Suoni 2026 | Dansons sur le chaos avec The Ex

Entrevue réalisée par Michel Rondeau

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Ils viennent des Pays-Bas et sont issus de la mouvance anarcho-punk des années 80. Ils sont quatre : trois gars aux guits, Terrie, Andy et Arnold, et une fille, Katherine, à la batterie. Pas de basse. Leur musique est aussi déjantée qu’explosive et leurs concerts épiques. Ce sont des amis du festival, mais ça fait un petit moment qu’ils ne sont pas venus. C’est donc l’occasion d’aller danser, lâcher notre fou et nous éclater, un exutoire particulièrement salutaire en ces temps vilains que nous traversons, comme le rappelle Andy, qui a bien voulu se prêter au jeu de l’interview et répondre aux questions de PAN M 360. 

PAN M 360 :  Bonsoir Andy, la journée a été bonne ? (Il était alors 20 heures aux Pays-Bas)

Andy Moor : J’ai passé une bonne journée, oui. J’ai été plutôt occupé. En fait, je travaille sur un projet avec Kaja Draksler, une pianiste slovène. Nous allons sortir un album et nous devions y apporter quelques retouches. Nous avons donc travaillé un peu sur l’album par téléphone.

Elle est en Slovénie, je suis à Amsterdam, mais nous prenons des décisions et faisons les retouches ensemble. 

PAN M 360 :  Est-ce que ça sortira sur Unsounds [l’étiquette qu’il a cofondée] ou sur un autre label ? 

Andy Moor :  Non, ce sera sur un label hongrois. Il s’appelle Budapest Music ou quelque chose comme ça [Budapest Music Center Records]. C’est un label sympa qui nous apporte beaucoup de soutien. Il y a aussi la fille de Terrie qui y chante.

PAN M 360 :  Oh, c’est en quelque sorte un projet familial.

Andy Moor :  J’ai l’impression de faire partie de The Ex depuis assez longtemps pour me retrouver aujourd’hui à jouer avec la fille de l’autre guitariste.

PAN M 360 :  Tu t’es joint au groupe en 1990, peux-tu nous raconter comment ça s’est passé ? 

Andy Moor :  Avant ça, je faisais partie d’un groupe appelé Dog Faced Hermans et on jouait surtout en Écosse et en Angleterre. On était basés en Écosse et on connaissait The Ex, on avait entendu parler d’eux. En fait, le chanteur de Chumbawamba à l’époque travaillait comme chauffeur pour des groupes. Il nous a donc conduits pendant une tournée et nous a demandé : « Avez-vous déjà vu The Ex ? » Et nous avons répondu : « Non, nous ne les avons jamais vus en concert. Nous connaissons leurs disques. »  Et il a dit : « Eh bien, vous avez une énergie et une façon de jouer très similaires. »

Alors quand on a vu The Ex pour la première fois, on s’est vraiment dit : « Wow ! C’est vrai ! » On avait vraiment l’impression qu’ils étaient nos frères et sœurs de l’autre côté de l’océan – enfin, plutôt de l’autre côté de la Manche –, et c’était génial parce qu’ensuite on a fait quelques tournées ensemble. Puis Marion, la chanteuse de Dog Faced Hermans, a voulu prendre une année sabbatique pour travailler en Pologne.

Je suis donc venu aux Pays-Bas pour jouer avec The Ex pendant un an, en pensant que ce serait temporaire. Mais ça ne l’a pas été. C’est devenu permanent. Les Dog Faced Hermans se sont également installés à Amsterdam. J’ai donc joué dans les deux groupes pendant quelques années, ce qui a failli me tuer.

PAN M 360 : Ç’a failli te tuer ? 

Andy Moor : Ç’a été pas mal intense. Les deux groupes voulaient beaucoup jouer, ils étaient tous les deux très exigeants et je faisais double emploi. Mais j’étais assez jeune pour tenir le coup. Je me souviens toutefois m’être rendu compte que je donnais environ 250 concerts par an. Je ne me reposais vraiment pas du tout, je commençais à être brûlé. Puis, Dog Faced Hermans s’est séparé en 94 et j’ai continué avec The Ex.

PAN M 360 :  Qu’est-ce qu’il y a chez les Néerlandais qui te plaît autant ? Tu n’es pas retourné en Angleterre et ça fait maintenant plus de 35 ans que tu y vis. Qu’est-ce qu’il y a aux Pays-Bas ou chez les Néerlandais qui fait que tu t’y sentes si bien ?

Andy Moor : Eh bien, c’était parce que je jouais. 

Quand je suis venu m’installer, Terry vivait à la campagne dans une immense villa qu’ils squattaient et il m’a proposé de m’y installer. J’avais donc un endroit où loger. J’avais un groupe dans lequel jouer, mon groupe préféré, je n’avais vraiment pas de quoi me plaindre. Et ç’a simplement continué comme ça.

Je suis resté dans cette maison pendant environ neuf ans et j’y ai joué avec The Ex. Puis j’ai déménagé à Amsterdam. J’ai suivi la musique là où elle me menait.

Certains suivent l’argent. D’autres suivent leur art. D’autres suivent encore la personne dont ils sont amoureux. Mais moi, je suivais vraiment la musique. Et la vie que j’avais ici était tout simplement meilleure que celle que je menais en Écosse. 

Financièrement, c’était pareil. On vit très simplement. On n’a pas beaucoup d’argent ni rien de tout ça, mais c’était plutôt lié au fait qu’il y avait ici une approche très pragmatique, axée sur le travail acharné. Et ça marchait. Ça marchait vraiment bien. On jouait beaucoup. 

PAN M 360 :  Et quelle était l’ambiance, l’atmosphère à Amsterdam, aux Pays-Bas, au début des années 90 ? Comment c’était ? 

Andy Moor :  C’était en quelque sorte la fin de l’époque des squats. Ç’a été un mouvement important dans les années 80. Quand j’ai emménagé ici, il y avait encore beaucoup de squats, mais les choses s’étaient calmées et il y en avait un peu partout dans le pays. Et lorsqu’on faisait partie de cette scène, on disposait de tout un réseau d’endroits où aller manger, boire un verre et vivre.

Il y avait aussi beaucoup de jeunes qui voulaient faire de la musique et qui n’avaient pas beaucoup d’argent. Et il y avait suffisamment de squats dans les environs pour que les gens puissent vivre avec un loyer très bas, voire gratuitement. Ce n’est vraiment plus le cas aujourd’hui.

La ville a beaucoup changé. Comme c’est le cas dans de nombreuses villes, notamment européennes, le coût de la vie y est désormais extrêmement élevé. C’est donc très difficile pour les jeunes qui débutent dans la vie. Mais à l’époque, il existait véritablement un réseau, et je vis toujours dans un immeuble issu de cette scène des squats du milieu des années 80. Et ç’a été légalisé. Cette ambiance était donc encore présente quand je suis arrivé, puis, petit à petit, elle a été érodée par des gouvernements soi-disant progressistes qui sont devenus de plus en plus de droite et de moins en moins tolérants envers ce genre de choses, au point qu’il ne reste aujourd’hui qu’un très petit nombre de squats dans la ville et une scène underground très réduite.

Mais ça continue d’exister et les gens continuent de faire des choses formidables. Et puis, beaucoup de gens s’y investissent. Donc, d’une certaine manière, on en fait toujours partie, et c’est super. 

PAN M 360 :  Si l’on revient à tes débuts, quelles ont été les premières révélations musicales que tu as vécues enfant ou adolescent, celles qui t’ont en quelque sorte mis sur la voie de la musique ?

Andy Moor : Ma mère était chanteuse d’opéra. Elle chantait à Londres. Elle suivait une formation avec l’Orchestre symphonique de Londres, sous la direction de Leonard Bernstein. Elle se rendait en ville deux ou trois fois par semaine, puis revenait à la maison. Et elle était toujours pleine d’énergie et très heureuse quand elle rentrait de ces répétitions.

Et j’ai toujours été conscient de ça. Je me disais que c’était ce qu’elle avait réellement envie de faire. Elle adorait ça. C’est donc sans doute l’une des premières choses. Elle chantait tout le temps à la maison, elle répétait et jouait du piano. Et il y avait donc toujours de la musique à la maison. Je crois qu’il s’agit de l’une des premières influences que j’ai eues, c’était quelque chose de très normal, une présence naturelle dans mon environnement familial.

Que s’est-il passé ensuite ? Il y avait un piano à la maison et je passais mon temps à en jouer. Je ne me contentais pas de taper sur les notes. Je ne savais pas lire la musique. Je n’ai jamais pris la peine d’apprendre à lire la musique. Quand j’ai été un peu plus vieux, elle jouait aussi de la guitare. Puis, elle a décidé de devenir acupunctrice. Or, il faut avoir les doigts très, très sensibles pour pratiquer l’acupuncture. Elle a donc dû arrêter, car il faut pouvoir prendre le pouls des gens. Elle m’a donc donné sa guitare et j’ai commencé à en jouer. Pendant environ deux ans, j’ai joué de la guitare assis au bout de mon lit, en grattant des accords, en suivant les disques de Led Zeppelin, par exemple. C’est parti de là et ça s’est développé.

Je me suis alors rendu compte que c’était ça que je voulais faire. Mais je suis quand même allé à l’université pour étudier. Dès que j’y suis entré, j’ai cherché un groupe avec lequel jouer. C’était clair que je voulais m’engager dans cette voie. Je n’ai même pas terminé mes études. J’ai arrêté au bout de deux ans et j’ai commencé à jouer avec le groupe Dog Faced Hermans, ce qui a été une véritable révélation, car j’ai beaucoup appris des musiciens de ce groupe. Ils m’ont fait découvrir plein de musiques africaines, mais aussi du jazz, du free jazz et toutes sortes de choses.

PAN M 360 :  Te souviens-tu du premier concert auquel tu as assisté ?

Andy Moor :  Je crois que c’était Thin Lizzy (il rigole). Oui. Je ne me souviens pas exactement quand, mais je me souviens avoir vu Thin Lizzy.

PAN M 360 :  Autre chose? 

Andy Moor : Eh bien, à une époque, il existait à Édimbourg une salle appelée The Queen’s Hall. De nombreux musiciens de jazz venus du monde entier s’y produisaient. C’était un endroit assez petit et plutôt discret.

Mais j’y ai vu Don Cherry, j’y ai vu l’Art Ensemble of Chicago. J’y ai découvert du free jazz incroyable de cette époque. C’était au début des années 80. Et c’était un univers que je ne connaissais absolument pas. Au début, je me suis vraiment demandé : « Mais qu’est-ce que c’est que ça ? » Mais j’ai vraiment senti qu’il y avait quelque chose là. Et c’était plutôt de ma faute si je ne comprenais pas vraiment. Plus j’en écoutais, plus j’aimais ça. J’écoutais aussi beaucoup les groupes de rock qui venaient jouer, mais pas vraiment du punk, plutôt des trucs de style post-punk influencés par Gang of Four et Captain Beefheart.

Il y avait beaucoup de jeunes groupes venus d’Angleterre qui jouaient dans tous les pubs d’Édimbourg, puisque j’habitais là-bas. C’est comme ça que j’ai découvert la scène des groupes de Manchester, mais des groupes vraiment inconnus, pas du genre à jouer de la musique avec des sons de guitare acérés et anguleux. Il y avait un groupe qui s’appelait Big Flame et un autre du nom de Bog-Shed. Ces groupes ont vraiment eu un impact sur moi et sur le reste du groupe. Nous avons été fortement influencés par eux. 

Et puis nous avons vu The Ex, qui a également eu un impact énorme sur moi ; ça a été une véritable révélation de voir The Ex pour la première fois, avant même de les connaître personnellement, car j’ai vraiment adoré leur détermination. Je voyais bien qu’ils n’étaient pas des virtuoses, mais ils jouaient avec une telle conviction et une telle énergie que ça fonctionnait. Et sur le plan rythmique, c’était tout simplement fantastique.

Il y a aussi Sonic Youth. Sonic Youth et The Ex m’ont beaucoup marqué la première fois que je les ai vus. 

PAN M 360 :  Alors, comment t’es-tu intégré au groupe au cours des tout premiers mois ? Ça t’a pris du temps ou ça s’est fait tout naturellement ?

Andy Moor : Ça m’a semblé très naturel, car la façon que The Ex avait de répéter était exactement la même que celle de Dog Faced Hermans à l’époque. On se rendait au local de répète sans que personne n’ait écrit quoi que ce soit. On jouait en improvisant beaucoup, en se lançant des idées, en s’inspirant les uns les autres et on enregistrait le tout sur un magnétophone à cassettes, avant de passer au mini-disque.

Ensuite, on réécoutait tout ça, on gardait les bons passages et on jetait le reste. C’est une façon très simple de faire de la musique, mais ça marche. Et The Ex procédait exactement de la même façon. Je me suis donc tout de suite senti très à l’aise quand j’ai commencé.

PAN M 360 :  J’imagine que votre façon de travailler n’a pas beaucoup changé au fil des ans, que vous fonctionnez toujours de la même manière. 

Andy Moor :  Oui, on fait exactement la même chose. Personne ne sait vraiment ce que ça va donner.

PAN M 360 :  Comme Terrie et toi avez une approche très peu conventionnelle de la guitare, comment construisez-vous vos chansons ?

Andy Moor : Exactement comme je viens de l’expliquer. En général, ça part soit d’un rythme, soit d’un motif à la guitare, et on se met à lancer des idées.

Parfois, ce n’est qu’en concert qu’on comprend vraiment ce qu’on tente de faire. Dès qu’on se rend compte qu’une chose ne fonctionne pas, on la laisse tomber. C’est donc très important qu’après avoir répété – on répète pendant deux ou trois mois –, on fasse des concerts.

On retourne ensuite au local de répète et on peaufine les détails. Cette deuxième phase de répétition est vraiment importante, car c’est à ce moment-là qu’on apprend véritablement à jouer les morceaux. On élimine aussi le superflu et on comprend comment la dynamique fonctionne.

On se souvient aussi de la réaction du public à certains éléments, ce qui est aussi très important. On construit chaque morceau, puis on le peaufine et on fait des ajustements encore deux ou trois fois. On se retrouve alors avec tout un ensemble de pièces, que l’on joue pendant environ un an, avant de les enregistrer. On enregistre toujours après.

PAN M 360 :  C’est ce que vous avez fait pour l’album sorti l’année dernière ? Vous vivez vraiment avec une chanson pendant une année entière avant de l’enregistrer ? 

Andy Moore : Au moins.

Cet album a un an, mais en réalité, la musique date de deux ans et quelques mois. On est donc presque prêts à se lancer dans un autre cycle de création, car ça fait un bon moment déjà qu’on joue celui-là. Le public a ainsi toujours l’impression d’entendre des choses qu’il n’a jamais entendues auparavant. Il est un peu en retard sur nous, mais ça nous convient très bien. C’est donc un sacré défi pour les spectateurs aussi, parce qu’on ne joue pas les morceaux qu’ils connaissent.

On a tendance à jouer nos nouvelles pièces et c’est très bien ainsi. On ne peut quand même pas les enregistrer avant de savoir les jouer.

Je pense qu’il faut vraiment… Il ne s’agit pas de la dimension technique de la façon dont on joue, mais du son lui-même. Il faut un certain temps pour que tous les sons se placent, se synchronisent, pour savoir où laisser de l’espace et où ajouter de la puissance. Et ça prend du temps.

On ne peut y parvenir qu’après avoir joué en concert. C’est comme si les concerts constituaient le vrai processus d’apprentissage grâce auquel on peut comprendre ce qui se passe réellement.

PAN M 360 : C’est le rappel à la réalité.

Andy Moore : Oui.

PAN M 360 : Quel emploi du temps le groupe a-t-il ces temps-ci ? Est-ce que vous jouez surtout en été, dans des festivals et ce genre de choses, et avez un peu plus de temps libre en hiver ? Comment ça se passe ?

Andy Moore : Non, en fait, à l’exception de ces concerts au Canada [Montréal, Toronto et Vancouver, les 24, 25 et 26 juin], on ne joue pas tant que ça en été et on ne participe pas beaucoup aux festivals à cette période. On n’est pas vraiment un groupe de festivals d’été. On a tendance à jouer davantage en automne, au printemps et en hiver, et on joue beaucoup. On donne environ 35 concerts par an actuellement. Avant, on en donnait 70 ou 80, parfois 90, mais maintenant, certains d’entre nous ont des enfants et on prend un peu d’âge, alors on a réduit ce nombre à 30 ou 35 par an.

On joue surtout en Europe, et avant on allait assez souvent aux États-Unis, mais je ne pense pas qu’on y retournera dans un avenir prochain. En revanche, on aime beaucoup aller au Canada. On adore ce festival à Montréal. On y est déjà allés plusieurs fois, notamment avec d’autres projets.

Nous y sommes également venus avec notre projet éthiopien en collaboration avec Getachew Mekuria. C’était fantastique. C’est vraiment un festival formidable.

PAN M 360 : Vous y êtes déjà venus plusieurs fois. 

Andy Moore : Oui, et c’est vraiment sympa. Tout se passe dans la même rue, donc on fait juste des allers-retours entre les deux salles. 

Getachew Mekuria, qui devait avoir environ 80 ans à l’époque, était tellement content d’avoir trouvé un fauteuil à la Casa del Popolo qu’il y est resté assis pendant cinq jours. On faisait des allers-retours entre les deux salles et lui, il restait assis là, un peu comme s’il tenait salon. C’était vraiment chouette.

PAN M 360 : Tu t’es également mis à la photographie. Ces dernières années, on a vu de plus en plus de tes photos orner diverses pochettes d’albums, même pour des disques qui ne sont pas édités par Unsounds. Alors, consacres-tu de plus en plus de temps à la photographie ? 

Andy Moore : Je m’y consacrais jusqu’à il y a environ deux ou trois ans. Puis j’ai traversé une période creuse. Je suis surtout très pris à cause de mes garçons – j’ai un fils de huit ans et un autre de douze ans –, je passe tout mon temps avec eux. Je joue de la musique, je répète, et je passe le reste de mon temps avec eux. Je n’ai tout simplement pas de temps à consacrer à la photographie en ce moment, mais l’intérêt est toujours là et j’adore ça.

J’ai aussi fait un concert en solo où je projetais des photos pendant que je jouais. J’ai toujours ces photos, donc je peux refaire ça de temps en temps, mais il faut que je m’y remette. Ces trois ou quatre dernières années, les garçons sont vraiment à un âge où je veux simplement passer le plus de temps possible avec eux, car je sais que très bientôt, l’un d’eux va devenir adolescent. Il est déjà presque adolescent. L’autre a huit ans, c’est donc une période vraiment cruciale. J’ai dû faire des choix et mettre la photographie de côté. Mais peut-être que plus tard, quand j’aurai complètement perdu l’ouïe, je pourrai m’y remettre.

PAN M 360 : Tu as vraiment un bon œil, ce serait bien de pouvoir voir davantage de tes photos.

Pour conclure, as-tu un message à adresser aux fans qui assisteront au concert la semaine prochaine ? 

Andy Moore : Eh bien, j’espère qu’ils danseront. Parce que ce qu’on joue, c’est essentiellement de la musique pour danser. C’est bruyant, mais c’est très rythmé et très dansant. J’espère donc que les gens auront envie de danser, surtout en cette période vraiment, vraiment difficile, probablement moins au Canada qu’aux États-Unis. Et on ne peut pas aller aux États-Unis pour le moment. C’est tout simplement impossible.

Et on veut le faire parce qu’on a un public là-bas et j’ai l’impression qu’on devrait y aller et jouer pour eux, car je pense que plus que jamais, ils ont besoin de libérer ce genre d’énergie cathartique, vu que la situation y est vraiment exécrable. Et donc je suis vraiment content quand les gens… 

Récemment, on a joué dans un festival en Angleterre appelé Acid Horse et le public dansait comme des fous. Ç’a été une soirée vraiment extraordinaire grâce à la foule. On ne les a pas poussés à le faire ni rien de ce genre. Ils étaient là en quelque sorte juste pour se défouler, et c’est ce qu’ils ont fait. C’était fantastique. Ça me fait vraiment plaisir quand le public réagit comme ça. Ça permet vraiment de… Et j’ai l’impression qu’ils sont plus connectés à nous quand ils font ça, et on peut jouer les morceaux un peu plus longtemps, d’autant que leur danse nous énergise à notre tour.. 

C’est assez étrange de jouer avec énergie quand le public est assis sur des chaises à nous regarder. Ça ne fonctionne pas…

PAN M 360 : C’est plutôt difficile de rester sans bouger à un concert de The Ex. Je me souviens que la Sala Rossa était sur le point d’entrer en éruption les dernières fois. C’était tout simplement incroyable, on avait l’impression que le toit allait sauter. Souhaitons que vous serez dans les mêmes dispositions la semaine prochaine. 

Andy Moore :  Bien sûr ! Et on adore cet endroit, la Sala Rossa. Et aussi le 

restaurant espagnol. Je ne sais pas s’il existe toujours, mais on l’adore.

PAN M 360 : Celui de l’étage en dessous ? Il est toujours là. 

Andy Moore : Et ça va être super de retrouver Kiva. Elle est formidable. Elle nous a vraiment aidés pour tout… parce qu’à cause de la Coupe du monde de foot, ç’a été assez compliqué pour ce qui est des vols, de l’hébergement et tout ça. Mais elle nous a été d’une aide précieuse. Elle était aux petits oignons avec nous.

PAN M 360 : Eh bien, nous avons vraiment hâte de te revoir avec The Ex, mais aussi avec Yannis Kyriakides et le quatuor Bozzini la veille. Nous aurons donc l’occasion de te voir et de t’entendre deux fois.

Andy Moore :  Oui. Ça va être génial avec le Quatuor Bozzini. Ils sont fantastiques eux aussi. Leur niveau de jeu est tout simplement remarquable. Je me sens toujours dépassé quand je joue avec eux. Mais nos parcours sont tellement différents… Nous abordons la musique sous des angles tellement différents que ça fonctionne. C’est comme si je faisais ce que je fais et qu’ils faisaient ce qu’ils font. Et d’une manière ou d’une autre, Yannis arrive à tout harmoniser. Et ça fonctionne à merveille. C’est vraiment un plaisir de jouer avec eux.

PAN M 360 : Ça converge. C’est parfait. 

Andy Moore : Oui, ça converge. C’est le mot juste.

PAN M 360 : Eh bien, sur ce mot, merci beaucoup, Andy, d’avoir pris le temps de nous parler et à la semaine prochaine ! 

Au revoir et passe une bonne soirée.

Andy Moore :  Au revoir !

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