Au terme du deuxième chapitre d’une carrière à peine démarrée, la détresse psychologique a mené Klô Pelgag à de difficiles introspections sur cette existence qui est la sienne et qui le sera encore longtemps. Présumons-le, car elle a le talent nécessaire et le pouvoir de déstructurer son art sans le renier, de le reconstruire, de le faire vivre une vie durant et plus encore. Ce n’est jamais acquis pour quiconque, Klô Pelgag le sait parfaitement: il faut le courage de se relever après les baffes et les grandes incertitudes, il faut lâcher prise, oublier son nombril, aller de l’avant, faire de ses douleurs un carburant de création. Notre-Dame-des-Sept-Douleurs incarne une transformation importante au troisième chapitre : Klô Pelgag devient ici compositrice, parolière, arrangeure, coréalisatrice de son œuvre, de surcroît leader d’orchestre, seule maîtresse à bord. Elle se permet même d’ambitieux arrangements pour pop de chambre, une tâche complexe confiée naguère à son frère Mathieu, éduqué et formé à ce titre. L’écoute attentive de ses trois opus mène d’ailleurs à ce constat : harmoniquement, ses arrangements pour cordes n’ont peut-être pas encore acquis la profondeur, l’étendue et la contemporanéité de ceux de ses deux premiers albums, sauf exceptions – la finale de La maison jaune, par exemple. Une écoute superficielle laisse plutôt l’impression d’une continuité, ce qui n’est pas exactement le cas, mais ce travail présente les germes d’un discours orchestral distinct, et l’on exclut ici les trois arrangements plus matures signés Owen Pallett, prix Polaris (sous le pseudo de Final Fantasy) et proche collaborateur d’Arcade Fire comme on le sait. L’organisation des sons pour grande formation (cordes, cuivres) relève de l’apprentissage concluant, la dynamique en petite formation diffère de ce qu’on a entendu auparavant chez Klô Pelgag, on sent ici une nouvelle force se déployer, un esprit parfois rock. Mais ce qui est le plus remarquable dans cet album se trouve dans le texte et la voix qui les porte. Les mots y sont organisés plus simplement, les éclats poétiques y sont mieux mis en valeur, l’autrice y ménage ses effets, émonde pour le mieux. Voilà certes un album dont l’appréciation croît avec l’usage.
Tout le contenu 360
Interview classique/classique occidental/orchestre
L’Orchestre du CNA au Domaine Forget : voyage entre musiques allemandes, britanniques et andines
Par Alexandre Villemaire
Critique de concert Antilles / Caraïbes/jazz/reggae
Nuits d’Afrique 2026 | Chris Combette : l’élégance groovy du troubadour guyanais
Par Frédéric Cardin
Interview Brésil
Nuits d’Afrique 2026 | Forro das Comadres : le Forro des femmes
Par Frédéric Cardin
Interview classique/classique occidental
Lanaudière 2026 | Charles Richard-Hamelin et l’OSQ jouent Grieg dans une célébration nordique
Par Alexandre Villemaire
Critique de concert Amérique latine/latino/Hip Hop
Nuits d’Afrique 2026 | Systema Solar met le feu à la Place des Arts
Par Sandra Gasana
Critique de concert Afrique
Nuits d’Afrique 2026 | Sahra Halgan fait résonner la voix du Somaliland
Par Sandra Gasana
Critique de concert classique occidental/classique/danse
Lanaudière 2026 | Les sublimes symboles musicaux des Arts Florissants
Par Alexandre Villemaire
Critique de concert Afrique/percussions
Nuits d’Afrique 2026 | Guiss Guiss Bou Bess électrise le sabar sénégalais
Par Sandra Gasana
Critique de concert Antilles / Caraïbes/Afrique/rock/jazz/reggae
Nuits d’Afrique 2026 | Wesli et son labo
Par Alain Brunet
Interview classique/classique occidental
Lanaudière 2026 | Une Vie de héros par Payare et l’OSM, Les Nuits d’été de Marie-Nicole Lemieux
Par Alain Brunet
Interview classique/classique occidental
Lanaudière 2026 | L’OSM et Rafael jouent Chostakovitch et Gabriela Ortiz avec Alisa Weilerstein
Par Alain Brunet
Critique de concert Afrique/cirque/jazz
Nuits d’Afrique 2026 | Cirque africain signé Kalabante
Par Stephan Boissonneault
Interview latino/Europe de l'Ouest/jazz
Nuits d’Afrique 2026 | Azara, la voix du flamenco qui s’enracine à Montréal
Par Frédéric Cardin
Critique de concert Afrique/americana/Océan Indien
Nuits d’Afrique 2026 | De duo à quatuor, The Two enrichit son blues créole
Par Sandra Gasana
Critique de concert classique occidental/classique/Europe de l'Est/traditionnel
Lanaudière 2026 | 360 sur la mandoline
Par Alain Brunet
Interview Antilles / Caraïbes/reggae
Nuits d’Afrique | Chris Combette, richesse et fluidité guyanaises
Par Alain Brunet
Critique de concert Afrique/latino/Europe de l'Ouest/Maghreb
Nuits d’Afrique 2026 | Exulter avec Labess
Par Alain Brunet
Interview classique/classique occidental
Lanaudière 2026 | De Carmen à Gershwin, un voyage de l’OSM et du maestro français Stéphane Denève
Par Alain Brunet
Interview Afrique/blues mandingue
Nuits d’Afrique 2026 | Le balafon virtuose de Seydou Diabaté, au coeur du Kanazoé Orkestra
Par Frédéric Cardin
Critique de concert Afrique/blues mandingue
Nuits d’Afrique 2026 | Le MTELUS s’incline devant le Grand Lamine Touré
Par Sandra Gasana
Interview Amérique latine
Nuits d’Afrique 2026 | Somos Más, des harmonies au féminin pluriel
Par Juliana Cortes
Critique de concert Afrique/électronique/Moyen-Orient / Levant / Maghreb/jazz/Maghreb/trance
Nuits d’Afrique 2026 | Ainsi va la Baraka
Par Alain Brunet
Interview classique occidental/classique
Domaine Forget 2026 | À la découverte de La Bella Incognita
Par Alexandre Villemaire
Critique de concert Afrique/blues mandingue























