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Sons of Arrakis, groupe de stoner rock montréalais dont les chansons sont inspirées de l’univers de Dune, se produira ce 14 février aux Enfants du Rock pour leur seule date montréalaise de 2026. Frédéric Couture, le fondateur du groupe, nous accorde une entrevue où passé, présent et futur se rencontrent
PANM 360: Bonjour Fred. Bless the maker.
Frédéric Couture : Bless the maker and his water. Je le dis toujours après notre première toune quand on joue live.
PANM 360: Étant moi-même dunehead, je suis très heureux et très fier de savoir qu’un groupe québécois fait de l’excellente musique inspirée de cet univers très cher à mon cœur.
Frédéric Couture : Merci Simon, on est vraiment content que tu embarques dans le trip.
Une trame sonore pour un monde en déclin
PANM 360: L’univers de Dune, riche en réflexions écologiques et en analyses des mécanismes de l’autoritarisme, résonne particulièrement avec les enjeux contemporains. À quel moment de votre parcours avez-vous découvert l’œuvre de Frank Herbert, et pour quelles raisons est-elle devenue centrale dans votre projet musical ?
Frédéric Couture: J’ai découvert Dune vers 25 ans, à un moment où je cherchais une vraie direction pour un nouveau projet musical. C’est mon père qui m’y a introduit. Ça a été un choc. J’ai vite senti que cet univers était un miroir brisé de notre société : une façon détournée, mais puissante, de parler du pouvoir, de la géopolitique, de l’autoritarisme, des rapports de force dans notre monde et de l’écologie. Dune est devenu une fenêtre pour réfléchir à notre époque, sans la nommer directement. À partir de là, tout s’est aligné : le concept et l’identité de Sons of Arrakis. Pour ce qui est du son, j’ai continué dans la lignée du groupe The Hazytones dans lequel je me suis beaucoup impliqué lors du premier album et que j’ai décidé de quitter pour débuter ce projet de Sons of Arrakis.
PANM 360: Les titres de vos chansons comprennent des références qui semblent puiser dans les six tomes de la saga. Quel est votre livre préféré de la saga et pourquoi?
Frédéric Couture: Le tout premier Dune. C’est une œuvre fondatrice, d’une richesse folle, et chaque relecture m’ouvre de nouvelles couches de sens.

C’est aussi dans ce premier tome qu’on saisit vraiment la vastitude de l’univers, notamment à travers les annexes, qui sont, à mon avis, essentielles pour comprendre les enjeux et les interrelations dans un monde aussi complexe.
Côté adaptation, pour moi, le travail de Denis Villeneuve est exceptionnel. Il a réussi à capter la grandeur, la lenteur et le poids mystique de l’univers sans le trahir. Mais ça me donne comme un arrière-goût amer que Villeneuve devait faire un blockbuster pour plaire au grand public. C’est quand même clairement la meilleure adaptation à ce jour… même si, au fond, j’aurais adoré voir ce que Jodorowsky aurait pu faire avec son projet. Je pense que j’aurais été vendu.
Exister au milieu de la foule
PANM 360: Vous décrivez votre son comme Melange Rock ou Cinematic Sci-Fi Rock, une fusion de riffs lourds et d’atmosphères de science-fiction. Comment cette identité s’est-elle affirmée ou transformée entre Volume I et Volume II, notamment après vos tournées au Canada, au Mexique et aux États-Unis?
Frédéric Couture : Au départ, l’idée de Melange Rock ou Cinematic Sci-Fi Rock venait surtout d’un besoin de se différencier de la niche stoner/doom/desert rock. On ne voulait pas être juste un autre band de riffs lourds : on voulait raconter des histoires, créer des images, bâtir un univers. D’ailleurs, ce sont aussi des critiques qui ont commencé à nous qualifier de Melange Rock, et on a trouvé que ça résumait bien ce qu’on cherchait à faire. Sur Volume I, c’était encore très instinctif et brut.
Les tournées au Canada, au Mexique et aux États-Unis nous ont vraiment forgés : nous avons compris comment ces pièces vivent sur scène et ce qui touche le public.
Avec Volume II, on a poussé encore plus le côté cinématographique : des transitions entre les chansons, une approche plus conceptuelle de l’album, des passages live avec des extraits du roman, des lumières bleutées, une ambiance plus immersive.
On voulait que le show soit une vraie traversée, pas juste une suite de tunes. Lors de notre passage en Europe en septembre et octobre 2025, on a vraiment réussi à trouver un équilibre entre le rock pur et dur et cet aspect immersif qu’on veut infuser dans nos spectacles.
PANM 360: À l’écoute, on perçoit un mélange d’influences allant du côté hypnotique de Tool, de certains solos et riffs épiques à la Iron Maiden, d’un psychédélisme à la Pink Floyd, une bass à la Black Sabbath, jusqu’à des accents plus directs évoquant Metallica. Quelles sont les influences musicales qui sculptent le relief et l’identité sonore de Sons of Arrakis?
Frédéric Couture: Nos influences sont multiples, mais au centre de tout, il y a la quête du riff. On trippe autant sur le côté hypnotique de Tool que sur l’épique d’Iron Maiden, l’atmosphère planante de Pink Floyd, la lourdeur de Black Sabbath et l’efficacité plus directe de Metallica.
Il y a aussi tout le bagage proto-metal de la fin des années 60 / début 70, genre Mountain. Le prog des années 1970, comme Yes, avec un côté un peu prog dans les structures.
On est aussi très marqués par The Sword (Age of Winters, Apocryphon), Sleep, High On Fire, Mastodon et toute cette vibe heavy, massive et organique. Et perso, Priestess et Mickey Hepner ont été des influences énormes pour moi – que j’ai même eu la chance de rencontrer d’ailleurs. Au final, ce qui nous unit, c’est cette obsession du riff et l’envie de faire une musique qui raconte quelque chose, qui te traverse, qui te transporte.

PANM 360: Je dois en profiter pour vous complimenter sur l’identité visuelle du projet. Les visuels sont vraiment réussis.
Frédéric Couture: Merci. On s’entoure toujours de gens qui comprennent vraiment cette dimension-là. Pour les albums, c’est Alex Goulet qui est derrière tout le visuel, et pour les affiches de shows, c’est Jim Laflamme de GOREPUNK CO. On reste fidèles à nos partenaires parce qu’ils comprennent où on veut aller. Ils saisissent l’idée, le concept, l’esthétique, et surtout l’esprit de Dune. Tout doit raconter la même histoire, autant dans le son que dans l’image.
[Affiche de Jim Laflamme de GOREPUNK CO.]
PANM 360: Pour finir, quelles visions prescientes avez-vous concernant votre spectacle du 14 février aux Enfants du Rock, dans le cadre du Taverne Tour ?
Frédéric Couture: On s’attend à une soirée intense, presque rituelle. Ce sera notre seule date montréalaise de l’année, donc on veut vraiment marquer le coup avec une vraie cérémonie du désert heavy et sincère. Ensuite, on part en Europe à la fin juillet / début août, avec des festivals en Allemagne comme Krach am Bach, Rock im Wald, Blue Moon, Trafostation 61, et aussi en Autriche, au Sauzipf Rocks. En parallèle, on travaille à fond sur Volume III, qui sera un juste milieu entre Volume I et Volume II : plus brut, plus intense, toujours aussi cinématique et mieux structuré.
Petit scoop : on se voit le 22 janvier 2027 à Montréal pour le lancement de l’album. Restez à l’affût !
Les Sons of Arrakis seront en spectacle le 14 février 2026 aux Enfants du Rock dans le cadre du Taverne Tour et le 22 janvier 2027 à Montréal pour le lancement de l’album Volume III.
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Photo : Rémi Deschênes























