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Le 5 janvier 2026, l’Orchestre classique de Montréal (OCM) recevra la soprano Marie-Josée Lord. L’artiste trifluvienne chantera pour l’occasion le cycle Honey and Rue d’Andre Previn. Une œuvre qui représente certains défis, comme l’explique la chanteuse dans l’entrevue que j’ai réalisée avec elle. À noter que le concert de l’OCM, sous la direction de Kalena Bovell, est offert à l’occasion du Mois de l’Histoire de Noirs. Il y aura donc également au programme des œuvres de compositeurs afro-descendants : Joseph Boulogne, Chevalier de Saint-Georges (Symphonie concertante en do majeur, op. 9 no 1); William Grant Still (Mother and Child) et Florence Price (Symphonie pour cordes en sol majeur). L’occasion était parfaite pour faire le point avec Marie-Josée sur sa vie depuis la pandémie et sur ses projets à venir.
PanM360 : Bonjour Marie-Josée. Quoi de neuf dans ta vie?
Marie-Josée Lord : Je fais de l’enseignement depuis un an maintenant, dans une école à vocation musicale de Shawinigan. Je dois me lever à 5h tous les matins, ce qui est nouveau pour moi!
PanM360 : Et tout ça en parallèle avec la reprise graduelle des activités de concerts et la carrière de chanteuse. ce qui nous amène à ce concert du 5 février à Montréal. Tu y chanteras le cycle vocal d’Andre Previn, Honey and Rue. Que peux-tu nous en dire?
Marie-Josée Lord : C’est un cycle de mélodies écrites à partir de poèmes du Nobel de littérature Toni Morrison. C’est un cycle que j’ai chanté en 2024 avec le Nova Scotia Symphony. J’avais dû l’apprendre pour l’occasion.
PanM360 : Quel genre de défi cette œuvre pose-t-elle?
Marie-Josée Lord : C’est assez difficile. La musique de Previn est très influencée par le jazz. La rythmique est irrégulière et les harmonies sont complexes. Ça ‘’frotte’’ beaucoup, du majeur sur du mineur, etc.
PanM360 : Ça fait déjà quelque fois que tu chantes avec l’OCM, non?
Marie-Josée Lord : Oui, 3 ou 4 fois. En 2017 je crois, la dernière?
PanM360 : Tu reprends le collier scénique graduellement. Quels autres projets as-tu devant toi?
Marie-Josée Lord : J’ai créé un spectacle il y a une vingtaine d’années, Chants de mon pays, en hommage aux poètes et paroliers québécois. Ce sont les textes des chansons qui ont fait partie de mon enfance et que j’ai découverts en grandissant. Tu sais, on fait du leid allemand, de la mélodie française, etc., mais au Québec, nous avons cette qualité. Des textes qui parlent du pays, du peuple, du froid. Une poésie qui a été portée outre mer, mais qu’on ne chante pas de façon lyrique. J’aime faire connaître cette version de nos racines francophones, enclavées et vivantes dans l’Amérique. Ce n’est pas un nouveau projet, mais j’avoue que je rêve de l’enregistrer un jour. Les arrangements de François Vallières, qui habille ma voix avec un quatuor à cordes, sont très beaux.
PanM360 : L’opéra? Le récital?
Marie-Josée Lord : Oui, j’ai très envie de retourner à l’opéra. Quand la pandémie a éclaté, je m’apprêtais à chanter Violetta (La Traviata) à Montréal. Ç’a été remis trois fois, puis annulé. Pour moi, ce fut un coup dur. C’était mon rêve de chanter ça. Pour le récital, c’est aussi une idée qui m’habite. J’aimerais construire un programme autour de Honey and Rue, et explorer un répertoire en lien avec ça.
PanM360 : Tu m’a aussi parlé d’un projet de conférences?
Marie-Josée Lord : Oui. Ça fait un bout qu’elles sont assez prêtes. Trois conférences que j’intitule Ma voix mon psy. C’est en partie autobiographique. Je parle de la recherche d’authenticité à travers ma voix. Par exemple, pour moi, ce fut un combat assez intense. J’ai dû apprivoiser cette voix et, par conséquent, moi-même par la suite. Dans ma jeunesse, ma voix avait une rondeur qui habitait un corps qui ne semblait pas prêt à la recevoir. Ça m’a pris des années de démarches pour y trouver mon identité. Ce fut un lent processus, un cheminement pour remplir ce fossé psychologique. Dans les conférences je parle de ça, du fait que ma voix et moi, pendant un temps, on était plus ennemies que amies. Je pense que ça peut toucher d’autres personnes, même si leur cas ne concerne pas le chant. Je pense que tout le monde peut s’y retrouver d’une manière ou d’une autre. La recherche d’authenticité, les difficultés liées à la maturation du corps, surtout en tant que jeune fille, etc.
PanM360 : C’est une porte ouverte sur ton intimité…
Marie-Josée Lord : Oui. C’est peut-être pour ça que ça me prend du temps. En théorie, les conférences sont prêtes. Mais je passe mon temps à corriger des trucs, à fignoler….
PanM360 : Et puis l’enseignement, ça t’inspire?
Marie-Josée Lord : J’aimerais bien ouvrir mon atelier, mon studio de chant. J’ai découvert que j’aime beaucoup donner des classes de maître!
PanM360 : En tous cas, tu ne manques pas d’idées.
Marie-Josée Lord : Ce sont des choses qui me trottaient dans la tête depuis longtemps, mais je ne me trouvais pas assez vieille!…
PanM360 : Merci de nous avoir permis de connaître un peu mieux ces facettes de toi-même.























