Hush, créature tricéphale à l’horizon

Entrevue réalisée par Marilyn Bouchard
Genres et styles : ethereal wave / prog / shoegaze / synth-pop

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La chanteuse Paige Barlow,  le percussionniste  Miles Dupire-Gagnon et  le guitariste Gabriel Lambert battent pavillon montréalais sous le nom de Hush et nous dévoilent cet automne The Mirrors Were Right, premier extrait d’un album en chantier chez Simone Records. D’emblée on comprend que  cette créature à trois têtes est  encline au psychédélisme, au prog, à l’art-pop, à l’ethereal wave ou même au jazz. Nous  avons pris quelques instants avec Paige et Miles pour mieux en comprendre le processus créatif. 

PAN M 360 : Votre premier single mélange un passé brumeux à un présent hypnotique. Que voulez-vous partager avec le public avec ce premier extrait?

Paige Barlow : Je ne crois pas avoir déjà pensé que ce que j’écrivais serait  partagé avec le public haha ! Particulièrement avec ce single, j’écrivais sur des choses personnelles, mais maintenant que j’y repense, je crois que c’était aussi une tentative de me connecter avec moi-même et avec les autres à propos du temps qui passe, des changements tout au long de la vie et de la façon dont ces changements évoluent avec le temps. Ça parle aussi de la perception de soi. Je pense que ça a commencé plus comme une critique de moi-même et à la fin, c’est devenu une sorte de texte où je me suis accordé (et aux autres) de la grâce.
Miles Dupire-Gagnon : Pour moi musicalement, c’était un peu un voyage, c’était essayer d’aller à différentes places.  Plusieurs changements de direction dans cet album en chantier et il y un défi là-dedans pour pas que ça devienne trop fatiguant haha! Et je pense que cette première chanson représente bien la vibe de l’album.
PAN M 360 : Il y a beaucoup d’allusions à la mémoire dans cette chanson ; souhaitez-vous vous souvenir ou oublier?
Paige  Barlow: Ça fait longtemps que c’était mon  envie d’oublier haha! Maintenant, c’est le contraire: j’ai compris que les souvenirs ne partent jamais vraiment.
Miles Dupire-Gagnon : Le projet a comme pris une autre direction, parce que des fois t’as un plan en tête et dans le processus de création tu l’oublies un peu parce que la musique c’est pas toujours réfléchi et ça change haha! Mais à la base, musicalement, on était fascinés et intéressés par la répétition des thèmes et par leur altération, autant dans la musique que dans l’écriture. Et les miroirs aussi. Donc je dirais se rappeler haha!
Paige  Barlow: I would have said the same thing haha! The particular song was more about refinding/retrouver mes souvenirs perdus. I used some of my personal journals and all.. J’ai compris certains textes que j’avais écrits dans le passé..qui se sont mélangés avec les textes plus récents, alors c’est devenu un mélange de mon passé et de mon présent.
PAN M 360 : Donc il y a vraiment un aspect intime aussi sur l’album?
Paige Barlow: Oui surtout en anglais parce que ça fait cinq ans que je fais la musique en français et en anglais, comme si j’étais capable d’écrire d’un autre point de vue, like I was someone else… about delicate subjects. It was really interesting. Le chant en français est arrivé comme un défi naturel lorsque je suis déménagée au Québec, mais au final je pense que c’était une manière de parler de sujets dont je ne voulais pas vraiment parler. I didn’t want to feel them but I wanted to sing them and perform them. Y’a des chansons, ou des textes ou des pensées où je suis comme : ça va être une chanson en français/anglais!, parce qu’on pense différemment dans chaque langue.

PAN M 360 : J’ai lu que la chanson était une réflexion sur la dissociation,  pouvez-vous expliquer cette direction?
Paige Barlow : J’ai accès à des espaces créatifs dans ma tête, reliés à mon enfance, que je n’aurais peut-être jamais trouvé autrement. C’était une réflexion…Et reading through all texts I was trying to put myself in the mind of my younger self and trying to relive what a younger me was perceiving of the world.
PAN M 360 : Pour la vidéo, vous avez travaillé avec Aabid Youssef afin de créer une œuvre qui se fracture, se déforme et se multiplie. Est-ce une mise en abîme des pensées/souvenirs?  Ou de la dissociation ?
Paige Barlow : Aabid il est incroyable! Il est vraiment talentueux!! Je lui ai présenté un concept et I really wanted to visually represent the passage of time, the characters we ihnabit throughout our life, the inventions and reinventions of ourselves over and over….et il a vraiment bien fait. It was nothing like what I expected to me…which is amazing. And it kind of reflects the audio as well, as it kind of spirals out.
Miles Dupire-Gagnon : Il va être riche dans pas long haha!
PAN M 360 : Vous brouillez un peu les pistes entre les genres (jazz, art-rock, synth pop, psych indie-rock). Comment vous définissez-vous musicalement ? Qu’est-ce qui vous guide ?
Miles Dupire-Gagnon:  Mes truc à moi (mes compos, mes bands) sont ce qui m’inspire le plus. En même temps, tu veux pas aller à la même place qu’avec tes autres projets donc c’est pour ça que je fais ce que je fais tsé. Moi, je suis un peu fatigant, tous les jours ça change haha! À la base, on savait qu’on voulait que ça sonne psychédélique et tout à coup on a trouvé une vibe plus « proggy » donc c’est un peu tout ça. Et en en parlant, je me rappelle aussi qu’on voulait que ce soit mélodiquement assez dense, que si disons on transcrivait en partition pour le piano ça reste intéressant. Au départ, ça part de mes démos et ensuite Paige est venue rajouter de la profondeur avec ses textes et sauver mes démos haha!! On a enregistré tellement d’affaires…une vingtaine de chansons en tout!
Paige Barlow : It was different than any other projects I have ever done. We didn’t limit ourselves in any way and we allowed ourselves to explore. We gave ourselves the freedom to change anything at any time, to redo everything as many times as we wanted.
PAN M 360 : Vous avez travaillé avec René Wilson pour le mix et la coproduction. Qu’est-ce que René a apporté au projet ?
Miles Dupire-Gagnon : C’est vraiment au niveau du mix qu’il a toujours des idées vraiment intéressantes René! C’est un musicien aussi alors il fait vraiment des choix créatifs qui sont avisés. On est arrivés comme je disais avec beaucoup, beaucoup de chansons et pour chaque chanson, il y avait beaucoup de tracks. René nous a aidé à faire un tri pertinent et à organiser tout ça pour que ça sonne mieux. C’était l’fun d’avoir quelqu’un pour enrichir notre travail de sa propre créativité.

Paige Barlow : Moi j’ai travaillé avec lui pendant un an pour mon précédent album. Et avant ça, Miles me l’avait  recommandé.
Miles Dupire-Gagnon : Ouais on avait travaillé avec lui pour le mix de l’album avec Anemone.

PAN M 360 : Quelles sont vos influences principales à la base de la création de ce projet ?
Miles Dupire-Gagnon: Cocteau Twins, Ariel Pink…Et c’était pas vraiment voulu mais il y a une certaine vibe Stereolab qui est ressortie aussi. C’est un mélange de Tom Warling peut-être et de plein de trucs qu’on écoute tout le temps haha!
Paige Barlow : Melody’s Echo Chamber, definitely Cocteau Twins…and any artist that can instaure a feeling without you necessarily getting what they are saying. Maybe Broadcast too.
Miles Dupire-Gagnon: On aime aussi garder une certaine qualité du live! Et je pense qu’il y a définitivement un aspect shoegaze.
PAN M 360 : Comment ça s’est fait de devenir un trio à partir du duo Miles/Gabriel Elephant Stone et Hippie Hourrah, qui collaborent depuis longtemps?
Paige Barlow: J’ai rencontré initialement les gars parce que Miles m’a demandé de faire les photographies dans le studio pour leur album. Et we really hit it off and I ended up singing on a song with them. Yeah I think we were ready to do something new and they’re the best musicians I know haha!
Miles Dupire-Gagnon: Ça s’est fait pas mal naturellement! On a juste jammé en fait sur mes démos puis c’est vraiment elle qui a mis ça en mots!
PAN M 360 : Une question pour Paige : Tu faisais de la musique aux États-Unis avant et depuis 2018, tu évolues dans le milieu québécois. Trouves-tu quelque chose au Québec que tu ne trouvais pas ailleurs?
Paige Barlow: L.A. et Montréal sont différents dans…every way. I mean when I arrived here I was kind of blown away by the size and the intensity of the musical scene. I felt that people were convinced and passionate and have enough utilities to allow themselves to pursue a career in music. I guess…a lot of it is economic haha! But also, la culture au Québec…est vraiment artistique.
PAN M 360 : Quels sont vos projets pour 2026? Shows, festivals, tournée?
Miles Dupire-Gagnon : On planifie deux autres extraits, aussi avec des vidéoclips, au courant de l’hiver, et ensuite au printemps ça va être la sortie de l’album. Des shows vont certainement s’ajouter dans ces environs, surveillez nos réseaux! 

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