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Pays : États-Unis Label : Sacred Bones Genres et styles : americana / dark americana / dream-pop / indie folk Année : 2021

Marissa Nadler – The Path of the Clouds

· par Steve Naud

Depuis une quinzaine d’années, Marissa Nadler peaufine son folk noir mâtiné de vapeurs dream pop avec soin. On peut considérer le diptyque formé par ses albums July (2014) et Strangers (2016), réalisés par Randall Dunn, comme un tournant dans sa carrière. Dunn avait su magnifier le côté sombre de la dame et offrir un écrin sublimement orchestré à ses compositions mélancoliques. Sur l’opus qui allait suivre en 2018, l’excellent For my Crimes, l’artiste choisissait de tourner le dos à l’approche maximaliste que Dunn avait adoptée pour Strangers, afin de revenir à un son plus dépouillé. Aujourd’hui, avec The Path of the Clouds, elle nous propose un disque aux arrangements plus opulents. Afin de jeter les bases de cet album dont, pour la première fois, elle assure la réalisation à part entière, elle a opté pour des compositions jouées au piano, instrument dont elle a appris à jouer pendant la pandémie. Elle a ensuite envoyé ses maquettes à différents musiciens, qui les ont ainsi étoffées à distance. Sur ce sentier entre les nuages, on peut donc, entre autres, croiser la harpiste Mary Lattimore, la guitariste Emma Ruth Rundle, le claviériste Jesse Chandler (Mercury Rev) et Simon Raymonde, qui était autrefois bassiste au sein des légendaires Cocteau Twins.

Les contributions de tout ce beau monde, conjuguées aux choix musicaux de madame Nadler, font de cette nouvelle fournée de chansons une des plus ambitieuses et des plus variées qu’elle nous ait offertes à ce jour. La période de confinement qui a suivi l’éclosion du coronavirus a également influé sur les textes des différentes pièces au programme, puisque les reprises d’épisodes de la série Unsolved Mysteries qu’a visionnées la chanteuse pendant sa réclusion lui en ont inspiré la thématique. Elle a plongé sa plume dans son encre la plus sombre, afin de nous gratifier d’une collection de murder ballads dont l’issue est rarement claire. L’environnement sonore ondoyant qui enrobe ces histoires mystérieuses leur sied à merveille. En fait, nous avons là l’œuvre la plus aboutie de la demoiselle en noir, jusqu’à maintenant.

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