Dômesicle/SAT X Francos | L’équation Romane Santarelli

Entrevue réalisée par Alain Brunet
Genres et styles : big beat / électronique / techno

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On présente Romane Santarelli comme l’une des figures montantes de la scène électronique française:  » Productrice, compositrice et performeuse, elle trace depuis 2019 une trajectoire singulière, mêlant techno onirique et électronica organique, toujours portée par une forte exigence artistique et scénique. »
Après le prometteur EP Zéro (2020 ) et l’acclamé Cosmo Safari (2022), Romane lançait en 2025 son deuxième album: OK:KO, pas moins de 14 titres témoignant de ses inspirations récentes à travers ses référents parfaitement assumés. Peu avant le live set qu’elle présente ce vendredi 19 juin à la SAT, PAN M 360 vous sert cet entretien de la musicienne avec Alain Brunet.

BILLETS ET INFOS ICI


PAN M 360 : Vous êtes à Montréal ? Depuis quand?
Romane Santarelli : Hé, je suis arrivée lundi soir. Un peu jetlag mais on a commencé le rythme des concerts, donc toute la semaine dernière on n’a pas beaucoup dormi, on rattrape nos nuits aux heures qu’il faut.
PAN M 360 : Vous vous produisez à la SAT, vous allez partager le programme avec Léonie Pernet et aussi Odile Myrtil, n’est-ce pas?
Romane Santarelli :Exactement, c’est ça, vendredi 19 juin!
PAN M 360 : Alors parlez-nous de ce que vous allez présenter. On connaît vos albums Zéro, Cosmo Safari et OK:KO.
Romane Santarelli : Depuis l’été dernier, nous sommes en pleine tournée qui suit la sortie du dernier album OK:KO (2025). D’habitude, quand je me produis, il y a toute une scénographie maison et il y a un duo de danseurs walking. Et donc, du coup, on est en format avion, donc on a pu prendre qu’un danseur. Et pas de scénographie. Mais la nature du lieu qu’est la SAT peut créer quelque chose de magique. Donc on a prévu une heure et quart, une heure vingt de show. C’est plutôt dans des esthétiques techno, assez émotionnelles, assez oniriques et joyeuses, je dirais. Notre danseur fait dans le walkin, une danse est née dans les années 70 dans les clubs gays, afro ou latino de Los Angeles. C’était vraiment une danse est née dans un contexte de communautés qui voulaient s’émanciper et sortir de l’oppression. C’est une communauté assez forte à Lyon, où j’habite que j’ai découverte pendant l’écriture de cet album OK :KO. Ça a été hyper inspirant pour moi, j’ai été vraiment fascinée par cette communauté queer.
Ça a pas mal nourri l’écriture de cet album, à une période où j’étais un épuisée par mon travail en musique électronique, alors que je venais de finir la tournée de mon premier album.Ça m’a fait un bien fou, j’en avais besoin. Et il y a eu beaucoup de mois qui se sont passés où vraiment, je n’écoutais écoutais plus de musique électronique. Donc ça a pas mal nourri le dernier album.
PAN M 360 : De quelle manière?
Romane Santarelli : Sur l’album, par exemple, j’ai essayé de faire des citations, notamment sur les titres Baseline, No Way Out, où il y a vraiment des grosses cassures en plein milieu, avec des bridges particuliers. C’était vraiment un gros clin d’œil à tous ces moments-là, passés à découvrir cette danse et sa communauté.
PAN M 360 : OK:KO est vraiment basé là-dessus. Parlez-nous du projet de manière générale. Qu’est-ce que vous y avez accompli ? Comment avez-vous travaillé? Le socle de votre travail est la techno, mais il y a quand même beaucoup d’autres référents qui entrent en ligne de compte.
Romane Santarelli : Oui, complètement. J’ai commencé la musique quand j’avais 12 ans. J’ai vraiment appris par la guitare au départ. J’étais vraiment plutôt orientée rock, plutôt pop, indie pop. J’ai énormément écouté Gorillaz, Arctic Monkeys, etc. J’ai monté des petits groupes quand j’étais au lycée, on faisait des reprises. Et du coup, à la fin du lycée, j’ai découvert la musique avec les machines, les ordinateurs et tout. Ça c’était il y a dix ans. Ça fait dix ans que j’ai commencé à produire.
PAN M 360 : Et au fil du temps…
Romane Santarelli : Le projet Romane Santarelli est né juste avant la Covid. Au départ, c’était une musique électronique plus introspective, à écouter au casque… C’était comme ça que je consommais moi-même cette musique, on va dire. Et en fait, à partir du moment où il y a eu le contexte de la Covid et tout, moi, je venais tout juste de sortir pour la première fois dans des clubs électroniques. Et du coup, d’un coup, à la fois je découvrais ça et d’un coup, j’étais privée, on ne pouvait plus sortir, etc. C’était inconscient, je le comprends maintenant, mais c’est à partir de ce moment-là que ma musique a pris une dimension plus club, plus dansante. Et c’est à partir de là que ça s’est dirigé vers la techno. En tout cas, il y en a toujours. Et il y a toujours cette énergie rock.
PAN M 360 : Oui, il y a ce côté big beat d’esprit rock.
Romane Santarelli : Oui, c’est ça. Parce que j’ai écouté énormément Les Chemical Brothers (UK), aussi Vitalic (de France) je ne sais pas si ça te parle, un artiste français. En fait, ça a été vraiment mes premières claques électroniques, parce que c’était des artistes qui faisaient vraiment le pont entre l’énergie rock et les sonorités électroniques. Il y a un peu tout ça, je pense, qui transpire dans ma musique.
PAN M 360 : C’est donc un live set que vous allez offrir. Pas un DJ set.
Romane Santarelli : Je ne fais que du live. Je fais peut-être deux fois par an, mais je trouve vraiment mon plaisir dans la musique live.
PANM 360 : Vous faites la relecture de OK :KO d’une autre façon, bien sûr, avec le gear du set live, mais vous faites autre chose, vous inventez des nouvelles chansons, comment ça se passe?
Romane Santarelli : Là pour vendredi? Oui. Il y a des morceaux de OK :KO majoritairement, vu que c’est la tournée de cet album. Et il y en a de Cosmo Safari aussi.
PAN M 360 : Qu’est-ce que vous changez en live? Qu’est-ce que vous ajoutez? Quelles sont les valeurs ajoutées au set live par rapport à ce que vous avez fait en studio?
Romane Santarelli: Je suis obligée de réarranger un peu certains morceaux. Il y a des morceaux qui sont tels quels, parce que je les ai tellement écoutés, que j’ai un peu ce côté control freak, où je veux vraiment les restituer de la même manière que je les ai composés.

Et il y a d’autres morceaux qui sont complètement réarrangés pour le live. Aussi, toutes les transitions d’un morceau à l’autre sont des morceaux à part entière. Par exemple, le fait qu’il y ait de la danse, la manière dont j’ai pensé la direction artistique, ça a été vraiment une espèce d’objet hybride entre le concert, le spectacle de danse. Où, par exemple, quand on est vraiment dans nos conditions, avec notre technicien lumière, il y a vraiment des moments où dans la création où vraiment le focus est sur les danseurs, et moi je disparais.

J’avais vraiment envie de faire quelque chose de vraiment hybride et fusionné, pour pas que ce soit juste des backup dancers, et que ce soit vraiment, qu’on soit tous les trois. Pour le concert de vendredi, ça va être spécial. Du coup, j’ai emmené un peu moins de matériel, donc j’ai essayé de réarranger différemment certains morceaux, mais on va essayer de faire tout comme on a l’habitude de faire, comme il y a tout le monde.

PAN M 360 : Léonie Pernet avec qui vous partagez le programme, vous la connaissez n’est-ce pas ?
Romane Santarelli : On ne s’est jamais rencontrées personnellement, mais moi j’écoute bien, j’ai pas mal écouté sa musique. Il y a un morceau de Léonie qui s’appelle Les chants de Maldoror , je l’ai énormément écouté, celui-là par exemple.

PAN M 360 : Et Odile Myrtil est très cool, très douée. Une habituée de la SAT.

Romane Santarelli : Ok! Pour le coup, ça va être vraiment une découverte.

PAN M 360 : D’aucuns le soulignent, il y a un côté cinématographique dans votre affaire, certains extraits s’apparentent à des bandes originales.
Romane Santarelli : J’essaye de faire ça, oui et non, je pense que c’est un peu spontané mais j’en ai toujours besoin, quand je compose. Si j’ai des images qui me viennent, ça veut dire que je suis dans la bonne direction, on va dire. Si il n’y a pas d’images qui me viennent, je recommence à zéro. C’est un peu comme ça que je pense.

PAN M 360 : Parfait, on a bien compris! On sera là vendredi, merci beaucoup!

Romane Santarelli: Merci! Trop bien ! À vendredi.

Ce vendredi soir 19 juin à la SAT, trois artistes redessinent à leur manière les contours de la musique électronique à leur manière. Portée par Poèmes Pulvérisés, dévoilé en juin 2025, Léonie Pernet livre une pop française déconstruite, entre mélancolie cinématographique et élans électroniques. Figure montante de la scène française, Romane Santarelli déploie un live nourri de techno onirique et d’electronica organique, prolongement scénique de son album OK:KO. En ouverture, la DJ montréalaise Odile Myrtil installe l’ambiance avec son mélange signature de rythmes diasporiques, bass music et expérimentations électroniques.

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