de Brett Higgins et néo-impressionniste/rock de Derek Charke. Les paroles de Kellough, parfois scandées ou déclamées par l’artiste lui-même, façon spoken word et très urbaine, parfois pré-enregistrées et altérées, marquaient le coup et offraient une couleur très street à l’ensemble du concert. 

Quelque part, mon jardin / My Backyard est une proposition contemporaine dont l’actualité est ancrée dans le brouillage qu’elle fait entre les univers savants et pop multi-tendance. Elle est surtout une démarche d‘inclusion de la pulsation chaloupée des musiques noires, plutôt que celle, métronomiquement régulée, du Minimalisme, autre école stylistique basée sur l’affirmation rythmique. Pour les amoureux de la modernité harmonique, voir de l’avant-garde, il faudra repasser, car on est ici en territoire presque totalement consonant. 

Le résultat final est résolument contemporain tout en étant très accessible même pour un public profane en matière de musique de création. Peut-être même un peu trop ‘’poli’’ pour certains, si je me fie à quelques commentaires entendus?

Qu’à cela ne tienne et en ce qui me concerne, ainsi que l’ami Alain Brunet présent à mes côtés, Quelque part, mon jardin / My Backyard est l’un des très bons projets de collectif9 et Architek.

Luna Pearl Woolf: But I Digress… (2018) – 19 min

Bret Higgins: among, within, beneath, atop (2018) – 8 min

Derek Charke: the world is itself a cargo carried (2018) – 15 min

Eliot Britton: Backyard Blocks (2018) – 17 min

Nicole Lizée: Folk Noir/Canadiana (2018) – 14 min

musique contemporaine

Semaine du Neuf | Collectif9 : héro musical pour tous

par Frédéric Cardin

L’ensemble collectif9 appuyé de deux compositeurs/vidéastes (Myriam Boucher et Pierre-Luc Lecours) donnaient, vendredi soir 15 mars, la première nord-américaine de Héros, œuvre créée en 2020 en France, mais qui n’a jamais pu voyager depuis en raison de la crise pandémique. Il s’agissait en quelque sorte d’une deuxième Première pour cette pièce en cinq mouvements, écrite pour les neuf instrumentistes de l’ensemble (4 violons, 2 altos, 2 violoncelles et 1 contrebasse) et deux vidéastes live. 

Le processus de création musicale est bien expliqué par Thibault Bertin-Maghit, fondateur et directeur général/artistique de collectif9, dans l’entrevue qu’il m’a accordée et que je vous encourage écouter ici : 

Je ferai tout de même un court résumé : à partir de la musique de Beethoven (2020 constituait le 250e anniversaire de sa naissance), Boucher et Lecours, habitués à travailler dans l’électronique, ont tissé une trame musicale numérique ou Beethoven devient difficilement reconnaissable, trame qu’ils ont par la suite retranscrite pour l’ensemble acoustique montréalais!

De l’acoustique au numérique puis à l’acoustique de nouveau, la démarche plutôt originale promettait quelque moments étonnants. En vérité ce ne fut pas le cas, ce qui ne veut pas dire que ce n’est pas bon. C’est seulement que je m’attendais à des passages instrumentaux techniquement très virtuoses et spectaculairement dessinés avec un pointillisme millimétrique. J’imaginais quelque chose de peut-être expérimental.

Héros se drape plutôt d’habits hyper séduisants de l’ordre du minimalisme répétitif étatsunien. Les cinq mouvements se développent dans une alternance lent-rapide-lent-rapide avec un finale mixte. L’effet d’ensemble est bien plus ‘’agréable’’ que la prémisse d’origine le laisse entendre, et aboutit à un produit dont le potentiel ‘’exportable’’ de tournée hors des cercles habituels de la musique de création est très intéressant.

Les projections vidéo animées en direct par Boucher et Lecours vont et viennent entre l’abstraction et les scènes naturelles (beaucoup d’oiseaux) filtrées par des effets de transparence et de changements chromatiques. Le rapport de Beethoven à la nature est probablement ce qui nous rappelle le plus à sa présence en filigrane car on cherche en vain quelque référence mélodique au compositeur (sinon quelques accords ici et là). De toute façon, l’intérêt ne se situe pas dans le fait de retrouver des citations connues, mais plutôt dans le voyage sensoriel, audio-visuel, qui est proposé. 

Le quatrième mouvement m’est apparu le plus excitant et absorbant. Sur fond de bandes verticales faites de traits plus ou moins larges et déroulant à diverses vitesses, la musique très rythmique, voire nerveuse, crée un effet de transe hypnotique. Certaines bandes géométriques apparaissent en parfaite synchronicité avec les attaques des instrumentistes. Un bel exemple de création vidéo live réellement intégrée à une partition musicale. 

Le mouvement final offre une synthèse presque lyrique dans son amplitude élégiaque, touchante et fortement appréciée du public.

L’Espace Orange du Wilder était rempli, confirmant un autre succès de fréquentation pour la Semaine du Neuf. 

Comme mentionné, le potentiel exportable de Héros est certain. Je vois très bien ce spectacle de création contemporaine, sommes toutes assez user-friendly, être fort bien reçu partout au Québec, dans des lieux de diffusion peu habitués au répertoire proposé normalement par Le Vivier. Là où Andréa Streliski et Jean-Michel Blais attirent les foules, l’ensemble montréalais devrait pouvoir tirer habilement son épingle du jeu avec Héros. 

Un autre bon coup de collectif9.

expérimental / contemporain / musique contemporaine

Semaine du Neuf | VIVIERMIX // QUASAR + NEM + FIOLÛTRÖNIQ

par Varun Swarup

Hier soir, on nous a servi trois cours de musique numérique, chacun présenté par l’un des ensembles distingués dirigés par Le Vivier. Au cœur de cet événement, deux œuvres mixtes de l’invité d’honneur Pierre Jodlowski et une pièce de Cléo Palacio-Quintin résonnaient dans un mélange éclectique de sons et de récits transdisciplinaires.

Le premier cours a débuté avec « ALÉAS », de la compositrice et interprète elle-même, Cléo Palacio-Quintin à la flûte et son collègue Bernard Falaise à la guitare électrique. Ensemble, ils ont sonorisé en temps réel une projection visuelle ostensiblement d’eau qui coule, dans une invitation à redécouvrir le monde qui nous entoure à travers un prisme déformant de son et de poésie de Thierry Dimanche. Vous pouvez lire notre entretien avec Cléo ici.

André Leroux, l’un des saxophonistes du prestigieux quatuor Quasar, a été à l’honneur lors de la deuxième représentation, dans son interprétation de « Le dernier songe de Samuel Beckett ». Leroux a fait preuve d’une maîtrise considérable dans cette performance qui impliquait des lignes atonales araignées et de nombreuses techniques étendues. Avec son pied, il contrôlait une pédale qui déclencherait une piste d’accompagnement, des paysages sonores banals et effrayants dans cet hommage au dramaturge estimé.

Pour moi, le point culminant de la soirée a été la représentation de l’œuvre de Jodlowski, « Respire », interprétée par le Nouvel Ensemble Moderne. Il s’agit d’une œuvre qui semble explorer le mécanisme même par lequel nous nous maintenons en vie, notre respiration. Des corps humains sans visage se contorsionnent et bougent en synchronisation avec les sons hypnotiques de l’orchestre, parfois fous, mais parfois beaux dans cette danse entre son et silence. On peut certainement entendre l’influence du minimalisme à la Steve Reich, prononcée par les accords sublimes occasionnels du clavier. Un ouvrage vraiment envoûtant et qui fait réfléchir.

expérimental / contemporain

Semaine du Neuf: Quasar – Exercices d’étrangeté III Mycorrhizia

par Rédaction PAN M 360

À travers l’œuvre hors du commun de Sandeep Bhagwati, Quasar explore la relation entre la nature, la technologie et la musique actuelle.

À l’occasion de la série Hommage à Sandeep Bhagwati de la Société de musique contemporaine du Québec, Quasar présente Exercices d’Étrangeté III Mycorrhizia. Le temps d’un concert, le public est transporté dans l’univers singulier du compositeur de renommée internationale, qui marie la nature aux nouvelles technologies avec une œuvre inspirée de la communication entre les arbres. Sur scène, un dispositif lumineux représentant le réseau racinaire réagira aux sons produits par les saxophones, pour une expérience sensorielle unique.

Through the extraordinary work of Sandeep Bhagwati, Quasar explores the relationship between nature, technology and contemporary music.

As part of the Société de musique contemporaine du Québec’s Hommage à Sandeep Bhagwati series, Quasar presents Exercices d’Étrangeté III Mycorrhizia. For the duration of the concert, the audience is transported into the singular universe of the internationally-renowned composer, who blends nature with new technologies in a work inspired by communication between trees. On stage, a luminous device representing the root network will react to the sounds produced by the saxophones, for a unique sensory experience.


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expérimental / contemporain

Semaine du Neuf: Ghostland

par Rédaction PAN M 360

Immersive et envoûtante, cette création de Pierre Jodlowski nous plonge dans un espace aux frontières indéfinies.

Ce projet repose sur le concept de fantôme. Il est conçu pour quatre percussionnistes qui concentrent leur jeu sur quatre batteries et des instruments virtuels, une marionnettiste avec un dispositif interactif de lumières, sons et vidéos.

Le fantôme est envisagé dans ses multiples dimensions symboliques. La scène n’est plus seulement un espace de représentation mais elle devient un lieu ambigu et un espace infini, essentiellement destiné à voir éclore une sorte de rituel sonore et visuel devenant lui-même un objet à percevoir.

La partition très élaborée met en valeur les qualités qui font la notoriété des Percussions de Strasbourg. Les différentes parties de Ghostland se structurent dans une dramaturgie allant de l’ombre à la lumière.

Immersive and spellbinding, this creation by Pierre Jodlowski plunges us into a space with undefined boundaries.

The project is based on the concept of the ghost. It is conceived for four percussionists, who concentrate their playing on four drums and virtual instruments, and a puppeteer with an interactive light, sound and video device.

The ghost is considered in its multiple symbolic dimensions. The stage is no longer simply a performance space, but becomes an ambiguous and infinite space, essentially destined to witness the emergence of a kind of sonic and visual ritual that itself becomes an object to be perceived.

The elaborate score highlights the qualities for which the Percussions de Strasbourg are renowned. The various parts of Ghostland are structured in a dramaturgy that moves from shadow to light.


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expérimental

Concert Vivier interuniversitaire à l’Espace Orange

par Rédaction PAN M 360

Lors de la 7e édition du concert annuel du Vivier InterUniversitaire (ViU) seront présentées des œuvres insolites et novatrices pour instrumentale, mixte et électroacoustique. Elles sont toutes composées et interprétées par quelques membres brillants de la génération émergente en composition et en interprétation de l’Université de Montréal, de McGill, de Concordia et du Conservatoire de musique de Montréal.

The 7th annual Vivier InterUniversitaire (ViU) concert will present unusual and innovative works for instrumental, mixed and electroacoustic music. They are all composed and performed by some of the brightest members of the emerging generation of composers and performers from the Université de Montréal, McGill, Concordia and the Conservatoire de musique de Montréal.


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