Revenue à l’avant-plan de la scène électronique mondiale, Marie Davidson a lancé l’excellent album City of Clowns en collaboration avec ses acolytes Soulwax et Pierre Guérineau. Avant la pandémie, elle avait plus ou moins réussi son aparté pop avec Renegade Breakdown, suivi de Persona en 2021, sorte de dream pop mâtinée de pop française, un exercice intéressant qui demanderait encore du travail pour en arriver à une œuvre majeure. Puis… le silence, la remise en question, la tentative de réorientation… et le retour au bercail.
Au printemps 2024, la Montréalaise retournait aux fondements de son art : l’auto-analyse à la fois divertissante et tragique du geste artistique dans la jungle technoïde, à travers un usage parfaitement maîtrisé des référents techno, house, UK garage, jungle, drum’n’bass, breakbeat, pop francophone, synthwave, krautrock, dance-punk, gothique et plus encore.
Le nouveau spectacle alors présenté par Marie Davidson annonçait sa relance discographique, un exercice hautement créatif unifiant et transcendant les signes connus de son art, le tout assorti d’un engagement ferme à relever les signes les plus inquiétants de la conjoncture actuelle, on pense surtout à cette inclination au capitalisme de surveillance et à toutes dérives autoritaires repérables sur cette petite planète. La valeur ajoutée de Marie Davidson à ses propositions destinées au plancher de danse réside dans une réflexion solide sur l’art et le divertissement en 2025. Danser, certes, mais aussi réfléchir, voilà qui aura propulsé justement Marie Davidson dans la dizaine de finalistes du Prix Polaris.























