Au terme du deuxième chapitre d’une carrière à peine démarrée, la détresse psychologique a mené Klô Pelgag à de difficiles introspections sur cette existence qui est la sienne et qui le sera encore longtemps. Présumons-le, car elle a le talent nécessaire et le pouvoir de déstructurer son art sans le renier, de le reconstruire, de le faire vivre une vie durant et plus encore. Ce n’est jamais acquis pour quiconque, Klô Pelgag le sait parfaitement: il faut le courage de se relever après les baffes et les grandes incertitudes, il faut lâcher prise, oublier son nombril, aller de l’avant, faire de ses douleurs un carburant de création. Notre-Dame-des-Sept-Douleurs incarne une transformation importante au troisième chapitre : Klô Pelgag devient ici compositrice, parolière, arrangeure, coréalisatrice de son œuvre, de surcroît leader d’orchestre, seule maîtresse à bord. Elle se permet même d’ambitieux arrangements pour pop de chambre, une tâche complexe confiée naguère à son frère Mathieu, éduqué et formé à ce titre. L’écoute attentive de ses trois opus mène d’ailleurs à ce constat : harmoniquement, ses arrangements pour cordes n’ont peut-être pas encore acquis la profondeur, l’étendue et la contemporanéité de ceux de ses deux premiers albums, sauf exceptions – la finale de La maison jaune, par exemple. Une écoute superficielle laisse plutôt l’impression d’une continuité, ce qui n’est pas exactement le cas, mais ce travail présente les germes d’un discours orchestral distinct, et l’on exclut ici les trois arrangements plus matures signés Owen Pallett, prix Polaris (sous le pseudo de Final Fantasy) et proche collaborateur d’Arcade Fire comme on le sait. L’organisation des sons pour grande formation (cordes, cuivres) relève de l’apprentissage concluant, la dynamique en petite formation diffère de ce qu’on a entendu auparavant chez Klô Pelgag, on sent ici une nouvelle force se déployer, un esprit parfois rock. Mais ce qui est le plus remarquable dans cet album se trouve dans le texte et la voix qui les porte. Les mots y sont organisés plus simplement, les éclats poétiques y sont mieux mis en valeur, l’autrice y ménage ses effets, émonde pour le mieux. Voilà certes un album dont l’appréciation croît avec l’usage.
Tout le contenu 360
Critique de concert americana
Francos 2026 | Gab Bouchard garde une trace de ses spectacles intimes
Par Samuel Lemieux
Interview rock/expérimental/expérimental / contemporain/jazz
Suoni 2026 | Dansons sur le chaos avec The Ex
Par Michel Rondeau
Critique de concert hip-hop
Francos 2026 | Juste Shani, la voix qui réécrit les codes du rap
Par Sandra Gasana
Interview expérimental / contemporain/expérimental
Suoni 2026 | Adrian Avendaño, tous ses chemins vers « Un Échange: Trading Places : Trueque «
Par Alain Brunet
Critique de concert reggae
Francos 2026 | Un voyage entre Rio et Paris signé Luiza
Par Sandra Gasana
Critique de concert Chanson francophone/rock
Francos 2026 | Béton armé, tendu jusqu’à la fin
Par Samuel Lemieux
Critique de concert hip-hop/pop/jazz
Francos 2026 | Kamilou illustre un mouvement en cours
Par Samuel Lemieux
Critique de concert hip-hop/pop
Francos 2026 | Stattz au centre d’une convergence
Par Samuel Lemieux
Critique de concert Chanson francophone/pop
Francos 2026 | Robert Robert ne performe pas, il installe
Par Samuel Lemieux
Critique de concert classique occidental/classique/violon
FMCM 2026 | D’un midi avec Sirena Huang et Bach
Par Alexandre Villemaire
Critique de concert Hip Hop/rap/hip-hop
Francos 2026 | Kinji00 précis, maîtrisé, imprévisible
Par Samuel Lemieux
Critique d'album americana/folk/rock 2026
Kurt Vile – Philadelphia’s been good to me
Par Helena Palmer
Interview expérimental / contemporain
Suoni 2026 | Anju Singh, artiste en résidence, de Vancouver à MTL
Par Alain Brunet
Critique de concert pop/Indie























