Thisquietarmy ajoute une arme à son arsenal: la batterie de Michel Away Langevin

Entrevue réalisée par Alain Brunet

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Depuis 2005, le guitariste et producteur montréalais Eric Quach mène le projet THISQUIETARMY,  créature boulimique ayant enregistré une cinquantaine d’album et donné 500 concerts sur les scènes du monde. 

La créature est hybride stylistiquement : ambient, dark ambient, drone, doom métal, post-rock. Ses multiples propositions sont structurellement simples, l’articulation et la vitesse d’exécution ne sont pas des arguments massue. La complexité et la finesse se trouvent plutôt  dans les fluides sonores générés par un véritable arsenal de pédales d’effet. 

La créature est solitaire mais pas asociale : une vaste part de son répertoire est constituée de nombreuses collaborations. Celle dont il est ici question est l’enregistrement The Singularity, première phase d’une série de trois, dialogue enregistré avec le batteur de Voivod, Michel AWAY Langevin, qui n’en est pas à sa première aventure expérimentale.

Et qui nous fait le plaisir de raconter ce projet parallèle avec Eric Quach avec qui il monte sur scène au Festival international de musique actuelle de Victoriaville, soit une deuxième fois depuis les débuts de leur collaboration. 

En toute générosité, AWAY explique le tout à PAN M 360.

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PAN M 360 : Faisons d’abord la  genèse de votre complicité musicale.

AWAY :  Je connais Eric depuis 5 ans. Je l’ai connu en 2016 au Red Bull Music Academy,  plus précisément dans le volet Drone Activity. Nous avions apprécié nos performances respectives et avions ensuite joué ensemble en 2018, soit à La Vitrola dans le contexte des Suoni per Il Popolo. Ce premier spectacle était différent de celui présenté à Victo, car nous avions chacun des parties solos entre lesquelles nous avions une partie en duo. Nous avions vraiment aimé cette soirée.  En février 2019, nous sommes allés au studio Méduse , et nous avons enregistré des heures et des heures d’improvisation.  

PAN M 360 : Quelles étaient les consignes de travail ?

AWAY : Aucune. On n’avait pas répété, l’idée était de faire de la musique improvisée sans balises préalables, sans indices. C’est de la musique totalement improvisée. Puis la pandémie a précipité la sortie d’un premier enregistrement; on s’est contactés, on a écouté le matériel enregistré l’année précédente et on s’est rendus compte qu’on avait de la matière pour trois albums, trois fois 40 minutes, donc trois phases d’un même projet. On a pris le temps de tout écouter et ensuite sélectionner les meilleurs moments. La Phase 1 a été vraiment appréciée, les critiques sont très bonnes et je ne serais pas surpris qu’on nous demande de jouer cette musique dans les festivals lorsque les activités reprendront. Notre deuxième album est prêt, ça sortira bientôt. Sur scène au FIMAV, nous serons ensemble du début à la fin du concert.

PAN M 360 :  Stylistiquement, quelle est la particularité de cette rencontre ?

AWAY : C’est un bon mélange de drone-ambient et de mon jeu tribal. Vu que Thisquietarmy fait dans le drone inquiétant, je ne joue pas de la même façon. Il y a des crescendos, des accélérations, la dynamique s’inspire du moment présent. Eric, lui, joue exclusivement de la guitare avec un vaste assortiments de pédales lui permettant de créer plusieurs effets, enfin c’est ce qu’il fait avec moi – je ne sais pas s’il exclut les synthés ou les logiciels dans tous ses projets.  Pour le concert de Victoriaville, nous ne nous sommes pas non plus donnés de ligne directrice. Chaque pièce au programme durera un côté de vinyle comme on dit! (rires).

PAN M 360 : Voilà donc le nouveau chapitre de ton univers expérimental, que tu alimentes sporadiquement depuis plusieurs années n’est-ce pas?

AWAY : Oui. Plus souvent qu’autrement je suis avec Voivod. Il y a une part d’improvisation dans notre travail, mais plus de contraintes dans les rythmes et structures que lorsque je fais de la musique avec des René Lussier, Martin Tétreault et autres Bernard Falaise. Ça m’amène ailleurs, et ça me permet de faire évoluer mon jeu. C’est donc une autre approche. En fait, je me suis toujours intéressé au krautrock de type Faust ou Can ou encore au space rock-jazz anglais à la Soft Machine. Dans cet esprit, mes projets plus aléatoires me permettent d’explorer d’autres rythmes, d’autres textures. J’ai mené plusieurs projets plus aléatoires au fil des années, car ça me sort de ce que je fais chez Voivod et c’est pour ça que j’aime m’impliquer côté avant-garde.

PAN M 360 :  Passons aux nouvelles de Voivod si tu le veux bien !

AWAY : Avec Voivod, deux prestations en ligne sont bientôt prévues. Nous venons de répéter la matière de l’album Nothingface. C’était spécial de se rappeler ces affaires-là.  Adolescents à Trois-Rivières, notre guitariste Dan Mongrain et notre bassiste Rocky avaient assisté à ce show, ils se trouvaient dans la même salle même s’ils ne se connaissaient pas. C’est donc la rencontre Saguenay et Trois-Rivières…  un concept aquatique! (rires). Le 30 mai on jouera Nothingface,  puis le 27 juin on jouera Dimension Hätross. Devant public, on a des offres de concerts pour juillet. De plus, ces derniers mois, on a mis en ligne des spectacles enregistrés au Festival de jazz de Montréal et au Festival d’été de Québec.

PAN M 360 : Nouvel album en chantier?

AWAY : Oui. On a commencé à monter un album à distance, c’est-à-dire qu’on a tout programmé avant de jouer ces musiques en studio. La technologie nous a ainsi permis de travailler d’abord chacun chez soi. Ça fait de super bonnes maquettes!  Même si tout est programmé, ça nous donne une idée assez précise de ce qu’on fera en studio avec nos instruments réels. Normalement, on travaille en séances d’improvisation, on retient ensuite les meilleurs éléments qui mènent à la composition finale de nos pièces. Cette fois, travailler en programmation m’a conduit à trouver des rythmes différents qui induisent des compositions différentes. C’est plus chirurgical comme approche; j’écoute plus attentivement la guitare et la basse et je programme la batterie en fonction de ce que j’entends. Quand on joue en studio, je ne peux pas absorber aussi bien toute cette information. Il faut toutefois que je m’assure  de pouvoir jouer en bout de ligne ce que j’ai imaginé à l’ordinateur. En tout cas, on va ailleurs avec ça.

PAN M 360 : Voïvod aura-t-il encore droit à une nouvelle vie?
AWAY : C’est déjà le cas. Lorsque Piggy est décédé en 2005, on croyait qu’il nous fallait termine  l’album Katorz –  avec Jason Newsted, puis donner un dernier concert et s’arrêter pour de bon. Snake et moi pensions vraiment que c’était fini. Puis les choses ont redémarré pour un concert et ça ne s’est jamais arrêté depuis. Plus récemment, on a même retrouvé un nouvel élan prog-métal avec l’album The Wake, les gens ont beaucoup apprécié le concert, les salles étaient pleines à craquer partout sur Terre où nous avons joué. Nous sommes très heureux de ce regain de popularité. Nous continuons sur cette lancée, notre prochain album devrait être lancé au début 2022. Sinon on travaille beaucoup sur des rééditions en vinyles et on prépare aussi le quarantième anniversaire de Voïvod pour 2024, un livre et un film documentaire (réalisé par Felipe Belalcazar) sont prévus en ce sens. Aussi, depuis le début de la pandémie, je suis très occupé côté arts visuels avec mon site www.awayartpress.com.  Mais… le drum me manquait, c’est une soupape essentielle à ma vie. Juste répéter Nothingface m’ a remis dans le bain.. et j’ai vraiment hâte de jouer à Victo!

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