Portée par Jamie Stewart Xiu Xiu, la formation californienne revient en ce début d’année avec un premier bouquet de reprises surprenantes, plus inspirées que jamais. L’opus de 12 chansons, intitulé Xiu Mutha Fuckin’ Xiu : Vol.1, rassemble des reprises allant des Talking Heads à Robyn en passant par Soft Cell et GloRilla, dans un esprit de rupture où il faut être capable de se perdre et de savoir s’y retrouver.
Inspiré par le même sentiment de désorientation que peut nous inspirer un bout de rêve familier, l’artiste s’est entouré de musiciens chevronnés avec qui honorer les artistes révérés. Les influences post-punk et synth-pop expérimentale de la formation se mélangent ici pour rendre justice aux classiques en sortant des sentiers battus jusqu’ici.
Tout d’abord, les pièces rythmées et aux teintes psychédéliques comme Psycho Killer, SQPR et la succulente Cherry Bomb insufflent l’énergie nécessaire à l’album et sont bien placées pour apporter des peaks d’énergie efficaces. Les influences de la synthwave et les envolées électro sont encore plus présentes sur la saccadée Warm Leatherette aux teintes de jeu vidéo, la synth-bass sombre de Sex Swarf rappelant PEACHES ainsi que Lick or Sum, parfaite pour la piste de danse underground.
Ensuite, le pan un peu plus torturé de l’album, indissociable de l’art de Jamie Stewart, est quant à lui développé à travers un cauchemar de cuivres et de vents pour I Put a Spell on You, la voix onirique d’Angela Seo et les violons angoissants d’Hamburger Lady et Some Things Last a Long Time, une de mes interprétations préférées. Pour alléger un peu, Dancing on my Own apporte avec ses cordes chaudes un peu de lumière, Triple Sun nous offre un moment presque méditatif alors que In Dreams déjà fan-favorite, nous fait rêver tout en reverb.
En bref, un album éclaté où on revisite des chansons sous un angle nouveau et jamais vu, procurant un sentiment de fraîcheur tout en nous remplissant de la nostalgie des mélodies passées. Oreilles sensibles s’abstenir: Xiu Xiu ne fait pas toujours dans la dentelle. Toujours au top des progressions inspirées et des avenues surprenantes, l’artiste est en pleine forme musicale et la production est à son meilleur : la créativité des percussions n’a d’égal que le nombre de layers brillants de synth. Une belle manière de rendre hommage aux chefs d’œuvres d’hier.























