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Le 10 avril à 18h30, à la Salle Bourgie, la pianiste Meagan Milatz rejoint Olivier Thouin, Jean-Sébastien Roy, Charles Pilon et Sophie van der Sloot de l’OSM pour un concert de musique de chambre comprenant le Quatuor à cordes en fa majeur op. 77 n° 2 de Haydn et Deux pièces pour quatuor ainsi que le Quintette en sol mineur op. 57 de Chostakovitch. Nous avons rencontré Meagan Milatz pour en savoir plus sur elle et le programme du concert à venir.
PAN M 360 : Vous êtes très active dans la musique de chambre, pouvez-vous décrire la relation que vous avez avec cette discipline et comment cela influence votre activité solo et orchestrale ?
Meagan Milatz : Je fais beaucoup de musique de chambre et ce que j’aime, c’est la possibilité d’apprendre des autres et de progresser musicalement. C’est la même approche que j’essaie d’appliquer à mon activité avec les orchestres : par exemple, j’ai récemment joué le Concerto pour piano n° 24 de Mozart, qui pour moi est comme une œuvre de musique de chambre de grande envergure, et en l’interprétant, je mets en pratique ces compétences d’écoute si utiles pour la musique de chambre.
PAN M 360 : Que pensez-vous de jouer avec les musiciens de l’OSM, l’un des orchestres les plus importants de la scène nationale ?
Meagan Milatz : C’est une opportunité collaborative incroyable, qui a commencé il y a quelques années après le COVID avec le Quintette de Franck. Une opportunité de faire de la musique après une période difficile pour tout le monde, et jouer avec des musiciens de haut niveau rendait tout cela vraiment spécial. Mon premier contact avec l’OSM, cependant, a eu lieu il y a de nombreuses années, en 2009, lorsque j’ai participé à la compétition OSM. J’avais aussi eu l’occasion d’écouter Lang Lang jouer avec l’orchestre et le niveau exceptionnel de l’orchestre m’avait vraiment marqué.
PAN M 360 : Pouvez-vous nous parler un peu du programme que vous jouerez le 10 avril à la Salle Bourgie ?
Meagan Milatz : Le Quintette de Chostakovitch est une pièce écrite pour le Quatuor Beethoven, un ensemble de grand prestige qui a créé presque tous les quatuors de Chostakovitch. La pièce, écrite par le compositeur dans le but de collaborer et voyager avec l’ensemble, a rencontré du succès à l’époque et on y entend un Chostakovitch qui ne se laisse jamais totalement aller à l’émotion, ni à la joie ni à la souffrance, en contraste entre une expression authentique de soi et la satisfaction d’un régime limitant. Je pense aussi que le programme met en avant un contraste très intéressant entre Haydn, généralement très ironique, et Chostakovitch, souvent sombre et intellectuel.
PAN M 360 : Pouvez-vous nous parler de vos engagements à venir ?
Meagan Milatz : Prochainement je serai active dans divers engagements. D’abord, une tournée de musique de chambre avec James Campbell et Cameron Crozman qui m’emmènera à Montréal, en Ontario et au Saskatchewan avec des œuvres pour clarinette, violoncelle et piano de Beethoven, Brahms et de compositeurs contemporains. Ensuite, un autre engagement de musique de chambre pour le Festival Classica avec les trios pour piano de Schubert sur piano historique. Cette fois, je jouerai un Erard de la moitié du XIXe siècle et je serai accompagné dans cette aventure par Chloe Kim et Cameron Crozman.
PAN M 360 : À quoi aimeriez-vous vous consacrer à ce stade de votre carrière ?
Meagan Milatz : J’aimerais certainement consacrer plus de temps au fortepiano, ayant eu la chance d’étudier avec un expert comme Tom Beghin. En Belgique, j’enregistrerai Schumann sur un fortepiano de 1835 et j’aimerais travailler davantage en Europe de ce point de vue. Ce que j’aime au fortepiano, étant aussi pianiste, c’est la possibilité de voir l’évolution de l’instrument et du répertoire au fil des années, ce qui est un grand privilège. De plus, je souhaite me consacrer davantage à la musique contemporaine, par exemple en enregistrant le concerto pour piano de Dave McIntyre, un compositeur originaire du Saskatchewan, ma province d’origine, que le public apprécie beaucoup et qui mérite plus de diffusion.
PAN M 360 : Vous avez obtenu le prestigieux soutien du prix Mécénat Musica Prix Goyer, comment pensez-vous que cela vous a aidé à émerger dans un domaine complexe comme la musique classique ?Meagan Milatz : L’une des façons traditionnelles de s’imposer a toujours été la participation à des concours de piano, auxquels je n’ai pas participé depuis plusieurs années. Remporter ce prix, de manière inattendue, a été une surprise et un plaisir, et cela m’a aussi donné l’opportunité de collaborer avec des personnes incroyables. Je réalise de plus en plus à quel point les connexions et les relations sont fondamentales pour les musiciens classiques, et c’est un conseil que j’aimerais donner aux jeunes : ne négligez pas les relations car elles font partie intégrante de notre profession et peuvent aussi devenir des amitiés importantes pour la vie !
credit photo: Steve Gerrard























