Résurgence de Mack MacKenzie, son folk rock, son identité mi’kmaq

Entrevue réalisée par Alain Brunet
Genres et styles : americana / folk-rock / Premières Nations

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On savait que Mack MacKenzie avait des racines Mi’kmaq lorsqu’il était un artiste émergent… quatre décennies plus tôt. Cependant, son identité autochtone n’était pas un vecteur important de son expression, le chanteur, musicien et parolier était alors le frontman de la formation anglo-montréalaise Three O’Clock Train, alors dans la mouvance country-folk-rock-americana de l’époque, de Kris Kristofferson à John Mellencamp. 

Les décennies ont passé, Three O’Clock Train a disparu des radars montréalais, pendant que Mack MacKenzie poursuivait sa route en solo ou en groupe. En cette période de renaissance culturelle des peuples indigènes du Canada, notre interviewé ressurgit dans l’espace public  canadien et québécois, à commencer  par le festival Présence autochtone où il se produit trois fois, notamment ce lundi au Quai des Brumes et jeudi à la Place Émilie-Gamelin.

PAN M 360 : Bonjour Mack ! Je pense que la dernière fois que je t’ai parlé, c’était il y a environ trois décennies. Donc tu es toujours là !

MACK MACKENZIE : Oui  bien sûr! Alors comment ça va ?

PAN M 360 : Très bien ! Et toi ? Alors qu’as-tu fait ? Depuis la fin des années 90, par exemple, tu as exercé ou tu as exercé d’autres métiers?

MACK MACKENZIE : Oui je vais bien!  Après, après avoir sorti un disque solo dans les années 90, j’ai commencé à travailler pour le Cirque du Soleil pendant 10 ans. 

PAN M 360 : En tant que musicien ?

MACK MACKENZIE : Oui, j’ai commencé comme musicien, puis je suis passé à l’administration, comme coordinateur de tournée. Et puis, quand j’ai terminé vers 2000, j’ai retiré mes licences pour toutes les sorties de Three O’Clock Train et mes enregistrements solo, et je les ai tous remasterisés. Puis j’ai créé mon propre label lorsque l’Internet a détruit l’industrie musicale. C’était donc davantage un monde  DIY, bien sûr, auquel j’étais déjà habitué. J’ai donc sorti un nouvel album, Ride for Glory, et j’ai recommencé à faire des tournées, que je fais toujours aujourd’hui. De plus, Three O’Clock Train a sorti un album intitulé Moon en 2013.

PAN M 360 : Tournes-tu dans le circuit des Premières Nations ? 

MACK MACKENZIE : Non, je suis dans le circuit rock indé  ou punk rock qui m’a embrassé depuis le début de ma carrière. Je travaillais donc dans ce circuit lorsque j’ai recommencé à tourner, jusqu’à ce que la pandémie commence. En 2020, j’ai fini par annuler plus de 80 spectacles, c’est dur depuis.  Mais j’ai fait quelques enregistrements et de l’écriture. Je suis en train d’enregistrer un nouvel album avec Howard Bilerman.

PAN M 360 : Howard Bilerman de hotel2tango ? Très cool ! Ce producteur est très doué !

MACK MACKENZIE : Oui, il l’est vraiment. Il est devenu  un ami et nous prenons beaucoup de plaisir à travailler ensemble. Après ces concerts à Présence Autochtone, je vais y retourner en studio pour finir l’album entier à ses côtés. 

PAN M 360 : Comment exactement Howard Bilerman est impliqué dans l’aspect production ?

MACK MACKENZIE : C’est plutôt de la coproduction, je fais aussi la production et le mixage.  Nous enregistrons avec des guitares, des basses et des batteries. Nous travaillons avec des musiciens expérimentés, certains ont joué avec de grands groupes comme Smashing Pumpkins.

PAN M 360 : Vous êtes donc sur la bonne voie !

MACK MACKENZIE : Oui, nous avons même d’autres projets pour le début de l’année prochaine. Howard a eu une idée folle : un musée à Calgary a acheté le studio mobile des Rolling Stones il y a quelques années et, au lieu de le moderniser, ils l’ont restauré avec le matériel de 1968. Nous voulons donc l’utiliser !

PAN M 360 : Allez-vous sortir votre prochain album sur votre propre label ?

MACK MACKENZIE : Nous sommes en discussion avec d’autres labels pour des accords de licence. Mais je peux toujours le sortir sur mon propre label.

PAN M 360 : Bien. Donc tu vas sortir l’album cette année ou au début de l’année prochaine ?

MACK MACKENZIE : Bonne question. Tu sais, c’est toujours une question de timing. Je ne peux le sortir quand nous sommes sur la route. Donc, je pense que ce sera vers la fin de cette année. Je dois donc respecter le calendrier !

PAN M 360 : Es-tu toujours basé à Montréal ? 

MACK MACKENZIE : Je n’ai jamais quitté Montréal depuis que j’y suis arrivé dans les années 70. Avant de vivre ici, je n’avais jamais vu de bus, de métro et de gratte-ciels. Je ne connaissais pas non plus le hockey !  J’habitais alors à Milton Park, puis je me suis marié et nous avons acheté une maison à Ahuntsic. Montréal est ma ville d’adoption, j’adore. J’aime les gens, j’aime le Québec. J’ai fait des tournées partout dans le monde et Montréal reste ma ville préférée.

PAN M 360 : Si je me souviens bien, tu as des origines micmaques.

MACK MACKENZIE : Exact. J’ai grandi dans une ferme de poulets dans la région de Lewiston, dans l’état du Maine – pas très loin de Portland et Old Orchard.

PAN M 360 : Ta famille était-elle proche de la communauté Mi’kmaq à cette époque ?

MACK MACKENZIE : Pas du tout. Mes parents ne l’étaient pas, j’étais le seul Mi’kmaq  sur la ferme haha !

PAN M 360 : Tu es donc le premier de ta famille à avoir des relations avec les Premières Nations.

MACK MACKENZIE : On peut dire ça.

PAN M 360 : Tu dois alors te réjouir de cette renaissance de la culture aborigène canadienne, ta  musique ne s’en porte-t-elle pas mieux?

MACK MACKENZIE : Oui, c’est très, très encourageant pour beaucoup de jeunes musiciens autochtones, et ça l’est également pour moi qui arrive là-dedans. C’est bien d’avoir une voix qui porte!

Mack Mackenzie se produit ce lundi soir au Quai des Brumes et jeudi soir à la Place Émilie-Gamelin.

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