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Nouvelle sensation de la guitare acoustique, le Polonais Marcin Patrzałek remplira à craquer le Palais Montcalm pour une deuxième année consécutive. Le rendez-vous avec les mélomanes de Québec est prévu ce samedi 13 septembre prochain, dans le contexte de sa tournée Solo Dragon qui fait suite à l’album Dragon in Harmony paru en 2024.
Virtuose polystyles, il entrelarde ses interprétations en y mitraillant les octuples croches et autres prouesses techniques. Très accessible malgré sa vélocité extrême, son acuité percussive et son finger-picking d’enfer, ce musicien de 24 ans a pour objet de mener son auditoire sur une autoroute balisée d’un éclectisme vif et spectaculaire, néanmoins pavée de références archi-connues.
Les enregistrements et concerts de Marcin sont ainsi traversés par le flamenco nuevo, le métal (récemment avec le guitariste RJ Pasin), le grunge (Nirvana), le jazz (Miles Davis), la soul jazzy (Sade), la soul classique (Bill Withers), la musique classique moderne (Claude Debussy), la musique romantique (Bizet) ou le Great American Songbook (Cry Me A River). Il fait même dans l’indie pop, ayant enregistré avec les voix de Delaney Bailey Hayato Sumino, Ichika Nito, et plus encore.
Un entretien s’impose!
PAN M 360 : Nous pouvons vous décrire comme un virtuose polystyles. Vous utilisez différentes techniques de jeu, vous avez construit votre propre technique. Très vaste univers! Comment l’avez-vous aménagé?
Marcin : Ce que je fais techniquement, c’est un style très niche C’est parfois très proche de la basse, je fais aussi plusieurs choses. Mais ce pourquoi je suis surtout connu, c’est ma manière percussive de jouer la guitare acoustique. Et c’est très niche, car la plupart des gens qui jouent de cette façon ne réussissent pas à déborder les cercles d’initiés. J’ai rapidement réalisé que si je restais bloqué dans ce cercle, je ne pourrais pas grandir en tant qu’artiste, alors je me suis intéressé à plusieurs styles musicaux, j’ai consenti à plusieurs collaborations. C’était un must car les gens écoutent peu de musique instrumentale, sinon de la musique classique ou de la musique de film. La guitare solo demeure une niche extrême.
PAN M 360 : Vous avez parlé d’une approche percussive de type finger-picking, on pense notamment à Michael Hedges, Tommy Emmanuel, Andy McKee, Adrian Legg, que vous avez certainement écoutés et observés attentivement.
Marcin : J’adore ces artistes que vous avez mentionnés. Michael Hedges est celui qui a le plus développé le côté percussif de la guitare acoustique, plusieurs ont ensuite développé cette approche, il y a d’ailleurs chez vous Antoine Dufour qui excelle dans ce style. Quand j’étais ado en Pologne, je regardais les meilleurs sur Youtube pendant que j’apprenais la guitare classique et les œuvres de Francisco Tarrega ou de Heitor Villa Lobos. J’appréciais mais j’avais le sentiment de me trouver dans un cercle restreint, même si je gagnais des compétitions nationales en Pologne ou même des compétitions internationales. J’avais aussi l’impression de devoir me concentrer sur des choses qui ne me semblaient pas artistiques, mais plutôt mathématiques ou techniques. Je ne me voyais pas passer ma vie à faire ça, d’autant plus que le répertoire de la guitare classique me semble très limité.
Et puis j’ai exploré le flamenco, des artistes comme Carlos Piñana et Yerai Cortés. Carlos Piñana, d’ailleurs, donnait des classes de maître en Pologne, je l’avais vu jouer quand j’avais 12 ans ou 13 ans. J’étais alors habitué aux joueurs classiques et je découvrais ce musicien fier, bien dans son corps, vraiment cool. Je suis allé à un de ses ateliers, il a aimé mon jeu, il a vu un potentiel et m’a donné des partitions que j’ai ensuite apprises seul, en faisant des erreurs. Un an plus tard, je lui ai joué sa pièce Farruca à distance et il fut impressionné…
PAN M 360 : Très intéressant, car vous ne jouez pas avec une guitare flamenca et vous reprenez plusieurs éléments du jeu flamenco.
Marcin : C’était très différent de la guitare classique, ça s’approchait de la guitare électrique et c’était beaucoup plus percussif, voilà pourquoi j’aime. Mais je ne suis pas apologétique, je ne me réclame de personne. Cette façon de faire me semble académique.
PAN M 360 :Parlons donc de votre nouveau concert. Comment vous présenterez-vous sur scène le 13 septembre prochain au Palais Montcalm ?
Marcin : L’année dernière j’ai joué au Palais Montcalm c’était plein et c’était très bien, jen suis fier. Les choses ont progressé depuis, j’ai une équipe de production à mes côtés, mon organisation a plus de moyens. Je serai seul sur scène, avec un programme dont je suis aussi très fier. Pour moi, l’idée est de donner le meilleur spectacle possible. Je veux être original mais il me faut aussi donner un spectacle au meilleur de mes capacités.
PAN M 360 : Comment le programme est-il construit ?
Marcin : Ce concert s’intitule Art of Guitar. J’y joue trois instruments différents.
Il y a d’abord l’acoustique percussive, c’est l’objet principal, à laquelle j’ajoute l’électrique pour jouer des trucs plus lourds. Il y a aussi une partie cordes de nylon. Je n’y joue pas des reprises intactes de flamenco ou de classique, j’improvise plutôt à partir de deux morceaux: le premier est Capricho árabe de Tarrega suivi d’une séance d’improvisation et puis je joue un nouvel arrangement de l’Ave Maria de Schubert. Quand je joue la partie nylon de l’Ave Maria vous pouvez ressentir l’émotion qui gonfle dans la salle!
PAN M 360 : Quel est votre objectif premier en concert?
Marcin : Mon espoir est que vous puissiez dire en sortant du concert: « Je n’ai jamais entendu quelque chose comme ça avant ! » Je croise les doigts.
























